‹ Traité pratique de la constructionChapitre 73 sur 234 · La mitre se décompose ainsi ; deux faces égales, anté · texte numérisé non relu

La mitre se décompose ainsi ; deux faces égales, anté

rieure et postérieure ; un soufflet^ qui relie les deux pointes ; une coiffe^ qi^i prend la forme de la tête, et enfin deux fanons pendant par derrière, qui s'élargissent insensiblement et dont la longueur égale la hauteur de la mitre.

4. Le Pontifical romain^ dans la cérémonie de consécration du nouvel évêque, voit dans les deux cornes un souvenir des deux rayons de lumière qui illuminaient la face de Moïse et un symbole des deux testaments qui arment la tête du prélat contre les adversaires de la vérité ^ .

5. La mitre, suivant l'usage traditionnel à Rome, est toujours blanche, pour signifier la bonne odeur et Téclat de la chasteté. Par cet ornement les cinq sens de la tête sont directement préservés, sens fragiles et impressionnables, par lesquels le parfum pourrait s'évaporer et la blancheur se ternir^.

Le blanc est tellement la couleur propre à la mitre, que l'Église ne fait pas difficulté de l'employer aux offices funèbres^ d'où le blanc est pourtant formellement exclu, même dans les simples accessoires, tels que les orfrois {Cœremoniale episc.^ lib. II, cap. ii.) Le fond de la tiare est également blanc. Le drap d'or- équivaut au blanc, quoiqu'il ne soit affecté qu'à la mitre orfrayée, car on a le bon goût en Italie de ne pas broder or sur or, pas plus pour les mitres que pour les ornements.

6. Le Cérémonial des évêques distingue trois sortes de mitres ; la ynitre précieuse, affectée aux plus grandes solennités ;

1 « Imponimus, Domine, capiti hujus Antistitis et agonistae tui galeam muuitionis et salutis, quatenus, decorata facie et armato capite cornibus utriusqne Testamenti, terribilis appareat adversariis veritatis; et, te ei largiente gratiam, impugnator eorum robustus existât, qui Moysis famuli tui faciem ex tui sermonis consortio decoratam lucidissimis tuaî claritatis ac veritatis corni» bus insignisti, et capiti Aarou pontificis tui tiaram impoui jussisti. » (Pontif. Romayi.y De consecr. elect. ïn episc.)

2 « Mitra, quae linea est, castitatis odorem raundiliamque significat... Hoc autem ornamentum multum erat capiti necessarium, quia ibi sunt quinqua corporis sensus, quibus corruptis facile castitas violatur. Mox ne ergo sensus corporis episcopi violentur, merito mitra castitatis ejus caput oriiatur. » (S. Bruno, Signin. episc, De saci^ament. Eccl. et mysteriis.)

la mitre orfrayée^ qui convient à certains temps, aux fonctions privées et aux longs offices ; enfin la mitre simple^ signe d'infériorité ou de deuil et de pénitence ^

7. La mitre précieuse doit son nom aux broderies et aux gemmes qui la rehaussent. Elle est quelquefois en soie blanche, mais mieux en drap d'argent, brodé de rinceaux d'or et semé de grosses pierres précieuses de diverses couleurs. Le Cérémonial établit clairement que ces broderies doivent se faire en fils d'or ou d'argent, ce qui exclut la soie nuancée, comme moins précieuse ; cependant l'écusson peut être meublé en couleur.

Un galon d'or contourne les parties extérieures, et les fa-

1 « MitrsB usus antiquissimus est, et ejus triplex est species : una, quae pretiosa dicitur, quia gemmis et lapidibus pretiosis, vel laminis aureis, ve argenteis contesta esse solet; altéra auriphrygiata sine gemmis, et sine laminis aureis, vel argenteis, sed vel aliquibus parvis margaritis composita, vel ex serico albo auro intermisto, vel ex tela aurea simplici sine lamiuis et margaritis ; tertia, quœ simplex vocatur, sine auro, ex simplici serico Damasceno, vel alio, aut etiam îinea, ex tela alba confecta, rubeis laciniis, seu frangiis, et vittis pendentibus.

<' Pretiosa utitur episcopus in solemnioribus festis, et generaliter quandocumque in officio dicitur hymnus Te Deum laudamus, etc. et in missa, Gloria in excelsis Deo. Nihilominus in eisdem festis etiam auriphrygiata uti poterit, sed potius ad commoditatem, quam ex necessitate, ne scilicet episcopus nimis gravetur, si in toto officio pretiosa atatur : propterea usu receptum est, tam in vesperis quam in missis, ut pretiosa utatur episcopus in principio, et in fine vesperarum, et missarum soiemnium, ac eundo ad ecclesiam, redeundo ab eadem, et quando lavât manus, et dat benedictionem solemnem. Intermedio autem spatio, loco pretiosae, accipit auriphrygiatam...

« Auriphrygiata mitra utitur episcopus ab Adventu Domini usque ad festum Nativitatis, excepta Dominica tertia Adventus, in qua dicitur introitus Gaudete etn. ideoque in signum laetitise utitur tune pretiosa. Item a Septuagesima usque ad feriam quartam majoris hebdomadae inclusive, excepta Dominica quarta Quadragesimee, in qua dicitur introitus Lsetare, etc. Item in omnibus vigiliis quœ jejunantur et in omnibus Quatuor Temporibus, in Rogationibus, litaniis et processionibus, quee ex causa pœniteutiœ fiunt; in festo lunoceatium, nisi veniat in dominica; et in benedictioDibus et consecrationibus, quïB private aguntur. Quibus quidem temporibus abstiaet episcopus a mitra pretiosa. Poterit tamen episcopus, dum utitur auriphrygiata, uti etiam simplici eodem modo et forma, prout de pretiosa et anripiirygiata dictum est.

c< Simplici vero mitra utitur episcopus feria sexta in Parasceve, et in ofllciis et missis defunctorum. » {CxremmiiaL episcop., lib. I., cap. xvn.)

lions, raidis par du bougran et terminés par une frange d'or, portent à leurs extrémités les armoiries du prélat. La doublure et le soufflet se font eu soie rouge, parce qu'elle est moins salissante que la blanche.

La mitre précieuse se prend aux fêtes solennelles, dè§ qu'elles comportent le Te Deum et le Gloria, au commencement et à la fin des offices, à l'aller et au retour, soit à l'église, soit au trône, pour le lavement des mains, l'encensement et la bénédiction solennelle ; le troisième dimanche d'Avent et le quatrième de Carême, ainsi que pour le synode.

8. La mitre or frayée est en drap d'or, qui n'admet actuellement aucune broderie, simplement un galon d'or plus brillant quelefond, ainsi qu'une frange de même aux fanons. L'évêque peut la prendre aux offices pontificaux, pour se délasser la tête, chaque fois qu'il est assis pendant un certain temps, comme le Gloria^ le Credo et les psaumes ; aux fonctions privées ou moins solennelles ; pendant l'Avent, de la Septuagésime au mercredi de la Semaine Sainte, aux vigiles, aux Quatre-Temps, aux Rogations et à la procession de S. Marc, aux processions de pénitence, pour les saints Innocents ; aux bénédictions et consécrations faites sans cérémonie ; au sacre d'un évêque, aux ordinations, à la bénédiction d'un abbé ou d'une abbesse, à la bénédiction d'une première pierre, à la consécration d'une église ou d'un autel, à la bénédiction d'un cimetière et d'une cloche. Le Pontificalla nomme inUra simplex.

Les deux mitres indiquées par le Cérémonial des évêques^ Tune non brodée avec de pclilos pierres, et l'autre en soie blanche lamée ou brodée d'or, ne s'emploient plus à Kome.

9. Il y a trois sortes de mitres simples : Tune (jualinéc papale^ l'autre dite cardinalice ou épiscopaie, et la troisième nommée mitre prélniice <mj cnnoninlp.

La mitre papale est en <!rap (rargenl, ;ivc<' ^'aloiis et franges d'or; le pape seul peut en faire usage. La mitre cardinalice ou épiscopalf, (|iie prennofil los cardinaux aux cljapollcs papales ol aussi les évêques quand ils pontifient aux offices fu-

LES PONTIFICAUX. 27i

nèbres, est garnie de damas blanc broche à grands ramages et d'un dessin particulier, sans galons, avec une frange de soie rouge aux fanons, qui restent souples, et une doublure de soie blanche. Enfin la mitre prélatice ou canoniale est presque semblable à la mitre cardinalice, à cette différence près qu'elle est entièrement recouverte et doublée en toile fine de lin, sans aucun ornement ni galons. C'est la mitre que les évoques et les abbés portent aux chapelles papales et dans les sessions du concile œcuménique.

La mitre simple se porte le vendredi saint, aux messes et offices des morts, ou encore pour soulager la tête, quand il est permis d'user de la mitre orfrayée. Le Pontifical la prescrit aux évoques qui prennent part, comme assistants, au sacre d'un évêque ou d'un roi. Pour la distinguer de la mitra simplex^ il la qualifie mitra simplex alba,

10. Le prélat a toujours soin de prendre sous la mitre une calotte rouge, violette ou noire, suivant son rang dans la hiérarchie, et cela pour que la mitre ne soit pas salie par ses cheveux. En quittant celle-ci, on lui enlève aussi la calotte que Ton place alors entre les deux cornes de la mitre ^

11. Dans certaines circonstances les prélats, et en général les chanoines, n'ont pas droit au porte-mitre. Ils la tiennent alors par la partie des fanons qui est cousue à la face postérieure, comme le pratiquent les cardinaux quand ils vont à l'obédience. En tout autre cas, le porte-mitre a sur les épaules une écharpe en gaze légère, de soie et de couleur blanche, frangée d'or aux extrémités et attachée en arrière par un ruban, afin qu'elle ne remonte pas dans le cou. Il s'enveloppe alors les mains avec les deux côtés de l'écharpe, parce qu'il lui est interdit de toucher directement à la mitre. Inutile d'a-

^ « Cum vero episcopo mitra imponitur, diaconus assistens a dexteris, im« posito bireto, illam imponet, altero a sinistris adjuvante et vittas a tergo épiscopi aptante... primus diaconus assistens imponit ei biretum et mitram. » {Cérémonial, episcop. ,\ih. I, cap. viii.) — « Junior ex eis (diaconis assistentibus), qui assistit ei ^episcopo) a sinistris, aufert illi mitram, quam dat ad manus ministri de ea servientis; alter vero a dextris aufert ei biretum, complanando capillos leniter. » (Ibidem.)

jouter que la mitre ne doit être tenue par lui, ni surune forme ni sur un coussin, ce qui est propre au pape \

12. Sur la crédence ou sur l'autel, la mitre se met toujours debout, ouverte (et jamais sur une forme ou un coussin^ excepté pour le pape), les fanons retombant en avant ; la \ mitre précieuse du côté de l'évangile, et la mitre simple du \ côté de répître^

13. Les mitres simples et de drap d'or se conservent dans des poches de toile blanche, qui s'ouvrent sur les côtés et se ferment avec des galons. Quant aux mitres précieuses, elles sont renfermées dans un étui doublé de soie rouge et recouvert en cuir de même couleur, avec les armes du prélat sur le plat supérieur. L'étui prend la forme même de la mitre, ei lé couvercle qui se détache adhère à la boîte par des crochets.

14. Plusieurs défauts sont à éviter dans la confection de la mitre. Elle sera faite sur mesure, s'arrondissant suivant les

* « Quartum ministrum de mitra servientem oportet vélum, seii mappam sericam oblongam a collo pendentem gerere, qua utitur ad mitram sustinendam, ne illam nudis manibus tangat : caute autem advertat, ut cum ea episcopo imponeuda.auferendave erit, illico lateri diaconi assistentis illam imposituri, vel ablaturi adhœreat, mitram ofTerens, vel recipiens. In vesperis incepto primo psalmo, deposita mitra pretiosa super altari in cornu epistolœ, offert simplicem ; incœpta anlipliona cantici Magnificat, offert pretiosam, et simplicem super altari in eadem parte locabit. In missis, dicto per episîopum ceîebrantem, seu non celebrantem hyrano Angelico, adsit cum mitra simplici vel auriphrygiaia, imponenda episcopo sedenti, mitra ipsa pretiosa super altari deposita. Ut pluriimim cnim soient episcopi in missa uti pretiosa usque ad dictum liymnum Aiiîïoli'^um, postmodum simplici aut auripbrygiata usque ad fiaem symboli; liim leclo offerlorio, reassumere pretiosam, camque tcnere usque ad fioem missoc, suo tempore. Cum praîdictus minisler mitram lenet, habeat villas, seu iiifulas illarum versus scipsum, et cum illas dopouit sive super allari, sive super mcusa, aut abaco, villaî cxterius pcntleant. » (C^ercmon, episcop. lil). I, cap. ii.)

* Super eadem mcusa apponenlur milra preliosa vel auriplirygiala et altéra simplcx cum birclo parvo quod milrœ suppouilur, nccnon vélum pro capoUiino scrvienle de milra. » {Cxrem. cpisc, lib. I, cap. xii J — « Super m e usa m allaris disponculur paramenla cpiscopalia... milra preliosa cum vélo promiiiislro in lalcre cvangtMii et auripbrygiata in lalere epistolaî.. Si preliosa non licebit uti propler officiiim separabitur tantum auripbrygiata in lalcre evaugolii. • (.MarliQucci, Maimalc sacrar. cxremon., lib. VIII, p. 3.)

lontours de la tet(3 ; aiiLrement, elio bâillera sur les côtés. Las rornes ne doivent pas pincer^ c'est-à-dira se rejoindre à la parole supérieure ; le soufflet sera tenu convenablement ouvert. Les glands ou boutons que l'on place en France au sommet des pointes, sont aussi inutiles que disgracieux. On ne les ïrouve pas d'ailleurs avant le xv° siècle, qui est une époque de décadence, et même alors et depuis, je ne me souviens pas d*en avoir vu en Italie.

Enfin, il serait fort incommode que la mitre ne pût se plier ; pour l'ouvrir, il suffit de presser légèrement sur les angles des :>oins, des deux mains à la fois.

15. Déterminons maintenant rigoureusement et d'une manière essentiellement pratique les droits respectifs de tous les dignitaires mitres, considérés individuellement.

Le pape*, les cardinaux et les évêques ont droit aux trois espèces de mitres ; le pape d'une manière générale et absolue, tandis que les autres sont soumis à quelques restrictions en raison des circonstances et des lieux.

Pie IX, pour plus de commodité sans doute et contrairement aux habitudes de ses prédécesseurs, n'a jamais fait usage que de la mitre orfrayée en drap d*or et de la mitre simple en drap d'argent. Cependant, exceptionnellement, il a pris la mitre précieuse pour la procession d'ouverture du concile. Le doyen de la Rote, en costume prélatice^ soutane violette, rochet garni de dentelles et cappa retroussée, est spécialement chargé de tenir la mitre dont se sert le pape dans les cérémonies. Aux chapelles papales qui ont lieu pour les fêtes, si le pape a en tête la mitre de drap d'or, un de ses chapelains porte devant lui une mitre précieuse qu'il place, pour tout le temps de l'office, à un coin de Tautel, du côté de l'évangile,

1 (( Romanus pontifex in signum imperii utitur regno et in signum pontificii utitur mitra. Sed mitra semper utitur et ubique; regno vero nec ubique neque semper,quiapontiricalisauctoritas et priorestetdignior etdiffusior quam iinperialis. Ecclesia in signum temporalium dédit mihi coronam : in signum spirilualium contulit mitram, mitram pro sacerdotio, coronam pro regDo. » (Innoccul.lll, Serm. de S. Syivestro papaj

sur une forme de velours rouge. Aux offices pontificaux de Noël, Pâques et Saint-Pierre, ainsi qu'à la procession générale de la Fête-Dieu, six chapelains de la maison de Sa Sainteté portent également sur des formes trois mitres précieuses et trois tiares, que le joaillier du palais apostolique, pour la durée de la messe, aligne sur Pautel papal, en avant des chandeliers, dans cet ordre : les trois tiares d'un côté et les trois mitres de l'autre, ou une mitre entre deux tiares et une tiare entre deux mitres. On ne peut pas imaginer pour un autel une décoration plus splendide et mieux appropriée au pontife qui y célèbre.

Les cardinaux ont les trois mitres, chaque fois qu'ils officient, à Rome et hors de Rome, dans leurs églises titulaires, comme aux chapelles papales. Toutefois ils ne prennent jamais la mitre de lin et, aux pontificaux du pape et aux sessions du concile œcuménique, où ils sont parés, ils n'ont que la mitre de damas avec laquelle on les enterre.

Les évêquGs portent aussi, partout où ils officient, les trjis espèces de mitres. Ils peuvent à leur gré choisir, pour les offices funèbres, entre la mitre de damas et la mitre de toile ; cette dernière est la seule autorisée pour eux aux chapelles papales et aux sessions du concile où ils assistent parés. La mitre de drap d'argent, en manière de mitre simple, leur est formellement interdite et il leur est défendu également de la substituer sans broderie à la mitre précieuse.

16. La mitre donne de suite l'idée de la hiérarchie qui admet divers degrés : de là la distinction canonique de prélats supérieurs^ qui ont une mitre plus ornée et de prélats inférieurs, à qui suffit la mitre simple. Dans cette dernière catégorie se rangent les abbés, les protonotaires et les chanoines indullaires.

Les abbés réguliers, s'ils en ont le privilège., prennent la mitre précieuse et ils se conforment alors aux termes mêmes de l'induit apostolique ; autrement les mitres orfrayée et simple leur soiil sciilos arTeclécs. Ainsi l'a réglé Alexandre Vfl, dans son mémorable décret du 27 septembre 1659: « Mitrara

pretiosam nîsi illis expresse a S. Sede indiilfam, non adhibeant. Sub mitra pileolum taatum nigri coloris induant, » et cela, dans l'intérieur de leur monastère et aux trois jours prescrits seulement. Il va sans dire que cette mitre simple est celle entoile, la seule que les généraux d'ordre parés portent aux chapelles papales et aux sessions du concile.

Les abbés de la congrégation du Mont-Cassin ayant réclamé contre cette décision générale, il leur fut répondu par le décret de Clément IV, inscrit au Sexte,quiles autorise à prendre la mitre orfrayée et non la mitre précieuse*.

Les protonotaires participants et ad instar, depuis la constitution Apostolic33 Sedis officium^ donnée par Pie IX, le 29 août 1872, n'officient pontificalement qu'avec Tautorisation de rOrdinaire et la mitre de toile "^

Enfin les chanoines indultaires, ainsi que l'a réglé Pie VII dans la constitution Decet Romanos pontifices du 4 juillet 1823,

^ « Asserentibus monachis niitram pretiosam ipsis de jure competere ;...,, S. G. censait quoad mitram servandam esse dispcsitionem cap. Ut apostolicx^ de Privilegiis in Sexto. » (20 jul. 1660.)

Il est utile de rapporter ici le texte même du Sexte, inséré au Corps dtt droit:

« Ut apostolicae Sedis benignitas (quae nonnullis abbatibus aliisque prfel.itis, quibus non competit ex propria dignitate, concessit in ecclesiarum siiarum gloriam et honorem quod mitra et aliis pontiflcalibus uti possint) provideat ne inde scandala oriantur, sictamen quod ipsi privilegiati suorum privilegiorum non frustrentur effectu, et ex majoritate ac décore majorioruatuum^majoritas appareat dignitatum : de fratrum nostrorum consilio,praesenti decreto statuimus ut abbates et alii quibus mitrae usus est ab eadem Sede concessuâ, exempti quidem in provincialibus conciliis et episcopalibus synodis (quibus nonnulli eorum interesse tenentur) mitris tantummodo aurifrisiatis (non tamen aureas vel argenteas laminas aut gemmas habentibus) uti possint; non exempti vero simplicibus et albis ac planis utantur. In aliis vero locis exemptis et non exemptis mitris liceat illis uti, prout concessa eis ab eadem Sede indulta permittunt. » {Corpus jur. canonici. Sexti Décret., lib. V, tit. VJI, de. Privilégia, cap. v.)

2 « Impetrala autem ordinarii venia, qui eam tribuere poterit quoties etpro quibus solemnitatibus voluerit et si missa solemnis celebranda sit in ecclesia» exempta, obteuto insuper assensu prselati... Quoad ornamenta pontificalid, hisce tantum uti poterunt... mitra simplici ex tela alba, cum sericis laciniis rubri coloris, ac pileolo nigri coloris, attamen nonnisi sub mitra adhibendo. » Cette concession ne concerne pas les protonotaires titulairest

276 LIVRE NEUVIÈxAIE.

n'ont que la mitre de lin, qui ne peut être apposée sur leur cercueil ni figurée sur leurs armoiries*.

17. La mitre et la crosse sont deux insignes corrélatifs, c'est-à-dire que dans une parure complète, l'un ne va pas sans l'autre ^

Cette règle admet cependant des exceptions et tous les deux peuvent, en certaines circonstances, se trouver séparés. Je n'en citerai que quelques exemples : hors de son diocèse, Tévêque garde la mitre, qui indique l'ordre, mais est privé de la crosse, signe de la juridiction qui lui fait défaut ; au Magnificat, l'évêque, debout à son trône, s*appuie sur sa crosse, ièie nue ; l'archevêque, quand il bénit solennellement, quitte la mitre par respect pour sa croix qu'on tient devant lui, quoiqu'il ait la crosse à la main. Déplus, protonotaires et chanoines n'ont pas droit à la crosse, bien que la mitre leur ait été concédée.

18. Aux enterrements et anniversaires des évêques, la mitre ne doit pas orner le cercueil ou le catafalque. Dans le premier cas, on se contente du chapeau vert, apposé aux pieds du défunt ^

* c Mitra ex tela albi coloris linea cum lacinia sericea rubri coloris in extremitalibus vittarum. » — la funeribus. sive super cadaver, sive récurrente auniversario, mitra super tumulum non imponetur. — Insignibus seu steminati farailiari non apponetur mitra, nisi explicite fuerit a Sede Apostolica concossum. »

* u Cum usus baculi et mitrae sint correlativa «t cui unum conceditur, aliud etiam concedendum esse in consequentiam intelligatur. » {Décret de la Congrégation des Rites, 8 janvier 1605.)

3 <' Ad pedes ejus ponatur pileus pontifîcalis, floccis sériels virjdibus orna tus. » (Çtercm. €pi^,t lib, II, cap. xxi.)

Page 1