ORTIE
Herba TJrticœ seu Urticæ majoris.
La CJrande Ortie est VUrtica (lioica, L. extrêmement répandue au voisinage des habitations et le long des murs.
C’est une plante de 50 centimètres à 1 mètre de haut. La tige quadrangulaire porte des feuilles opposées, pétiolées, ovales-lancéolées, acuminées, en cœur à la base, fortement dentées sur les bords, longues de 6 centimètres environ, larges de 4 et toutes couvertes, ainsique la tige, de poils urticants. Ces poils, qui caractérisent les orties vulnérantes , sont formés (fig. 51) d’une base glanduleuse, remplie d’une matière acide (acide formique) et surmontée d’un long canal recourbé à l’extrémité.
Les fleurs sont mâles ou femelles suivant les échantillons. Elles sont en giomérules rapprochés, formant des grappes axillaires, rameuses, plus longues que le pétiole. Les grappes mâles sont dressées, et contiennent des fleurs formées d’un périanthe â 4 divisions obtuses et de 4 étamines. Les grappes femelles sont réfléchies et les fleurs qu’elles contiennent ont un périanthe semblable à celui des fleurs mâles, contenant un ovaire uniloculaire, surmonté d’un style très-court et d’un stigmate plumeux.
Fig. 31.— Poil d’ortie.— a, poil entier avec sa glande 6'. — a', extrémité grossie du poil.
SAlilNE.
Une autre espèce, plus urticante que la Grande Ortie, est YUrtica urens ou Ortie brûlante. G’est une plante annuelle, dont les feuilles plus petites sont ovales-elliptiques, obtuses, fortement dentées en scie, et dont les grappes, mâles et femelles, sont simples, non rameuses, réunies sur le môme pied, et plus courtes que les pétioles des feuilles.
SABINE
Summitates Sahinœ. Herba Sabinœ. Folia Sabinæ.
La f^abinc {Juïiiperus Sabina L.) est un arbuste dioïque qu’on trouve çâ et là sur les montagnes des Alpes, des Pyrénées, en Italie, en Provence, en Espagne, etc. On cueille ses jeunes rameaux portant d’ordinaire les fleurs mâles ou les fruits.
Ces rameaux nouvellement desséchés sont encore d’un vert pâle, mais tendent avec le temps à devenir jaunâtres. Us sont (fig. 52) tout recouverts de feuilles opposées deux à deux et dont les paires alternent entre elles et sont serrées les unes contre les autres de manière à couvrir absolument les axes et à leur donner une forme obscurément quadrangulaire. Ces feuilles sont de deux formes, sur les mômes échantillons. Les unes sontpetites, fortement appliquées, arrondies et obtuses; les autres, le plus souventplacées à l’extrémité des rameaux, s’allongent, deviennent pointues, et leur moitié supérieure se déjette en dehors, s’éloignant ainsi de l’axe sous un angle assez marqué. Certains rameaux, qui répondent dans presque toutes leurs parties à la première forme ont été rapportés à une variété particulière , qu’on a nommée Sabine à feuilles de tamarix (Var. tamarisci folia), l’autre forme étant désignée sous le nom de variété à feuilles de cyprès (Var. cupressifolia ou pungens).
La forme, à feuilles de Tamarix donne des rameaux presque arrondis ou très-obscurément quadrangulaires ; les feuilles,
DES HERBES. — SABINE-
squamifornies sont épaisses, losangiques, longiiesde 2-3millim. sur 1/2 à 1 millim. de large, concaves en dedans, convexes sur le dos el marquées sur la ligne médiane d’une assez longue cavité elliptique, qui loge une vésicule résinifère {fi(j , 33 (j).
L’autre forme, reconnaissable immédiatement aux pointes des feuilles déjetées en dehors, donne des rameaux à angles plus accentués. Les feuilles s’allongent, atteignent de 4 à3 mill..
dont une moitié environ appliquée et décurrente, l’autre moitié détachée de l’axe et recourbée en arc à concavité tournée vers le haut. Ces feuilles concaves à la face supérieure sont, comme les précédentes, convexes sur le dos et portent aussi comme elles
l'Kj. 52. — Uaraeau de Sabine.
Fkj. 53. — Portion grossie du rameau de la forme tamarascifolia.
Fuj. 54. — Portion grossie du rameau de la forme cupressifulia.
SABINE
une longue cavité contenant une glande résinifôrc, qui s’étend à la fois sui’ les deux portions de la feuille {(îg. o2), et qui, sur la partie détachée, occupe au moins la moitié de la longueur.
La Sabine porte parfois des baies arrondies, de 5 mill. de diamètre, qui sont immédiatement reconnaissables à leur couleur bleuâtre et à ce qu'elles sont rétlécbies sur leur petit pédoncule. Les rameaux ont une odeur très-prononcée, désagréable et une saveur amère, âpre et en môme temps térébinthacée.
Dans beaucoup de localités du midi de la France on donne improprement le nom de Sabine au Juniperus Phœnicam L., mais cet arbuste monoïque n’a point l’odeur de la Sabine. Ses feuilles sont creusées d’un simple sillon sur le dos et ne portent point la vésicule résinifère du Juniperus Sabina L. Enfin ses fruits globuleux sont plus gros, dressés, et d’une couleur rouge, luisante .
D’aulres Conifères peuvent être confondues avec la Sabine. — Les Cyprès {fig. 55) {Cupressus sempervirens L.) portent des rameaux dont les parties jeunes pourraient facilement être confondues avec la forme de Sabine à feuilles appliquées [Sab. tamarisci folia). Ces feuilles de Cyprès {fig. 56) sont reconnaissables à ce que leur face convexe ou dorsale est marquée de deux sillons latéraux, qui rendent saillante la partie moyenne et en font comme une sorte de carène (yî^. 56, c). Parfois cependant, dans la partie inférieure et décurrente delà feuille, les deux sillons latéraux paraissent se réunir en un seul, sans être séparés par la carène. Le Cyprès n’a nullement l’odeur prononcée de la Sabine.
Enfin il faut savoir reconnaître le Juniperus Virginiana L., plante des États-Unis et du Canada, que les Américains emploient très-souvent en guise de Sabine. Cette plante, qui est fréquemment cultivée dans nos jardins sous le nom de Cèdre rouge, a des rameaux de deux formes comme le J. Sabina L. C’est surtout la forme à feuilles écartées de la tige qu’on peut confondre avec notre plante européenne. Un premier caractère
Planciion. — Drogues simples. 0
DES IlEKBES.
ÎISS6Z fréfjuGnl, c*6st (ju6 ccs f6uill6S sont très-souvent icingecs, non pas par paires alternantes, mais sur trois rangs seulement {fig. 57). De plus les feuilles ne portent pas aussi développée la longue cavité glandulifère elliptique que nous avons signa-
Fig. 55. Fig- 50. ^iÿ- 57 •
lée. C’est tantôt une fossette, qui n’atteint pas le quart de la longueur de la feuille, d’autres fois un simple point; souvent même on ne voit aucune trace de glande. En outre l’odeur de Sabine est beaucoup plus faible.
Quant aux Thuyas, leur feuillage aplati les fait immédiatement reconnaître.
La Sabine doit son odeur à une huile essentielle qui est contenue dans ses rameaux et ses fruits et nullement dans son bois. Elle contient en outre de la résine, du tannin, du sucre et beaucoup de chlorophylle .
Fig. 55. — Rameau de Cyprès. '
Fig. 56. — Portion grossie d'un rameau de Cyprès.
Fig. 57. — Portion grossie d’un rameau de Juniperus Virgiiiiaim L.