LA CROIX PECTORALE
1. On nomme croix 'pectorale (et non croix pastorale , comme on le dit trop souvent en France) la croix qui se porte au cou et pend sur la poitrine, crux pectoralis.
2. Elle est en or, avec des reliques de saints martyrs à l’intérieur. Les cardinaux et les évêques y ajoutent des pierres précieuses : je citerai, comme modèle du genre, celle de saint Bonaventure, conservée à Assise. Les autres indultaires doivent l’avoir non gemmée, suivant l’ordre exprès de Pie YII : « Crux pectoralis sine gemma. »
3. Elle pend à un cordon ; ce cordon se termine en arrière par un gland et est muni d’un coulant pour l’arrêter sur le cou. Sa couleur varie suivant le degré hiérarchique du prélat. Ainsi il est en or pour les cardinaux et les patriarches, vert et or pour les évêques1, violet pour les protonotaires, noir et or pour les abbés et les chanoines.
4. La croix est de forme latine, c’est-à-dire que la partie inférieure est plus longue que les croisillons et la tête.
5. Elle se prend sur l’aube, à la messe seulement, après le cordon et avant l’étole, mais jamais sur la chasuble. Le diacre la baise d’abord, la présente à baiser au prélat et la lui met au cou.
6. Le prélat récite, pendant ce temps, cette prière qui l’avertit de penser à la passion et au triomphe des martyrs et lui fait demander à Dieu le secours du signe de la croix contre les embûches de ses ennemis :
« Munire digneris me, Domine Jesu Christe, ab omnibus insidiis inimicorum omnium signo sanctissimæ crucis tuæ ac concedere digneris mihi indigno servo tuo ut, sicut hana
1 « Une petite croix d’or... avec un cordon yert. » (Spolium de Mgr d’inguimbert, évêque de Garpentras, en 1758.^
LES PONTIFICAUX
crucem sanctorum tuorum reliquiis refertam ante pectus meum teneo, sic semper mente retineam et memoriam pas. sionis et sanctorum yictorias martyrum. »