‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églisesChapitre 149 sur 234 · ET DE EADEM NOBIS TRIVMPHATVRI · texte numérisé non relu

ET DE EADEM NOBIS TRIVMPHATVRI

(Qvi) EXEMPLVM RELIQVI8TI

On pourrait encore dédier la chapelle à Notre Dame de Pitié, qui tient sur ses genoux le corps inanimé de son fils, après la déposition de la croix ou à saint Michel, spécialement désigné pour présenter les âmes à Dieu ^.

Cette chapelle aurait son chapelain et, pour la desservir, les dimanches et fêtes, une confrérie de la prière et de la mort, affiliée, pour les faveurs spirituelles, à Tarchi-confrérie du même titre qui existe à Rome et qui a pour mission spéciale dé prier pour les morts. Le costume des confrères est entièrement noir, sac, cordon et capuchon.

L'écriture assurant que Taumône couvre la multitude dea|k péchés, il serait opportun de mettre un tronc à la porte de la chapelle, pour recueillir les dons des fidèles. L'argent qu'il produirait aurait un double emploi : faire dire des messes

1 <( Qui te ipsum in sepulchro poni voluisti et exemplum resurgendi fldelibas tuis largiri digaatus es, da, quaesumas, fidelium tuorum animabus hic ^D te quiescentibus veniam pcccatorum.» — » Plebs tua, quœ in futuro a morte corporis resurrectura creditur, te miserante, a morte animœ resargere mereatur. » (Pont. Rom.)

* « Signifer sanctus Michaël reprsesentet eas (^animas) in lucem sanctam, qnam olim Abrahee promisistî et semini ejus.» (Offert, de la messe des morts.)

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pour les défunts et coQlribuer à l'embellissement du cimetière. Le XVII* siècle a placé ces touchantes inscriptions au-dessus des troncs de marbre du cimetière de sainte Marie i'm 7>ostevere, à Rome, pour rappeler la pauvreté des mortâ et exciter les vivants à faire à leur intention nue aumAiie charitable :

RECOHDARE l'AVPEUTATlS HEM. TUKN. 111

VIS MORTVOS nONOHARE?

PAC ELEEMOSINAS

cnnisosT. hom. go. in lo.

17. L'ornemaiitalion intérieure du rimetièro comporte, eo Italie, des sentences ou des images pieuses peintes sur les murs. Dans les cimetières de saint ,)ean de Latran et du Saint- Esprit, à Rome, les stations du chemin de la croix y ont été figurées à fresque, en sorte que les fidèles appliquent aux âmes pour lesquelles ils prient les indulgences de ce pieux, exercice, Au cimetière de saint Laurent-hors-Ies-murs, les stations forment Hutantd'édicules séparés, rangés de chaque côté de l'allée centrale qui conduit à la chapelle mortuaire.

18. L'Italie, qu'il faut souvent citer comme modèle, a imaginé d'entourer le cimelii're d'un portique, en manière de cloître. Ce portique tourne autour des mura auxquels il adhère et aboutit à la chapelle funèbre. Outre qu'il est très-commode pour les processions, il offre des places réservées pour les personnes les plus marquantes qui y ont leurs momiraents et de vastes surfaces pour une décoration peinte'. Le sujet des

tableaux sera emprunté, comme au cimetière de saint Laurent, à Home, k l'écriture et à la vie des saints : nous repoussons de toutes nos forces les sujets purement archéologiques, tels que la danse macabre, le dict des trois vifs et des (rois morts, qui piquent la curiosité mais n't'difiont pas

En parlant de portiques, je ne puis oublier do mentionner ici le campo saïUo de Pise, vrai musée d'art et qui est, en ce

< " Id loda iDBigniotibiu decen* erit ai iatrinseeus ab omni parte porticibu vestiantur (parietea) saerisqne pictoria historiiere oraentur. «(S. Carol.)

genre, le plus ancien et le plus beau modèle peut-être dont un architecte puisse s'inspirer.

19. Au dehors, le cimetière s'annoncera, dès l'abord, par un aspect monumental. Trois choses y sont requises : une croix, une inscription et un bénitier.

La croix, plantée au sommet, indigue un lieu sacré ; mais, pour mieux préciser la destination de ce lieu, elle s'élèvera au -dessus de Temblême de la mort, qui est un crâne posé sur deux os eu sautoir. Cet emblème, peint ou sculpté, dira que le Christ fut vainqueur de la mort, comme le chante l'Eglise dans une hymne empruntée à saint Fortunat :

Ei super crucis trophmo Die triumphum nobilem, QualUer Redemptor orbis Immolatus vicerit^.

Pour mieux préciser la signification de ce symbole, réclamé par saint Charles et le cardinal Orsini, aucun texte ne conviendrait mieux que celui du prophète : « 0 mors, ero mors tua'. »

L'inscription, apposée au portail, admet une double rédaction : pieuse ou commémorative.

Un texte de dévotion bien approprié sera fourni principalement par les livres saints et la liturgie, à l'ofûce des morts. Au cimetière de la prison Mamertine, à Rome^ on lit ce verset de l'Apocalypse (xiv, 13) :

BEATI MORTVI QVI JN DOMINO MORIVNTVR.

Une sentence, sagement pensée et exprimée avec concision, n'est pas à dédaigner. Le xvii* siècle, àBénévent, inscrivit sur le caveau des Dominicains une parole un peu trop philosophique et banale à force d'être vraie :

VIA VNIVBRSAE GARNIS

> Hymne Pange lmgua,d&ns l'office de la Passion.

> Oseœ, XIU, 14.

Je préfère, parce qu'elle est rédigée dans un esprit plus chrétien^ cette autre inscription de la même ville, qui est da xviii* siècle :

D0MV8 TEMPORANEA DONEG iETBRNA

Au cimetière de Bari (Deux-Siciles), on disait élégamment, en 1842, que les cendres des trépassés causent les larmes des survivants :

Aile ceneri de* trapassati Ed aile lacrime dé* superstiti

Le célèbre imprimeur Vitré avait fait ces deux vers pour le cimetière de saint Séverin à Paris, au xvu* siècle :

Tous ces morts ont vécu: toi qui t?w, tu mourras. V instant fatal approche et tu n*y penses pas.

Pourquoi, au lieu de rappeler simplement le fait incontestable de la mort, n'exciterait-on pas la piété des passants en sollicitant de leur charité une coiu*te prière en faveur des pauvres défunts? Saint Jean-porte-latine, à Rome, m'offre, au XVII* siècle, un bon spécimen de ces sortes d'exhortations :

t 0 VOI DEVOTI CHE.

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