‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 134 sur 580 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

FEUILLES (FOLIA) ET BOUl\GEOi\S (GEMMÆ)

Sous le nom de Feuilles {Folia) nous désignons à la fois les liges feuillées, mais dépourvues de Heurs, et les feuilles complètement isolées de la lige.

Ici les organes ordinaires de la détermination, c/est-à-dire les fleurs et les fruits, nous font défaut, et nous devons recourir à d'autres moyens pour reconnaître les diverses substances que comprend cette division des drogues simples.

Disons tout de suite combien l’absence des organes de la reproduction rend difficile la reconnaissance. En tout cas, il nous devient à peu près impossible de grouper les produits d’après des caractères naturels, qui puissent se rapporter à toute une famille, et, tandis que dans le tableau général du chapitre précédent, nous avons donné des caractères de familles ou tout au moins de genres, dans celui qui va suivre nous serons obligé de séparer les unes des autres des plantes qui, au point de vue botanique, ont les plus grandes affinités.

Ceci posé, nous allons indiquer en quelques mots les moyens qui nous ont paru les meilleurs et les plus conformes aux procédés de la botanique pour déterminer nos substances.

Remarquons en premier lieu qu’un certain nombre de feuilles ou de liges feuillées ne s’emploient que fraîches et ne se rencontrent par conséquent pas conservées dans les droguiers ou les pharmacies; nous n’avons donc pas à les reconnaître au milieu des autres produits desséchés, et nous pouvons tout naturellement les en séparer et simplifier d’autant le tableau des autres espèces.

FEUILLES ET BOURGEONS

Parmi celles qui restent à déterminer, quelques-unes se présentent toujours attachées à leur tige, et l’on peut par suite tirer leurs caractères et de la tige elle-même, et aussi de la manière dont les feuilles sont insérées sur cele tige. Elles sont en effet tantôt alternes ou éparses, c’est-à-dire placées toutes à une hauteur différente sur la tige; tantôt opposées, c’està-dire placées deux ensemble à la même hauteur, et aux extrémités d’un même diamètre de la tige ; enfin, tantôt verticillées, c’est-à-dire placées plusieurs ensemble autour d’un môme nœud. C’est un caractère très-important, qui devient dans certains cas non-seulement un caractère d’espèce et de genre, mais parfois même un caractère de famille, et que nous aurions donc grand tort de négliger ; aussi le mettons-nous en première ligne dans cette section.

Si nous considérons maintenant les feuilles isolées, en ellesmêmes, nous remarquerons que les unes sont simples {fig. 63), c’est-à-dire que toutes les parties de leur limbe sont réunies

Fiy. G4.

Fig. G5.

entre elles; que les autres sont composées, c’est-à-dire formées de parties de limbe parfaitement distinctes et séparées les unes des autres {folioles), simplement reliées entre elles par leur insertion sur un rachis commun {fuj. 6i).

Les feuilles simples ont les bords tantôt entiers {fig. 65), tantôt dentés {fig. 66), ou plus ou moins profondément lobés {fg. 67).

FEUILLES ET UOURGEONS. lil

disposition des nervures est aussi importante. Tantôt une nervure médiane unique donne de chaque côté des nervures secondaires {feuilleii pinninervées) {fig. G7). D’autres fois un

l'i'j. üG. /'Ty. 07. FiQ- 08.

certain nombre de nervures longitudinales courant en arc de la base au sommet se font remarquer de chaque côté de la nervure médiane {fig. 68). Parfois encore les nervures partent

Fi(j. oa.

en divergeant du sommet du pétiole de manière à figurer les doigts de la main étalée {feuilles palminervées ou digitinervées) {fig. 69). Enfin, dans les Monocotylédones particulièrement,

Ii2 FEUILLliS ET ÜOUHGEOiNS.

les nervures sont toutes parallèles entre elles; les feuilles {parallélinervées) sont alors le plus souvent étroites et allongées {fUj. 70). La manière dont les nervures secondaires se comportent et se subdivisent en réseaux plus ou moins saillants ou plus ou moins lins mérite aussi considération.

Enfin nous n’avons pas dû oublier la présence ou la nature

des poils et l'existence ou l’absence de glandes à huile essentielle, qui, lorsqu’elles s’y trouvent, produisent dans le tissu de la plante des ponctuations transparentes, en même temps qu’elles donnent à la substance une saveur et une odeur souvent caractéristiques.

Ces indications se rapportent tout aussi bien aux folioles des feuilles composées, dans lesquelles nous devons tout d’abord tenir lieu du mode de composition. Dans certains cas, les folioles sont en effet disposées le long du rachis commun comme les barbes d’une plume de chaque côté de sa tige, de là le nom de feuilles pinnées {fig. 71). Dans d’autres cas, les folioles sont divergentes à partir du sommet du pétiole commun {feuilles digitées ou palmées) {fig. 7:2). Enfin nous appellerons trifoliolées, sans rechercher à quel type spécial elles appartiennent, celles qui sont composées de trois folioles {fig. 64 et fig. 73).

Autant que possible nous avons donné dans notre tableau

TIGES FEUILLÉES ET FEUILLES JSOLÉES. 143

les caractères qui frappent l’œil. Dans certains cas, nous y avons joint des signes organoptiques, odeur et saveur, qui présentent de l’importance et que nous avons cru ne pas devoir laisser de côté.

Nous avons fait rentrer dans la division des feuilles, les tiges stériles des Prêles, qui, à vrai dire, ne sont que des rameaux

articulés : mais il nous a semblé que l’absence d’organes de fructifications les excluait du groupe des herbes fleuries et (ju’on ne pouvait guère placer dans la division de tiges, dépouillées de leurs feuilles, des plantes qu’on cueille telles que la nature nous les donne, contenant tous les organes de la végétation qui sont nécessaires à leurs fonctions nutritives.

Nous établissons à côté des feuilles une section particulièrement pour les Bourgeons, qui ne sont que des rameaux jeunes, formés d’un grand nombre de petites feuilles imbriquées. Cette section ne contient du reste que deux ou trois substances.

PREMIÈRE SECTION

TIGES FEUILLÉES ET FEUILLES ISOLÉES

Le tableau suivant, dressé d’après les données exposées cidessus, permettra la détermination de ces produits ; nous les

FEUILLES ET BOURGEONS

étudierons ensuite en détail, en les rangeant dans l’ordre des familles naturelles.

1 ” Feuilles employées à l’état frais.

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