COUSSO ou KOSSO
Floi'es Kosso. Flores Brayeræ seu Kiisso.
Le Cousso est un anthelminthique d’Abyssinie, donné pour VHagenia abyssinica Wild. {Brayera anthehninthica Kunth.), plante de la tribu des Spiréacées ou Dryadées.
Tel qu’on le reçoit dans les pharmacies, il est formé par les inflorescences rameuses et très-fournies de la plante. Les rameaux sur lesquels sont insérées les fleurs sont disposés en zigzag. Les fleurs sont placées sur des pédoncules très-courts, portant deux bractées largement obovales, qui recouvrent le tube du calice. La structure de ces fleurs et le nombre de leurs verticilles varient suivant l’âge où on les examine. D’ordinaire, on ne trouve dans le commerce que des fleurs avancées. A cet état {fuj. 106) le tube du calice, très-petit, couvert de poils blanchâtres très-nombreux, est surmonté de 4 à 5 lobes ovales allongés, de 5 à 6 mill. de long, membraneux, â nervures anastomosées. Dans l’intérieur, attachées au tube du calice, 5 autres pièces membraneuses, beaucoup plus courtes, recourbées au sommet et recouvrant les organes de la génération. Ces organes se composent de vestiges d’étamines stériles et d’un ovaire ou d’un fruit commençant à grossir. Ce petit fruit provient d’un ovaire â 2 carpelles, terminés chacun par un style et par un stigmate en houppe. Un seul des carpelles se développe d’ordinaire; il est arrondi, surmonté par la base du style et con-
COUSSO ou KOSSO.
lient une graine pendante qui remplit toute la cavité du fruit et dont l’amande est formée d’un embryon sans albumen. Plus rarement l’on trouve des Heurs dont le second Ycrticille est plus développé que l’autre et entoure une vingtaine d’élami-
Fiy. lOG. Fig. 107.
nés (/ig. 107) fertiles, et un pistil avorté surmonté de deu.x styles.
On voit qu’il y a deu.v sortes de fleurs : les fleurs femelles, dont l’ovaire se développe en fruit; les fleurs mâles, dont les étamines sont seules fertiles. Les inflorescences des fleurs femelles sont plus estimées que les autres; les bractées, qui sont à la base des fleurs, et les pièces membraneuses de leurs enveloppes ont une couleur rouge-pourpre, qui leur a valu le nom de Cousso roiiçe. C’est cette sorte qui arrive le plus souvent dans les pharmacies. Les inflorescences mâles ont une couleur verdâtre, qui prend tout au plus une teinte rosée. C’est le Cousso vert OU Cousso brun.
Nous avons donné la structure des fleurs telles qu’on les trouve généralement, et nous avons décrit les diverses pièces membraneuses sans en indiquer la nature. Si on prend une fleur plus jeune, on voit qu’elle compte un plus grand nombre de verticilles. Les toutes petites fleurs, de 1 à 2 millimètres de diamètre, qu’on peut trouver dans les jeunes inflorescences, ont :
Fig. 100. — Fleur femelle de Cousso arrivée à sou développemcut complet, et dont les pièces intérieures du calice sont légèrement écartées pour montrer les organes de la génération.
Fig, 107. — Fleur mâle de Cousso.
DES FLEURS. — ROSACÉES
Les Heurs mâles, un premier verlicille de 4 à 5 pièces toutes petites, membraneuses; un second verticille de pièces plus grandes, qui se développent beaucoup plus à mesure que la Heur avance vers la maturité. On considère d’ordinaire ces
2 verticilles comme les pièces du calice. A l’intérieur on trouve de petits pétales lancéolés-linéaires, qui disparaissent avec l’âge.
Dans les Heurs femelles (fig. 108 a), les pièces sont en même nombre, mais elles se développent autrement. C’est le premier verticille du calice qui, d’abord de la longueur du second, devient plus tard trois ou quatre fois plus grand. Les pétales, semblables à ceux de^ Heurs mâles, disparaissent comme eux après la floraison, et on ne les retrouve plus dans le plus grand nombre des fleurs des officines.
Le Cousso contient divers acides organiques (acétique, oxalique, valérianique), et une substance cristallisable blanche, soluble dans l’alcool, âcre et amère, qu’on a nommée coussme.