‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églisesChapitre 156 sur 234 · I. BeBoM XrV, qai était un énidit des ptoa distingaés, a · texte numérisé non relu

I. BeBoM XrV, qai était un énidit des ptoa distingaés, a

écrit sur l'origine du chapelet des observations fort înslrnclivos. Il prouve, par pins d'un texte, que la sainte Vierge récitait une manière de chapelet, c'est-à-dire, que sur des grains qui l'aidaient k compter, elle répétait des versets de psaumes, comme le font encore les musulmans qui ont emprunté i^ette tradition h l'iilglise catholique, mais en l'altérant, puisqu'ils ont substitué aux prières bibliques des fragments du Coran, qui est leur livre par excellence.

BenoH XIV va pins loin encore : il prétend même qu'après

', à ia suite de la visite de l'ange Gabriel, elle rem-

\"itles hébreux par les paroles qu'elle avait enniche de l'envoyé divin, pour se remémorer 1^ 'neiil. Plus tard, elle y adjoif^nit le Paler"

^^k 1^ si^n i\\s, r.t l'apôtre suint itartliélemy se

^^^^^^ le monde de cette dévolion : aussi le

^^^^^^^^ >. :.es attributs iconographiques.

^^^H^^^V II iiii skII (If^a parolps dîtes sur les grains du cba- ^^^W i.iin'lel existe à Romo, n Sainle-Mnrie in CampttelH

iiHunDnéc, lors de l'osteusion soleunello du toutes les \--ifA de cotte église, on le fait vént-rer aux fidèles. l'r, la possession de cotte insigne relique est déjà fort andenne, car le p&pe ilonorius III, le 5 nvri) 1217, la déposa de ses propres mains daus l'autel qu'il consacrait en l'honneur ^e la bienheureuse Viorgo Marie. L'inscription commémorative vaut la peine d'être citée textuellement :

" lu nomine ûomini. Ameu. Anno 1217, ponlincalus Domni Honorii papae, auno ejus secundo, iudictione 6, mensis aprilis die 5, consecrata est ecalesia bœc ab eodcm summo pontiflce et uuiversali papa, per cujus sanctas manns recondilai sunt in hoc altnri Beat» Mari% Virginia mullse reliquiœ sauctorum et sanctarum, videlicot do ligne sautlse. Grucis, do lacté, capillis et veslimeutis giorioss Virgiuis Maria;; item pars coron» de Paler noster Virgiuis Mariœ. »

Le chapelet peut donc Tort biou être mis aux mains de la Sainte Vierge comme allribut spécial et je ne m'étonne plus qu'au XV' siècle, à un des pignous do la calbêdraie de Reims, on l'ait sculptée ainsi k ta scène do l'Aunouciation ou qu'à la même époque on l'ait peinte, le chapelet à lu ceinture, lors de la Visitation qu'elle Tait à sainte ÉlisabetTi, dans uu très-curieux tableau flamand qui orne le musée do Moulins.

3. Les ermites ont ronlinnt la tradition. Sozomèue, au livre VI do so» Histoire cccicsiasliqiie, raconte ceci du moine Paul : t< II vaquait uniquement à la priiTO et chaque Jour oITruit à Dieu comme un trihiit de trois cents oraisons. Mais, {oar ue pas se tromper sur l'intésrUé do ce nombre, il met-

4U. LIVRE TREIZrÈHE.

tait dans Roa sein trois cents petites pîorrea et à chaque onison on joldil une. Quaud toutes les pierres étaient finies, il savait oxiictomoiit iiii'il avait aciiové ses oraisons, en nombre égal il celui da ces pi^rrus. »

Percez ces milloux, enflloz-lcs dans un fil do métal ou ana cordoMte et vous avez substauliellement le cliapelel que nous counaissons.

4. L'idée première du rosaire, qui est un tripla chapelet médité, vient de suint Dnininique, qui l'a propagé à la suite d'iiut; vision et d'nne injonction expresse de la Vierge. C'est à sainte Sabine, eu préficncc d'Honorius III, que fut instituée la ronfrério du Rosaire. Une Tresque du chœur retrace ce (ajt historique et le commente à l'aide de cette inscription, empruntée aux Annales de Malveuda, à l'année 1218 : Devotio ac confraternitas Sanctissimi Rosnrii in ecclesia S. Sabiiuê magna popuU devolwne opéra i". Dominki fuit conslUiita.

Rosaire, « rosarium, " dans son acception première et étymologique, signifie un lieu planté de roses, un rosier. Par extension, il se dit également d'un bouquet de roses, et, par métaphore, nous avons assimilé le chapelet à un de ces bouquets odorants dont les Ueurs sont symbolisées par des graina de conieur unis ensemble. Prenant ce mot à la lettre,, les dominicains ont peint, au xvii° siècle, dans le cloître de leur monastère de Sainle-Marie-sur-Minerve, à Rome, le rosaire sons la forme d'uu rosier. Du cœur do saint Dominique, assis et pensif, jaillit comme d'une terre bénie un rosier frais ot vigoureux, aux brandies multiples et aux feuilles nombreuses. Sur ces tiges fleurissent et s'épanouissent, à la manière des roses, les (juiuze mystères de la vie du Sauveur, qu'on a particulièrement eu vui' dans la récitation du chapelet.

Notre terme français chapelet parait, tout d'abord, s'écarter beaucoup de la donuée pieuse du rosaria. Cependant, quoique moins explicite, il a au tond la même signification et trouve son équivalent dans la eorona des italiens. \u moyen-âge, oo disait un chapel de /leurs, comme maintenant nous dirious une couronne. Chapelet est simplement le diminutif de chapel.

LES ijiiJEis in; uf;voTui.N. 4i5

Mon sujet me foiirniasait une occasion toute uaturuUe do rappeler ce triple souveuir de l'origine et du développement du chapelet, ainsi que do l'iastitutiou du rosiiire. Je l'ai saisie avec empressement pour porter l'attention sur des points d'histoire ecclésiastiquo qu'on ne sait pas ou qu'on a oubliés.

3. Actuellemcnl , le chapelet n'est pas limité au culte spécial de la Vierge ; i! s'étend à celui de Dieu et des saints. De là vingt-ciuq chapelets ditFéreuts, sur lesquels je no m'arrêterai pas, parce que j'en ai fait l'objet d'une dissertation spéciale. Je veux seulement donner ici quelques avis pratiques.

Les chapelets u'étaut poiat identiques ni pour le but ni pour les prières qu'on y récite, il importe extrêmement d'en accommoder la Tabrlcaliou à l'usage, qui comporte plus ou moins de grains, disposés suivant nu ordre déterminé.

6. Ces grains, pour être susceptibles de recevoir la béné. diction et les indulgences, doivent se faire en matière solide et résistante, comme bois, marbre, etc. Le verre est rejeté, mais on admet le cristal à cause do sou épaisseur.

Les grains sont enfilés dans un fil de soie et mobiles ou montés avec des chaînettes de métal et fixes. Cette monture peut être renouvelée indéfiniment, parce que les indulgences ne portent pas sur elle. Il n'en est pas de même des grains, seuls indulgeuciés : toutefois on peut remplacer ceux qui manquent, pourvu qu'ils soient en minime partie.

7. La bénédiction du chapelet se fait par le prèlro qui on a le pouvoir, mais d'une manière privée et le plus souvent par un simple signe de croix.

8. L'indulgence ne vaut que pour la personne qui possède le chapelet ou le donne une première fois à une autre, en vue de qui elle l'avait fait indulgencier. Ainsi prêter son chapelet à quelqu'un momentanément n'entraîne pas, par le fait même, Id communication des indulgences.

9- l'our le récitcr,il est essentiel dele tenir à la main.tl n'y a d'exception que pour le travail en commun, il suffit alors qu'une seule personne le tienne : telle est la toléraaca admise par Pie IX. ^" ' " '" ".''' ~^" ' '" "

446 LIVRE TREIZIËIIK. I

L'iiidulguiii^u ne s'acquiert qu'aiitaut ijuc le diapel«t est r^ ' cité 011 entier et d'une seule fois : on ne peut doue pas le diviser par fractions.

10. Le chapelet peut être porté sur soi, dans sa poche, an cou; mais il ne convient pas, comme le font certaines (lames, de le transformer en bracelet ou parure quelconque. On le tient aussi suspendu dans sa clinmbre.

11. Les seuls chapelets autorisés sont ceux que Houie a reconnus et sanctionnés. Tous les autres sont apocryphes et par là même prohibés. Il n'appartient à personne de créer une forme nouvelle et les évéques doivent veiller avec soin que, sur ce point, on n'alTecle pas de se débarrasser de leur autorité.

Les bagues à chapelet, inventées par les chevaliers de Halte, sont défendues cl on ne peut s'en servir pour gagner des indulgences qu'elles n'ont pas.

12. A Rome, dans les réunions publiques, on psalmodie le chapelet; ù Honévent, on le chante, à l'instigation de Benoît XIII. L'un ou l'autre mode est souvent uécessaire pour que le fidèle ne s'endorme pas et prenne intérêt à une récitation monotone,

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