‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églises, selon les règles canoniques et les traditions romaines, avec un appendice sur le costume ecclésiastiqueChapitre 30 sur 244 · LA PAROISSE · texte numérisé non relu

LA PAROISSE

1. La paroisse est une salle, attenant à la sacristie et servant au curé à donner audience à ses paroissiens pour les affaires exclusivement de la paroisse.

Elle se nomme en italien parochietta et est précédée d’un vestibule, avec des bancs à dossier, où attendent les personnes qui veulent parler au curé. Le dossier est peint à l’écus j son de l’église, avec cette inscription : Paroisse de N .

Paroisse est aussi inscrit en gros caractères, au-dessus de la porte d’entrée.

2. La pièce contiendra : une cheminée, avec un crucifix et l’image du titulaire de l’église ; un bureau pour écrire, quelques chaises pour recevoir les personnes qui se présentent ; une petite bibliothèque de livres usuels, tous relatifs à l’administration, à la théologie et au droit ; plus, une armoire fermant à clef et contenant les archives de la paroisse, ainsi que les cinq registres réclamés par le Rituel : le registre des baptêmes, celui des confirmations, celui des mariages, celui de l’état des âmes, mis au courant chaque année et enfin le registre des enterrements.

3. Les registres paroissiaux doivent être tenus avec une scrupuleuse exactitude. S’il y avait eu négligence à cet égard, l’évêque devrait consulter le S. Siège sur la marche à suivre pour régulariser la situation, comme il résulte d’une lettre adressée à l’évêque de Bagnorea, en 1807, par la S. Congrégation des Evêques et Réguliers.

La même Congrégation a écrit, en 1780, à l’Inquisiteur de Malte : « Les Eminentissimes cardinaux m’ont commandé de vous écrire, comme je fais, de faire effacer absolument sur ce livre de l’état des âmes toutes les notes ou expressions injurieuses pour les recourants ou pour d’autres personnes, de sorte qu’il ne reste pas de souvenir et de vestige des choses qui blessent la réputation d’autrui, fussent-elles vraies ; car le livre de l’état des âmes doit uniquement servir pour enregistrer le nom et l’état des paroissiens et non pour les diffamer, en prenant note de leurs méfaits. »

4. A S. Martial de Montmorillon, au diocèse de Poitiers, j’ai fait graver sur pierre, sous le porche, les noms des divers archiprêtres qui se sont succédé à ce poste depuis le commencement de ce siècle, date de l’érection en archiprêtré.

A S. Cannatde Marseille, j’ai vu mieux encore : les portraits des curés entourent la sacristie et au-dessous de chacun d’eux est inscrite une biographie sommaire.

Dans les petites églises, on se contentera, à la sacristie, d’un tableau contenant la succession des noms, avec l’indi-

LES DÉPENDANCES

cation des principales œuvres accomplies par chacun, telles que réparation de l’église, fondation d’un asile, d’un cercle ouvrier, etc.

Dans les grandes églises, on peut se payer le luxe d’un portrait à l’huile.

3. Je voudrais voir aussi, sur les murs de la paroisse, des inscriptions commémoratives, rappelant les principaux faits de son existence : sa création, son démembrement, son érection en décanat ou archiprêtré, etc., toutes choses dont il importe d e transmettre le souvenir à la postérité.

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