‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églisesChapitre 111 sur 234 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LÀ CHASDBLB

1 • Chasuble vient de casulûf qoi signite petite numtm. C'était, en effet, dans le principe, une vaste rotonde qui enve^ loppait complètesnent le prêtre : au centre, il y avait un trou pour passer la tête et on la relevait de chaque côté sur les bras pour dire la messe, en sorte que l'étoffe retombait enavuit et en arrière. A force d'échancrer les côtés pour laisser plus grande liberté aux mouvements, on Ta réduite A ce qu'elle est actuellement.

2. La chasuble est Tornement propre au prêtre et leaeui avec lequel il puisse célébrer.

L'évêque, à la cérémonie de l'ordination^ la lui met sur les épaules, mais pliée en arrière. La prière dont il l'accompagne lui en montre le symbolisme, qui fait allusion à son ampleur et à sa rotondité, deux choses par lesquelles sont exprimées la charité et la perfection.

c( Postea imponit cuilibet successive c(Mulam usque ad seapulaSy quam cuilibet teneat super humeras complicéUam^ a parte anteriofi deorsum dependentem, singulis dicens : Accipe vestem sacerdotalem per quam chantas intelligitur ; potens est enim Deus ut augeat tibi charitatem et opus perfectum. »>

A la fin de la messe^ l'évêque déplie la partie postérieure de la chasuble en disant : Que le Seigneur te revête de la robe d'innocence, ce qui développe le symboKsme précédent, en l'appliquant directement au prêtre.

« Explicans casulam, quam unusquisque habet super hume"

et subdiaconum paratos esse inferiori dalmatica et tBuieella ? S. E. C resp. : Congruere qnod dalmaticœ et tuaiceUœ, si fieri poteat, coofonnes sint planetœ celebrantis, quia sacra hœc iudumenta non ministronim ornatni, »ed ecclesiastioœ fnnctionis decori inserviimt. «

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ros complicatam, induit illa guemlibet, singulis dicens : u Stola innocentiae induat te Dominas. »

Dans l'oraison que récite le prêtre avant la messe, en revêtant la chasuble, le symbolisme prend une nouvelle forme. Ce vêtement représente le joug du Seigneur que la grâce rend léger. « Domine qui dixisti : Jugum meum suave est et onus meum levé, fac ut istud portare sic vaieam quod consequar tuam gratiam. »

3. La chasuble romaine se décompose en deux parties : le derrière et le devant.

En arrière, elle tombe droit et est partout de la même dimenaion. Un petit galon, dentelé à l'extérieur, contourne les côtés et le bas, arrondi aux angles. Deux galons larges, formant orfroi, partagent le dos en trois parties égales ; ils sont rejoints en bas par un galon analogue, qui s'appuie sur celui de la bordure et arrêtés en haut par le col. L'échancrure du col est triangulaire ; un premier galon large suit l'ouverture, un second pareil vient à une petite distance : ils sont unis au milieu par un autre galon de même largeur et posé verticalement. Ge double galon mis en pointe rappelle Tamict paré qui Jusqu'au xvi* siècle, en se rabattant sur la chasuble, entourait le col de son orfroi.

La partie antérieure, un peu plus courte, aune échancrure, bordée d'un galon large, par laquelle se passe 'la tête. Cette éebancrure va en diminuant de haut en bas. Immédiatement au dessous commence la croix, qui est en forme de tau. Son contour est dessiué par un galon large : les bras vont presque d'un bord à l'autre et la tige s'appuie sur le galon dentelé qui fait le tour comme en avant.

Cette forme de croix et à cette place nous semble anti-française ; aussi est-elle rejetée à l'unanimité. Et pourtant nous l'avions jadis toute pareille ! Au porche méridional de la cathédrale de Chartres, une statue du xiu* siècle a, sur la chasuble, une croix on tau {Monogr. de la cath. de Chartres^ pi. XX ); dans le diocèse de Paris, à Villerou, six pierres tombales, datées de 1549, 1560, 1578, \^%^, 1620 et 1648, sont gravées

aux efûgies des curés tlo In paroisse, vêtus d'itno chasuble, avec mie croix ou avant, dout la této est irès-pou développée '. La cbasublo romnirie est aussi plus étroite h la partÏG aulérieuie, qui des épaules à la croix diminue, taudis qu'elle s'élargit do la croix au. bord inférieur dont les angles sont arrondis.

4. Toiciles dimension.^ de la chasuble romaine ; longueur en arrière : 1 m. 10 c ; on avant : 0,97 c ; largeur en arrière : 0,72 c : eu aviuit : en bas : 0,65 c ; à la naissance de la croix : 0,48 c; lurgeur di^s bras de la croix: 0,41 c ; de l'orfroi, y compris ](! galon ; 0,22 c ; oiivctture du col, en baut, 0,28 c ; en bas : 0,04 c ; lurgour de contour du col, y compris le galon : 0,12 c.

5. Aux ofiicea pontificaux, quand lea cbanoinus sont parés, ceux de l'ordre de» piètres portent la chasuble comme insigne: ils la prennent alors, non pas sur l'aubo ainsi qu'à ta messe, mais sur le rocbet, recouvert d'uu amict. Los cardinaux prêtres se distinguent aussi par la chasuble aux pontificaux du pape.

fi. Aux temps de pénitence, dans les grandes églises, la dalmatique du diacre et la tunique du sous-diacre sont remplacées par des chasubles violettes, pliées en avant ou coupées à la hauteur de la tête de la croix. Les chasubles se prennent pendant l'Avont, le CarÉme, aux vigiles-Jeùiies et pour la bénédicliun des vierges, excepté le troisième dimanche d'Avcnt et le quatrième do Carême '.

Elles sont l'insigne des cardinaux-diacres et des chanoines diacres et sous-diacres, lors des pontificaux qui se tiennent rat ce temps.

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