‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églisesChapitre 61 sur 234 · Parmi les Madones qui^ d'après la tradition, auraient · texte numérisé non relu

Parmi les Madones qui^ d'après la tradition, auraient

parlé au pape saint Grégoire le Grand, il faut citer en première ligne celle qui est exposée au maltre-autel dans Téglise des Saints*Côme et Damien au Forum. Une pancarte de parchemin, placée près de la porte d*entrée, avertit en quelques mots le fidèle do Thistoire de cette Vierge miraculeuse. Je traduis l'enseignement qu'elle contient : « Indulgence. L'image de Marie très-sainte, qui existe à Tautel majeur, parla à saint Grégoire pape, lui disant : Pourquoi ne me salues-tu plus quand tu passes, comme tu avais coutume de me saluer ? Le saint demanda pardon. » C'est probablement à la suite de ce reproche que Timage qui se trouvait sur la voie publique fut transportée à l'église et exposée solennellement, ce qui motiva l'indulgence spéciale accordée à ceux qui la visiteraient ou diraient la messe à cet autel.

8. Toute maison chrétienne sera donc, comme à Rome, sous la protection immédiate de la Vierge. Le type indiqué admet quelques variantes. A partir du xvii' siècle, àAnagni et à Velletri, par exemple, la porte est surmontée d'une petite plaque sculptée ou en faïence peinte, marquée au monogramme de Marie, souvent accompagné de celui de Jésus ; à Ferrare, le nom de Jésus se voit seul. Ce procédé est plus économique, mais il n'en est pas moins touchant.

Pour compléter le décor religieux, la maison aura aussi, gfravée à sa porte, à ses fenêtres ou à sa frise^ une sentence qui manifestera ses sentiments religieux. Les exemples abondent à toutes les époques, tant en Italie qu'en France.

On a découvert récemment à Porto d'Anzio, sur le bord de la mer, un linteau de porte du ni* siècle, avec la devise si fréquemment employée depuis : a Espoir en Dieu! »

SPES IN OEO

A Angers, une maison de l'an 1588 emprunte ce texte au livre des Proverbes :

: 8APIBNTIA : AEDIFICABITUR : D0MU8 : ET : PRUDBNTIA : RO- 1 BORABITUR. PROVBRBIORUM : XXIIUo : 1.5.8.8.

234 LIVRB HUITIÈME.

En 1S61, un bourgeois de la petite ville de Baugé (Maine et Loire) faisait graver à Tangle de sa maison le verset i du psaume cxxvi» désigné à tort sur Tinscription comme étant lé psaume czxvii :

ON A BEAV SA MAISON BASTIR SI LE SEIGNEVR NY MET LA MAIN * CELA NEST QVE BASTIR EN VAIN

PSE 127 FACIEBAT. I. 0. P. R. ANNO DOMINI 1561. MENSE IVLIO

Ce texte français offre ici un intérêt tout particulier. Indique-t-illa maison d*un calviniste? C'est possible. Mais ne serait-on pas aussi tenté d'y voir Tinfluence de l'Angevin René Benoist, dont les idées commençaient à se propager et que Rome condamna pour avoir osé le premier publier une traduction de la Bible en langue vulgaire? En France, à cette époque, la plupart des inscriptions sont bibliques et en français.

A la fin du xvi' siècle, on a gravé au trait au linteau d'une porte, en Anjou, cotte parole de l'Ecriture et du Rituel : PAX UVIC DOMVI.

Une maison du xvr siècle, à Abbeville (Somme), porte en devise une sentence que je croirais presque protestante, parce qu'elle est en français et qu'elle invoque sèchement le témoignage de Dieu, en ordonnant de rendre le bien pour le mal; prescription excellente, dont je n'ai pas à blâmer l'intention, mais seulement la forme :

FAIS LE BIEN POVR Li: MAL CAR DIEV TE LE œMMANDE

Rue de la préfecture, à Caen, on voit un cavalier, la lance au poing, qui, citant un verset des psaumes fxLiii, 6), dit qu' « au nom du Seigneur il méprise tous ceux qui s'insurgent contre nous » :

IN NOMINE TVO 8PERNEMV8 INSVRGENTE8 IN N0BI8 P8A. 43.

LES dApendancbs. 23IS

Cette enseigne parlante, placée à la façade de sa maison,

reprodnisaît la marque de l'imprimeur Adam Cavelier.

L'apdtre saint Paul {Episi. ad Philip, i, 21) a fourni le texte

de linscriptioD suivante, gravée en 1618, au linteau d'une

porte à Bellac (Haute-Vienne) ; o Le Christ est ma vie et ta

mort un gain » :

MIHI VIVKRB XP8 KT MORI LVGRVM

Les inscriptions en Italie parlent ordiuaifemeat latin. Voici une exception ca faveur de la langue du pays. En 1630, on écrivait sur une maison de Bagnaia (Etat pontifical) ces deux vers peu gais, qui conviendraient mieux à un cimetière, parce qu'ils rappellent les fins dernières pour se maintcuir dans l'état de grâce : « Punse & la mort présentement, si tu désires fuir tout péché. »

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