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La mitre se décompose ainsi : deux faces égales, anté

368 LIVRE KEUVIÈUE.

Tieure et postérieure ; un soufflet, qui relie les denz pointes ; ane coiffe^ qui prend la forme de la tête, et enfin deux faium pendant par derrière, qni s'élargissent insensiblement et dont la loDgiieur égale la hauteur de la mitre.

4. Le Pontifical romain^ dans la cérémonie de consécratioB du nouvel évèqne, voit dans les deux cornes un souvenir des deux rayons de lumière qui illuminaient la face de Moïse et un symbole des deux testaments qui arment la tête du prélat contre les adversaires de la vérité \

5. La mitre, suivant Tusage traditionnel à Rome, est toajours blanche, pour signifier la bonne odeur et Téclat de It rliastoté. Par cet ornement les cinq sens de la tête sont directement préservés, sens fragiles et impressionnables, par lesquels le parfum pourrait s'évaporer et la blancheur se ternir*.

Le blanc est tellement la couleur propre à la mitre, que rËglise ne fait pas difficulté de l'employer aux offices funèbres^ d'où le blauc est pourtant formellement exclu, même dans les simples accessoires, tels que lesorfrois {Casremoniak episCj lib. II, cap. n.) Le fond de la tiare est également blanc. Le drap d'or équivaut au blanc, quoiqu'il ne soit affectS qu'à la mitre orfrayée, car on a le bon goût en Italie de ne pas broder or sur or, pas plus pour les mitres que pour les ornements.

6. Le Cérémonial des évêques distingue trois sortes de mitres : la mitre précieuse^ affectée aux plus grandes solennités;

1 « iQiponimus, Domine, capiti hujus Antistitis etagonisUe tai galeam mouitioni» cl Rolutis, (|uatcDnp, dccorata facic et aniiato capite cornibuB utriuque Testunienti, tcrrihilis apparcat adversariis verilatis; et, te ei largienti gratiam, iiiipugnator eorum robustus existât, qui Moysis fainuli tui fociem ex tui seriiiouiâ cousorlio decornlam luciUi»5iini9 tuœ claritatis ac TerttatH coniF bu? iiisignisli, et capiti Aaron pontificis tui tiaram imponi juasisti. » (Pomtif. Roman. ^ Do co7isccr, clect, m episc.)

* u Mitra, quœ linea est, castitatis odorem munditiamque sigaificat... Hoc auteui oriiameutum multum crat capiti necessarium, quia ibi sunt quinqm corpoi'is sensuB, quibus corruptis facile castitaa violatur. Mox ne ergo aenai corporis cpiscopi violcntur, merito mitra castitatis ejus caput orualar. » (S. Bruno, Signin. episc, De sacrament, Eccl, et mysteriis.)

la miire or/rayée^ qui couvient à cerlaius temps, aux fonctions privées et aux longs offices ; enfin la mitre simple^ signe d'infériorité ou de deuil et de pénitence ^

7 . La mitre précieuse doit son nom aux broderies et aux gemmes qui la rehaussent. Elle est quelquefois en soie blanehe, mais mieux eu drap d'argent, brodé de rinceaux d'or et semé de grosses pierres précieuses de diverses couleurs. Le Cérémonial établit clairement que ces broderies doivent se faire en fils d'or ou d'argent, ce qui exclut la soie nuancée, comme moins précieuse ; cependant l'écusson peut être meublé en couleur.

Un galon d'or contourne les parties extérieures, et les fa-

I « Mitrœ usus antiquissimus est, et cjii» triplex est species : una, quee pretiosa dicilur, quia gemmis et lapidibus pretiosis, vel laininis aureis, ve àrgeutcîs couteita esse bolet; altéra auriphrygiata siae gemmis, et sine iaminia aurcîs, vel argenteis, sed Tel aliquibus parvis margaritis composita, vel ex aerico albo aaro intermisto, vel ex tela aurea simplici sine lamiiiis et margaritia; tertia, quœ simplex vocatur, sine auro, ex simplici serico Dainasceno, Tel alio, aut eliam iinea, ex tela aiba confecta, rubeis laciuiis, seu frangiis, et Tittis pendcntibus.

M Pretioea utitur episcopus in solemnioribus festis, et gcneraliter qiianùocamque in officio dicitur bymnus Te Deum laudamu^^ etc, et in missa, Gloria m erctf/^'ù Deo. Nihilomiuus in eisdem festis etiam auripbrygiata uti poterit, aed potins ad commoditatem, quam ex neeessitate, ne scilicet episcopus nimis graTelur, si in toto ofQcio pretiosa ntatur : propterea usu recoptum est, tam in Tesperis quam in missis, ut pretiosa utatur episcopus in principio. et in fine vesperarum, et missarum solemulum, ac eundo ad ecclesiam, redeundo ab eadcm, et quaudo lavnt manus, et dat bcnedictionem solemuem. lutermedio autem spatio, loco pretîosoe, accipit anriphrygiatam...

a Âuripiirygiata milra utitur episcopus ab Adventu Domini usque ad festum Nativitatis, excepta Domioica tertia Adveutus, ia qua dicitur introitus Gaudete ei^. idcoque in si^^num leetiti^e utitur tune pretiosa. Item a Scptuagcsima naque ad feriam quartam majoris hebdomadse inclusive^ excepta Dominica quarta Ouadragesimae, in qua dicitur introitus Lxtnrcy etc. Item in omnibus figiliis quœ jejuuautur et in omnibus Quatuor Temporibus, in Roiçatiouibus, lilaniis et processionibus, qui« ex causa pœniteutiœ fiunt; in festo Innocenthim^ nisi veniat in dominica ; et in benedictionibus et consecraliouibus, quœ primate aguntur. Quibus quidem temporibus abstinet episcopus a mitra pretiosa. Poterit tamen episcopus, dum utitur auriphrygiata, uti etiam simplici eodem modo et forma, prout de pretiosa et auriphrygiata dictum est.

m Simplici yero mitra utitur episcopus ferla sexta in Parasceve, et in officiis €l miasia defUnctorom. i {Cmremonial. epitcqp,, lib. L» cap. ivu.)

lions, raidis par du bougran et terminés par une frange d*or, portent à leurs extrémités les armoiries du prélat. La doublure et le soufflet se font en soie rouge, parce qu'elle ert moins salissante que la blanche.

La mitre précieuse se prend aux fêtes solennelles, dès qu'elles comportent le Te Devm et le Gloria^ an commencement et à la fin des offlces, à Taller et au retour, soit à Téglîso, soit au trône, pour le lavement des mains, l'encensement et la bf*nédiction solennelle ; le troisième dimanche d'Avent et le quatrième de Carême, ainsi que pour le synode.

8. La mitre or frayée est en drap d'or, qui n'admet actuellement aucune broderie, simplement un galon d'or plus brillant que le fond, ainsi qu'une frange de même aux fanons. L'évèqne peut la prendre aux offices pontificaux, pour se délasser la tête, chaque fois qu'il est assis pondant un certain temps, comme le Gloria^ le Credo et les psaumes ; aux fonctions privéos 011 moins solennelles; pendant l'Avent, de la Septoagésime au mercredi de la Semaine Sainte, aux vigiles, aax Quatre-Temps, aux Rogations et à la procession de S. Marc, aux processions de pénitence^ pour les saints Innocents ; aux bénédictions et consécrations faites sans cérémonie ; au sacre d'un évoque, aux ordinations, à la bénédiction d'un abbé ou d'une îibbcsso, à la bénédiction d'une première pierre, à la consécration d'une église ou d'un autel, à la bénédiction d'un cimetière et d'une cloche. Le Pontifical la nomme tnitra stmplcx.

Les ili>ux mitres indiquées par le Cénhwmial des évéques^ Tune non brodée avec do petites pierres, et l'autre en soie blanche lamée ou brodée d'or, ne s'emploient plus à Rome.

9. Il y a trois sortes de mitres simples : l'une qualifiée papale^ l'autre dite cardinalice ou épiscopale, et la troisième nommée mitre prélatice ou canoniale,

La mitre papale est en drap d'argent, avec galons et franges d'or ; le pape seul peut en faire usage. La mitre cardinaSee ou épiscopale, que prennent les cardinaux aux cliapelles pa* pales et aussi les évoques quand ils pontifient aux offices fil-

nèbres, est garnie de damas blanc broché à grands ramages et d'un dessin particulier, sans galons, avec une frange de eoie rouge aux fanons, qui restent souples, et une doublure de soie blanche. Enfin la mitre prélatice ou canoniale est presque semblable à la mitre cardinalice, à cette différence près qu'elle est entièrement recouverte et doublée en toile fine de lin, sans aucun ornement ni galons. C'est la mitre que les évêqnes et les abbés portent aux chapelles papales et dans les sessions du concile œcuménique.

La mitre simple se porte le vendredi saint, aux messes et offices des morts, ou encore pour soulager la tète, quand il est permis d'user de la mitre orfrayée. Le Pontifical la prescrit aux évèques qui prennent part, comme assistants, au sacre d'un évoque ou d'un roi. Pour la distiaguer de la mitra simpieXj il la qualifie mitra simplex alha.

10. Le prélat a toujours soin de prendre sous la mitre une calotte ronge, violette ou noire, suivant son rang dans la hiérarchie, et cela pour que la mitre ne soit pas salie par ses cheveux. En quittant celle-ci, on lui enlève aussi la calotte que Ton place alors entre les deux cornes do la mitre*.

11. Dans certaines circonstances les prélats, et en général les chanoines, n'ont pas droit au porte-mitre. Ils la tiennent alors par la partie des fanons qui est cousue à la face postérieure, comme le pratiquent les cardinaux quand ils vont à Tobédience. En tout autre cas, le porte-mitre a sur les épaules une écharpe en gaze légère, de soie et de couleur blanche, frangée d'or aux extrémités et attachée en arrière par un ruban, afin qu'elle ne remonte pas dans le cou. Il s'enveloppe alors les mains avec les deux côtés de l'écharpe, parce qu'il lui est interdit de toucher directement à la mitre. Inutile d'a-

* < Cmn Yero episcopo mitra imponitur, diaconus assistens a dexteris, imposito bireto, illam impooet, altero a sinistris adjuvante et vittas a tergo epi»copi aptaDte... primus diaconus assistons imponit el birctum et mitram. • {CMremonial. «pûrcop.,lib. I, cap. tiii.) — « Junior ex eis (diaconis assistentib«4), qni assistit ei ^episcopo) a sinistris, aufert illi mitram, quam dat ad maans ministri de ea servientis ; alter vero a dextrie aufert ei biretum, compta-: nando eapUlos leoiter. » (Ibidem.)

272 LIVBK NKIÎVIKMK.

jouter que la milro ne doit être tenue par lui, ni surune forme ni sur un coussin, ce qui est propre au pape'.

12. Sur la crédcnco ou sur Tautel, la mitre se met toujours debout, ouverte (et jamais sur une forme ou un coussin^ excepté pour le pape), les fanons retombant en avant ; la mitre précieuse du côté de Tévangile, et la mitre simple da côté de ^épître^

13. Les mitres simples et de drap d'or se conservent dans des poches de toile blanche, qui s'ouvrent sur les edtés et se forment avec des galons. Quant aux mitres précieuses, elles sont renfermées dans un étui doublé de soie rouge et recouvert en cuir do même couleur, avec les armes du prélat sui' le plat supérieur. L'étui prend la forme même de la mitre, et le couvercle qui se détache adhère à la boite par des crochets.

11. Plusieurs défauts sont à éviter dans la confection de la mitre. Elle sera faite sur mesure, s'arrondissant suivant les

1 « Qiinrlum miuistrum de mitrd scrvientein oportct yeluni, ^eii mappam sericniii oblougain a collo pcndentcm gerere, qiia utitnr ad mitruui isusUoendain, ue illam nudis mauibus tangat :caute autem advertat, ut cum ea épiscopo iinpouciida.auforcndave erit, illico luleri diaconi assistenUft illam iinposituri, vcl ablaturi adhaereat, niitrain offtîryne, vcl rccipieus. lu vesperis incepto primo ppalmo, dcposita milra proliosa super altari in cornu opislolo?, offert Bim]tli(!ûm ; incœpla antiphoua cnntici Magnificat, offert protiosaui, et siniplicem sUper altari in cadem parte locabit. lu uiissls, dicto pcr cpis^opum celébrantt'm, ?e\i non celebrantem byniuo Angelico^ adsit cum uiitra simplici vel auriplirygiata, iiupoueuda cpiscopo sedenti, mitra ipsa protio?a super altari deposita. Vi plurimnni enim soient episcopi in mÎ9î»a uti pretiosa usque ad dictuin hyiuuum Angelicum, postuiodum simplici aut auripbrygiata uuiue ad fluciu syuiboli; tum lecto otrertorio, réassumera pretiosaui, eamque tenere uaque ad dnein missre, suo temporo. Cum prsedictus ministor uiitram tcnet. habeat vittas. seu infulas iUurnm versus seipsum, et «^nni illas dcponit sîve super altari, sive suppr mensa, aut abaco, vitt» exterius pendeant. » (C^i-enion. episcop. lib. I, cap. ii.)

> Super eadem meusa apponentur mitra prctiosa Tel auriphrygiuta et altéra simples cum bireto parvo quod mitree supponitur, necuon relum pro capellano serviente de mitra. » {Cxrem, episc, lib. I^ cap. xii.^ — « Super mensam altaris disponentur paramcuta episcopalia... mitra pretiosa cum vcio pro miniàtro in latere evangelii et auripbrygiata in latere epistola*.. Si pretiosa non licebit uti propter ofticium scparabitur tantum auriphrygiata in latere eTangeUi. • (Martinuccly Manuak sacrar, atremon,, lib. YUIi p« 3.)

LKS HoMlFiCAUX. 273

ecmtoars de la tète ; autrement, elle bâillera sur les côtés. Les eomes ue doivent pas pincer^ c'est-à-dire se rejoindre à la partie supérieure ; le soufflet sera tenu convenablement ouvert. Les glands ou boutons que Ton place en France au sommet des pointes, sont aussi inutiles que disgracieux. On ne les trouve pas d'ailleurs avant le xv* siècle, qui est une époque de décadence, et même alors et depuis, je ne me souviens pas d'en avoir vu en Italie.

Enfin, il serait fort incommode que la mitre ne pût se plier ; pour l'ouvrir, il suf&t de presser légèrement sur les angles des coins, des deux mains à la fois.

iS. Déterminons maintenant rigoureusement et d'une mamëre essentiellement pratique les droits respectifs de tous les dignitaires mitres, considérés individuellement.

Le pape', les cardinaux et les évêques ont droit aux trois espèces de mitres ; le pape d'une manière générale et absolue, tandis que les autres sont soumis à quelques restrictions en raison des circonstances et des lieux.

Pie IX, pour plus de commodité sans doute et contrairement aux habitudes de ses prédécesseurs, n^a jamais fait usage que de la mitre orfrayée eu drap d'or et de la mitre simple en drap d'argent. Cependant, exceptionnellement, il a pris la mitre précieuse pour la procession d'ouverture du concile. Le doyen de la Rote, en costume prélatice, soutane violette, rochet garni de dentelles et cappa retroussée, est spécialement chargé de tenir la mitre dont se sert le pape dans les cérémonies. Aux chapelles papales qui ont lieu pour les fêtes, si le pape a eu tête la mitre> de drap d'or, un de ses chapelains porte devant lui une mitre précieuse qu'il place, pour tout le temps de l'oflice, à un coin de l'autel, du côté de l'évangile.

I « RomanuB pontifex in signum imperii utitur regno et in signum pontificii «litur mitra. Sed mitra semper utitur et ubique; regno vero nec ubique neque •emper,quia pontificalis auctoritae et prior est et dignior et diJBTusior quam impe. xiaUs. Ecclesia in signum temporalium dédit mihi corouam : in signum spiritoalium contulit mitram, mi tram pro sacerdotio, coronam pro regno. » (Inno- MULlIIf Strm, d€ 8, Syheitro papa.)

suL' une forme de velours rouge. Aux offices pontiflcanx de Noël, l'âqucs ci Saint-Pierre, ainsi qu'à la procession générale de la l' ète-Dieu, six chapelains do la maison de Sa Sainteté portent également sur des formes trois mitres précieuses et trois tiares, que le joaillier du palais apostolique, pour la durée de la messe, aligne sur l'autel papal, en avant des chandeliers, dans cet ordre : les trois tiares d'un c6té et les trois mitres de Tautre, ou une mitre entre deux tiares et une tiare entre deux mitres. On ne peut pas imaginer pour un autel une décoration plus splendide et mieux appropriée au poutife qui y célèbre.

Les cardinaux ont les trois mitres, chaque fois qu'ils officient, à Rome et hors de Rome, dans leurs églises titulaires, comme aux chapelles papales. Toutefois ils ne prennent jamais la mitre de lin et, aux pontificaux du pape et aux sessions du concile œcuménique, où ils sont parés, ils n'ont que la mitre de damas avec laquelle on les enterre.

Les évAqncs portent aussi, partout où ils officient, les trois esp«'ces de mitres. Ils peuvent à leur gré choisir, pour les offices funèbres, entre la mitre de damas et la mitre do toile ; celte dernière est la seule autorisée pour eux aux chapelles papales et aux sessions du concile où ils assistent pares. La mitre do drap d'ar^^ent, en manière de mitre simple, leur est formoli'juifiil interdite et il leur est défendu également do la substituer sans broderie à la mitre précieuse.

4 G. La mitre donne de suite Tidée de la hiérarchie qui admet divers degrés ; de là la distinction canonique de prélats sff/frrieiirs^ qui ont une mitre plus ornée et de prélais inférieurs:, à qui suffit la mitre *simple. Dans cette dernière caté;j;orie so rangent les abbés, les protonotaires et les chanoines indullaires.

Les abbés réguliers, s'ils en ont le privilège, prennent la mitre précieuse et ils se conforment alors aux termes mêmes de rindult apostolique ; autrement les mitres orfrayée et simple leur sont seules afi'ectées. Ainsi Ta réglé Alexandre VII, dans son mémorable décret du 27 septembre 1659 : a Mitram

pretiosam nisi illis expresse a S. Sede indaltam, ,non adhibeant. Siib mitra pileolum tantum nigri coloris induant, » et cela, daits rintérieur de leur monastère et aux trois jours prescrits seulement. Il va sans dire que cette mitre simple est celle en toile, la seule que les généraux d*ordre parés portent aux chapelles papales et aux sessions du concile.

Les abbés de la congrégation du Mont-Cassin ayant réclamé contre cette décision générale, il leur fut répondu par le décret de Clément lY, inscrit au Sexte, qui les autorise à prendre la mitre orfrayée et non la mitre précieuse*.

Les protonotaires participants et ad instar ^ depuis la constitution Apostolicœ Sedis officitim^ donnée par Pie IX, le 29 ^oût 1872, n'officient pontiflcalemont qu'avec l'autorisation de rOrdinaire ci la mitre de toile ^

Enfin les chanoines indultaires, ainsi que l'a réglé Pie VII dans la constitution Decet Romaiios pontificcs du 4 juillet 1823,

* a As?fM'<tii!il.'ns nunnrhi? initram pn*tiosam ixm'^ dft jure oompetore;

S. C. ceuîiuil qaoad luitram servuiidam esse disposilioncm cap. Vt apostoHcx^ de Privile^'iis in Sexto. » (20 jul. IGCO.;

Il est utile de rapporter ici le texte mr-nie du Sexte, inaéré au Corps dK droit:

c Ut npo-îtoliroî Sedis }»enij^nita3 iquip nonuullis aljbatihus aliisque prœlalia, quihiis non coiiipetit ex propria dijznitate, eoncessit in ecolesiarum suarum gloriim et lionorem quod niitra et oliiè pouliticalibus uti pos^iîit) provideat ne iudo ôcaridala oriantur, sic tamen quod ipsi privilegiati suorum privile^or:iia non fru.-trentur etfectu, et ex majoritate ae décore nHJoriornaluum, ma- JoritiK aiqtart'M^ dii/nitaliun : de t'ralruni noslrorum cousilio^iiru.'scnti decreto slatuiunLs utaldiates et alii quibus nulriu iisus est ab eadem Sede coucessus, cxeuipli t]uid.iii in provincialibup conuilii^j et cpiscopalibuB synodis (quibus nounulli eoruui intéresse teneuturj mitris tantummodo aurifrisiatis (non lameu aureao vel argenteas laminas aut gtMumas liabentibus) uti possint; non exeaipti vero simplicibus et albis ac planis utantur. lu aliis vero locis exemplis et non exemplis mitris liceat illis uti, prout concessa eis ab eadem Sede îudulta permittuut. » (Corpus j'ur. cononùi. Sexti Décret., lib. V, lit. VU, de Pnvtlerfiis, cap. v.)

s c Impelrata autem ordiuarii venia, qui eam tribuere poteril quolics etpro quibus soleuinitatibus voluerit el si missa solemnis celebranda sit in ecclesia esempla, obtento insuper assensu priBlali... Quoad omamenta ponliBcalia, hisce lanlum uti poterunt... mitra simplici ex tela alba, cum sericis lacioîis rubri coloris, ac pileolo nigri coloris, altamen nonnisi sub mitra adliibendo. » Celte concession ne concerne pas les prolonolaires tilulaires.

276 UVRK NEUVIÈME.

n'ont que la mitre do lin, qui ne peut être apposée sur leur cercueil ni figurée sur leurs armoiries K

17. La mitre et la crosse sont deux insignes corrélatib» c*est-à-dire que dans une parure complète, l'un ne va pas sans l'autre '.

Cette règle admet cependant des exceptions et tous les deux peuvent, en certaines circonstances, se trouver séparés. Je n*en citerai que quelques exemples : hors de son diocèse, l'évèque garde la mitre, qui indique l'ordre, mais est privé de la crosse, signe de la juridiction qui lui fait défaut ; au Magnificat^ l'évèquo, debout à son trône, s'appuie sur sa crosse, tête nue ; rarchevéque, quand il bénit solennellement, quitte la mitre par respect pour sa croix qu'on tient devant lui, quoiqu'il ait la crosse à la maîn. De plus, protonotaires et chanoioea n'ont pas droit à la crosse, bien que la mitre leur ait été concédée.

18. Aux enterrements et anniversaires des évêques, la mitre ne doit pas orner le cercueil ou le catafalque. Dans le premier cas, on se contente du cbapeau vert, apposé aux pieds du défunt '.

* a Mitra ex tela albi coloris lioea cum lacloio scricea rubri coloris in eztremitatibuB vittarum. » — Iq funeribus, sive super cadaver, sive récurrente anniversario, mitra super tumulum non imponetur. — lusignibus teu stemmati familiari non appouetur mitra, uisi explicite fuerit a Sede Apostollea concessum. »

s «t Cum USU3 baculi et mitrœ sint correlativa et oui unum conceditur, alind etiam concedeudum esse in consequentiam intelligatur. » {Décret de ta Cori'grégation des Rites ^ 8 janvier 1605.)

s « Ad pedes ejus ponatur pileus pontificalis^ floccis sericis viridibus orna tas. » (Csgrem. ppisc, lib. Il, cap. ixi.)

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