LAMINAIRE DIGITÉE
Laminaria digiPda.
Plusieurs espèces de Laminaires ont été employées en médecine : la Laminaire sacciiarine, remarquable par l’efllorescence de phycite qui se fait à sa surface, et la Laminaire diaitée, Laminaria Cloustoni Eàmomlon {Laminaria digifatah. pro parte), que les chirurgiens emploient comnie agent dilatateur et qui à ce titre se trouve dans les pharmacies.
Cette algue vient sur les côtes des îles Britanniques, de l’Islande, de la Norwége, du Groenland. Elle s’attache aux rochers l)ar des sortes de griffes rameuses, convexes à la face supérieure, canaliculées en dessous. Ces ramifications radicales aboutissent à une sorte de pédicule gros comme une plume d’oie ou même comme le doigt, long de 1 à 2 décimètres, qui porte une expansion cunéiforme longue de 2 à3 pieds, large de 1 à 2, ohlongue dans sa forme générale, palmatilobée, à lobes ensiformes. La plante, de couleur olivâtre, devient d’un jaune vert foncé ou presque noirâtre par la dessiccation.
L’expansion foliacée est charnue ou cartilagineuse. Le pédicule est beaucoup plus dense et presque de consistance ligneuse. C’est lui qui sert surtou t â former des bougies dilatatoires et dont la structure doit être étudiée d’une manière spéciale.
C’est une sorte de tige cylindrique d’une couleur olivâtre très-foncée, ou plus souvent noirâtre â l’extérieur; la surface est marquée de légères stries dirigées dans le sens longitudinal, anastomosées entre elles. Sur la coupe transversale la substance intérieure, de couleur blanche ou vert olivâtre, présente des zones assez distinctes : une première, périphérique, étroite; une seconde plus large entourant la partie centrale moins claire, quoique transparente sur une coupe mince. Une tranche de la tige coupée régulièrement sur un morceau desséché simple-
CARAGAEN.
ment <i l’air libre, ceinte de sa partie corticale intacte, absorbe très -rapidement l’eau, les parties centrales plus vite que les antres, si bien que la tranche devient è un moment fortement convexe. Peu à peu les portions extérieures s’imbibant, la dilatation se fait par toutes les parties, et au bout d’un très-court instant, la tranche a doublé de diamètre. Si la ceinture périphérique n’est point complète autour do la portion centrale, la dilatation n’étant plus gênée dans tous les sens, se fait trèsbrusquement dans les parties du milieu pour continuer lentement dans les parties périphériques.
Si l’on veut se rendre compte de la raison de cette dilatation, on n’a qu’à mettre une tranche mince sous le microscope. Lorsqu’elle est dilatée, on la voit composée :
1® D’une série de cellules à petite ouverture, très-denses, serrées les unes contre les antres et contenant une matière chromogène jaune-verte ;
2“ D’une zone intermédiaire large, formée de cellules arrondies ou polyédriques à parois souvent sinueuses;
3® D’une zone centrale composée de cellules plus petites, la plupart allongées, sinueuses et étroites, rameuses et intriquées les unes dans les autres.
Avant la dilatation et sur une coupe sèche ou placée dans l’alcool, on voit les cellules des parties moyenne et centrale fortement contractées sur elles-mêmes ; mais aussitôt qu’on met une goutte d’eau en contact, on aperçoit brusquement leurs parois se gonfler, s’étendre, se développer et la masse prendre des dimensions beaucoup plus considérables; il en résulte nécessairement l’accroissement considérable de diamètre que nous avons signalé.