CHAPITRE II l’ameublement
1 . Dans une sacristie, les meubles s’alignent autour des quatre murs. Ils sont complètement en bois menuisé, auquel on
t « In sacello majoris seminarii stat sacristia post altare, et ministri accedere possnnt ad altare tam ex parte evangelii quam ex parte epistolæ. Quæritur : Ante missam quanam ex parte exire debeant ad altare et qua parta post missam redire debeant ad sacristiam? — S. R. G. respondit : A sacristia e sinistra egrediendum, a dextera ad illam accedendnm. » (12 aug. 1854, in Briocen.)
LES DÉPENDANCES. 147
laisse sa couleur naturelle que le vernis fera ressortir : s’ils étaient en bois blanc, on devrait les peindre.
Leur hauteur n’est pas considérable, afin qu’on ne soit pas obligé d’employer des échelles pour y atteindre. A la frise est inscrite la date d’exécution et le nom du donateur. En voici deux exemples fournis par Rome :
À la sacristie de la Sixtine :
QVISQVIS. OGVLOS. IN. VESTES. PONTIFICVM. SACRAS. CONICIS. PAU. III. PONT. MAX. BENE. AVGVRARE : GVIVS. 1MPENSIS. LAETARI. VIDENTVR. M. D. XXX Vllf : PONT. SVI. ANNO. QVARTO :
Au palais Altemps, les armoires sont sculptées de guirlandes et de festons :
SAGRORVM GVSTODIAE 10. ANGEL VS AB ALTAEMPS ANNO. DOM.
MDGXV
2. Le chasublier, tel que le décrit Benoît XIII et que je l’ai vu fabriqué de son temps à Bénévent, est un meuble, fermé à clef et à deux volets. L’intérieur est divisé en casiers, larges mais peu épais ; ils doivent avoir un peu plus de la longueur et largeur d’une chasuble, en sorte qu’elle puisse s’y étendre sans faire le moindre pii. Avec la chasuble se groupent tous ses accessoires : étole, manipule, bourse et voile ; malgré cela, l’élévation de chaque tiroir est très-minime.
On donnerait plus d’épaisseur aux tiroirs dans lesquels on voudrait aussi adjoindre les’dalmatiques pareilles, quoique ce ne soit point leur place et que leurs dimensions différentes ne s’y prêtent pas.
Il est préférable que chaque chasuble occupe son casier à part, quitte à augmenter les nombre des casiers, car il y a plus d’un inconvénient à entasser les ornements les uns sur les autres : il faut mettre entres eux du papier ou de la toile
pour empêcher le frottement. Quand on a besoin d’un seul, on est obligé d’en déplacer plusieurs ; puis surtout avec ce système, l’étoffe s’échauffe, par manque d’air.
À la façon des tiroirs, ces casiers ont tout autour des rebords, qui empêchent les ornements de glisser : en avant, deux boutons ou anneaux donnent facilité pour les tirer des deux mains. Lorsqu’on veut procéder avec plus d’économie, on se contente de tablettes minces qui glissent sur des entailles clouées à droite et à gauche, mais leur grande portée et leur peu d’épaisseur les font souvent se déformer.
Benoît XIII veut que des initiales, apposées en dehors de chaque tiroir, indiquent de prime abord la couleur qu’il contient ; on a aussitôt fait d’écrire le nom tout entier : Blanc , Rouge , Vert, Violet , Rose , Noir. Il serait bon d’ajouter un qualificatif pour distinguer les ornements entre eux et spécifier leur usage respectif : ainsi, ordinaire pour tous les jours ; des dimanches , pour ceux qui seraient réservés aux fêtes chômées; de 2e classe, pour une qualité supérieure; de lre classe , pour les plus grandes solennités ; épiscopal, exclusivement affecté à l’évêque officiant.
3. Le chapier, en France, est doublement gênant : il tient beaucoup de place, à cause de sa forme semi-circulaire et les chapes s’y entassent, les unes sur les autres, dans des tiroirs différents et superposés.
Les dalmatiques et tuniques se mettent généralement dans des meubles à tiroir, analogues au chasublier : on y joint ordinairement l’écharpe pour le sous-diacre.