‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églises, selon les règles canoniques et les traditions romaines, avec un appendice sur le costume ecclésiastiqueChapitre 125 sur 244 · La cappa se décompose en deux parties : la robe ou man · texte numérisé non relu

La cappa se décompose en deux parties : la robe ou man

« 3. An liujusmodi consuetudo toleranda sit, cum ob majorem cathedralis ecclesiæ capitulique decorem, tum etiam ad evitandam oiunern avaritiæ suspicionein?

« Et S. eadem C. censuit : Quoad 1, habentibus usum cappæ non licere uti almutio. Quo vero ad 2 et 3, remisit ad suos judices. Die 13 Julii 1675. »

LES ORNEMENTS. 365

teau, avec sa longue queue et le chaperon, avec son capuchon.

Il y a deux sortes de cappa : la cappa épiscopale et la cappa canoniale. L’une et l’autre n’ont de différence que pour la coupe du manteau, la couleur et l’étoffe restant identiques.

L’évêque, dans son diocèse, porte la cappa déployée, en signe de juridiction et d’autorité. Les chanoines, au contraire, la tiennent retroussée sous le bras gauche, pour témoigner leur sujétion et leur infériorité.

4. La cappa canoniale, ainsi que s’en sont formellement exprimés plusieurs fois les souverains pontifes, doit être sembla ble à celle qui distingue les chanoines de Saint-Pierre du Vatican. Ainsi, le chaperon est en hermine, sans mouchetures, avec une doublure de laine violette et de la soie rouge à l’intérieur du capuchon, qui s’attache vers l’épaule droite. Le corps même de la cappa est en laine violette (mérinos, escot), jamais en drap, ni en soie, matière interdite à l’évêque et propre aux cardinaux. 11 est réduit à une large bande plissée, avec une queue qui se plie et se ramène sous le bras gauche, où elle est suspendue à un ruban de soie violette. Cette queue prend le nom significatif de tortillon , qui, ainsi relevée, en indique très-nettement l’aspect. Les chanoines ne peuvent la baisser que le vendredi saint, pour l’adoration delà croix.

5. Afin de pouvoir porter une cappa différente, par exemple déployée, en drap ou en soie, il faudrait un induit spécial. Dans le premier cas, la concession est toujours subordonnée au bon plaisir de l’évêque, qui pourrait être froissé de voir cette altération d’un de ses droits essentiels.

6. Pour avoir une cappa qui ne soit ni singulière ni mal faite, le mieux assurément est de la commander à Rome, où les fabricants ont sous les yeux des modèles qui ne changent pas. Ce type, une fois importé dans un diocèse, ne peut plus varier et il est indispensable de s’y conformer strictement. Il n’appartient pas aux indultaires, par goût ou par caprice, de modifier, même dans le plus menu détail, l’objet de la conces-

sion, qui doit rester telle qu’elle a été libellée par la chancellerie pontificale.

7. En été (on entend cette saison pour sa durée conformément au Cérémonial des évêques), le chapitre quitte la cappa et met alors la cotta, garnie de dentelles, par dessus le rochet, costume d’une rare élégance, que nous serions heureux de voir introduire en France.

Quelques chapitres préfèrent la cappa d’été à la cotta. C’est leur droit, mais pour cela ils doivent adresser une supplique au Saint-Siège qui leur délivre un induit à l’effet de les autoriser à ce changement sur lequel il ne leur est plus loisible ensuite de revenir. Dans ce cas, le chaperon, dépouillé de son hermine (car l’hermine ne se prend, même en bordure, qu’à raison du froid), est en laine violette par-dessous et en soie rouge par-dessus. Ce rouge n’est pas le rouge écarlate (improprement nommé pourpre , car la vraie pourpre est violette), mais le rouge épiscopal, de couleur foncée et cramoisie, tirant sur F amaranthe.

Telles sont les règles de droit commun sur l’usage de la cappa canoniale, qui est un vêtement aussi chaud et commode que riche et artistique.

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