LES COULEURS LITURGIQUES
1. Les seules couleurs symboliques autorisées par les rubriques sont : le blanc, le rouge, le violet, le rose, le vert et le
noir.
2. La Congrégation des Rites repousse formellement la couleur jaune1 et la couleur bleue2, ainsi que les étoiles où toutes les couleurs se trouvent réunies, sans qu’aucune ne
1 « MARSORUM. — Perlectis résolu tionibus datis ab hac Sacra Rituum Congregatione sub die 12 novembris superioris anni 1831 noimuilis dubiis propositis ex parte reverendissimi Marsorum episcopi, solutionem, seu declarationem iterum postulavit quoad dubia 54 et 46. Attenta siquidem ecclesiarum paupertate, decretum novum expostulavit ad tramites alterius quoad sacram suppellectilem ex gossypio confectam, nimirum ut sublata obligatione servandi strie tim rubricas quoad paramentorum colores, sicuti 54 dubio responsum fuit, casulæ ex variis coloribus assutæ, vel flavi tantum coloris tolerari possint quoadusque consumerentur. S. R. C. respondit : In decisis. » (7 april. 1832.)
« An paramenta coloris flavi adhiberi possint pro quocumque colore, nigro excepto? S. R. C. resp. : Négative. » (22 sept. 1837 .)
« Quuni Rev. Dominus Joachim Antonelli, episcopus Fesulanus, ad amovendam quameumque ulteriorem commissi sibi cleri anxietatem quoad usum sacrorum paramentorum coloris flavi, a Sacra Rituum Congregatione deelarari petierit : IHrum sacra paramenta serica coloris flavi adhiberi adhuc valeant loco coloris albi, atque eadem renovari liceat? Sacra eadem Congregatio rescribendum eensuit : Jumta alias décréta, négative in omnibus . » (Fesülana, 26 mar. 1859.J
2 « Utrum liceat uti colore flavo vel cæruleo in sacrificio missæ et expositione SS. Sacramenti? S. R. C. respondit: Négative. » (16 mart. 1833.,)
« An usus coloris cærulei in sacris paramentis permitti possit pro colore albo, uti fieri assoiet in missis Beatæ Mariæ Virginis, vel potius violaceo? S. R. G resp. : Négative in omnibus, et usum cærulei coloris veluti abusum eliminandum. » (23 febr, 1839, in Çongr. Oblator.)
prédomine1. Elle tolère, en raison de la coutume, que le drap d’or soit substitué au blanc et au rouge2.
3. Le blanc sert aux fêtes de la Sainte Trinité, de Notre Seigneur, du Saint-Sacrement, de la Sainte Vierge, des Saints Anges, de la Nativité de saint Jean-Baptiste, de saint Jean l’Évangéliste, des deux chaires de saint Pierre, de saint Pierre-ès-liens, de la conversion de saint Paul, de la dédicace, de la Toussaint, des confesseurs, des vierges, des abbés, des veuves, des saintes femmes, des docteurs, à l’anniversaire de l’élection et de la consécration de l’évêque, les dimanches pendant l’octave de ces mêmes fêtes, si l’on fait l’office du dimanche et enfin à la messe du mariage.
4. Le rouge s’emploie pour la Pentecôte, les fêtes de la Croix, la décollation de saint Jean-Baptiste, les fêtes des Apôtres, saint Jean porte-latine, la commémoraison de saint Paul, les fêtes des martyrs et des vierges martyres, des Saints Innocents, si la fête tombe un dimanche ; aussi le dimanche dans l’octave, si l’on fait du dimanche et à la messe pour l’élec-
1 « VICFN. — Inter postulata ab Rmo episcopo Vicen. in visitatione ad limina transmissa unum extat, quo ipse jure conqueritur de confusione colorum in paramentis sacrosancto missæ sacrificio, aliisque ecclesiasticis functionibus deservientibus, quæ etiamsi sacris ritibus opposita, in dicta tamen civitate et in ceteris episcopatus ecclesiis conspicitur. Huic propterea abusui providere, imo de medio tollere volens, humillime supplicavit idem episcopus pro opportuno remedio. Et Sacrorum Rituum Congregatio respondendum censuit : Serventur omnino rubricæ generales, facta tamen potestate episcopo indulgendi, ut in ecclesiis pauperibus permittat illis. uti donec consumentur. Die 19 decembris 1829. » — « Num paramenta confecta ex serico, et aliis coloribus, floribusque intexta, ita ut vix dignoscatur color primarius, et prædominans, usurpari valeant mixtim saltem pro aibo, rubro et viridi? S. R. G. resp. : Négative. » (22 sept. 1837.)
2 « An sacra paramenta coloris aurei inservirc possint pro coloribus albo, viridi, rubro? S. R. G. resp. : Négative. (29 mart. 1851, in Adrien.)
■* Quum Rev. Dominus Petrus Espinosa, archiepiscopus de Guadalaxara, Sacræ Rituum Congregationi humillime sequens dubium enodandum proposuisset, nimirum : An sacra paramenta révéra auro maxima saltem ex parte contexta pro quocumque colore, exceptis violaceo et nigro, inservire possint? Sacra eadem Congregatio rescribendum censuit ; Tolerandam esse locorum consuetudinem} relate tantum ad paramenta en auro contexta. De Guadalaxara, 28 apr. 18G6.)
LES ORNEMENTS. 337
tion du Souverain-Pontife, ainsi qu’aux messes votives du Saint-Esprit.
5. Le violet est résérvé à l’Àvent et au Carême, à partir de la Septuagésime, aux quatre-temps et vigiles, excepté pendant la semaine de la Pentecôte, aux processions de saint Marc et des Rogations, à la fête des saints Innocents, pour la bénédiction et procession de la Purification ; en général pour les processions, excepté celles du Saint-Sacrement, des reliques et pour action de grâces ; pour les messes de la Passion et pour les messes votives qui ne sont ni de la Trinité, ni de la Sainte Vierge, ni d’un Saint.
6. On fait usage du rose, seulement le troisième dimanche d’Avent et le quatrième dimanche de Carême.
Une inscription de l’an 1706 mentionne la donation à l’église de Jouy-le-Moutier, au diocèse de Paris, de deux « chasubles, l’un de satin couleur de roze seiche. » Dans quelle église de France trouverait-on actuellement cette couleur, quoiqu’elle soit requise par le Cérémonial des évêques1?
7. Le vert est affecté, aux dimanches et fériés qui n’ont pas de couleurs spéciales depuis l’octave de l’Épiphanie jusqu’à la Septuagésime et depuis l’octave de la Pentecôte jusqu’à l’Àvent.
8. Enfin le noir sert le Vendredi-Saint, ainsi qu’aux offices et messes des morts.
9. Le blanc désigne la joie, l’éclat et la pureté. Aussi l’Église l’affecte-t-elle aux mystères joyeux et glorieux de Jésus- Christ, et aux fêtes de la Vierge, des confesseurs et des vierges.
Le rouge , qui indique l’esprit de sacrifice, l’effusion du sang, l’ardeur de la charité, convient bien à l’octave de la Pentecôte et aux fêtes des apôlres et des martyrs.
Le vert, emblème de la fécondité des champs et de la richesse des travaux spirituels, est pris quand il n'y a pas de couleur propre pour l’office.
1 « Paramenta altaris et celebrantis adhiberi soient aliquanto sumptuosiora, sed coloris violacei, in defectu rosacei. » {Oser, episc lib. II, cap. xiv, n. 11.)
Le violet , couleur sombre, est un symbole de tristesse et de pénitence.
Le noir indique le deuil de l’Église et de ses enfants.