‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 268 sur 580 · CAPSULES DE PAVOT · texte numérisé non relu

CAPSULES DE PAVOT

Tôtes de Pavot. — Fniclus Faiiaveris. Capita seu capsiilæ Pnpaveris .

On désigne sous ce nom les fruits du Pa>ot {Papaver somnife-

rum L.), plante originaire d’Orient, mais cultivée en abondance dans nos régions et devenue subspontanée dans bien des

localités. On cueille d’ordinaire les têtes de Pavot un peu avant la maturité.

Ces fruits secs, tels qu’on les trouve dans les pharmacies, sont de dimensions et de forme variables: ovoïdes ou globuleux, de 7 à 1“2 centimètres de hauteur sur 6 à 8 centimètres de diamètre. Ils sont surmontés par une couronne disciforme, ombiliquée, marquée de rayons stigmatiques disposés en étoile, au nombre de 10 à 12, autour d’un axe central. La couleur de la capsule sèche est blanchâtre, ou plus ou moins jaunâtre. Une seule loge existe dans la tête de Pavot, mais les parois internes portent autant de lames verticales saillantes qu’il y a de rayons stigmatiques sur le disque. Ces lames, qui sont des placentas pariétaux, sont minces, légères, jaunâtres, d’un tissu très-lâche et portent une quantité considérable de petites graines, réniformes et réticulées à la surface. Les graines, généralement blanches dans les fruits de Pavot des pharmacies, restent enfermées dans la capsule indéhiscente. C’est la forme du Pavot, qu’on a désignée sous le nom de Pavot blanc et que

DES FRUITS. — AURANTUCÉES.

quelques auteurs, Guibourt entre autres, ont décrite comme une espèce distincte sous le nom de Papaver album Lob.

Le i*avot noir {Papaver nigrum Lob.), que nous considérons comme une simple variété du Papaver somniferumh. , est cultivé dans le nord de la France, en Belgique, en Allemagne, pour ses graines qui donnent Yhuile cVCÆillette. Ces semences de couleur noire ou lilas sortent facilement de la capsule à la maturité par des ouvertures qui se produisent entre le fruit et le disque stigmatifère. On utilise quelquefois, mais rarement, ces capsules dans les pharmacies. Elles sont plus petites que celles du Pavot blanc et arrondies.

C’est dans les parois de la capsule, et dans la couche moyenne du péricarpe, qu’on constate, au moyen du microscope, les vaisseaux laticifères qui contiennent le suc, blanc quand il est frais, brunâtre quand il est desséché , qui donne aux têtes de Pavot leur activité. Ces parois ont, à l’état frais, une odeur vireuse, qui disparaît presque entièrement par la dessiccation. La saveur reste toujours très-amère.

Les têtes de Pavot contiennent de la morphine, en proportions variables suivant les circonstances, et les autres principes actifs de l’opium.

AURANTIACÉES.

Les fruits du genre Citrus, de la famille des Aurantiacées, sont employés soit à l’état frais, soit à l’état sec.

A l’état frais on recherche surtout le suc acidulé qu’ils contiennent, et le Cürus Limonum Riss. est utilisé dans ce but, pour la préparation du. sirop de Lmonei des Limonades. A l’état sec, c"est surtout la partie extérieure du péricarpe qu’on met en usage, à cause des principes stimulants et toniques qu’elle contient; aussi n’emploie-t-on que l’écorce de ces fruits : écorce d Orange amère, Écorce de Citron. Cependant SOUS le UOm d Orangettes OU de petits Cirains OU trouve, dans les phar-

AURANTIACÉES.

macies, les fruits cueillis et desséchés après la fécondation de la fleur au moment où ils commencent à peine à grossir.

Tous ces fruits présentent une structure commune qu’il est facile de reconnaître ;

Tout d’abord {fig. 1 19) une sorte d’écorce, qui se sépare nettement de la portion principale pulpeuse et succulente. Cette

partie du péricarpe se compose elle-même d’une zone extérieure (épicarpe) de couleur variable, remarquable par la présence de

Fig. IIP. Fig. 120. !

glandes très-visibles à l’œil, remplies d’huile essentielle. Ces glandes, examinées au microscope, se montrent sous forme de grosses lacunes ovoïdes (/?</. 120), placées au milieu d’un tissu cellulaire, et limitées par plusieurs rangées de cellules petites, aplaties, serrées les unes contre les autres. Au-dessous de cette zone, se trouve un tissu blanc, formé de cellules rameuses lâchement unies entre elles et laissant une grand nombre d’interstices remplis d’air.

A l’intérieur se trouve la partie succulente formée de plusieurs loges, en forme de secteurs sphériques, séparables les uns des autres {quartiey's d' Orange), et limités chacun par une enveloppe membraneuse. De l’intérieur de cette membrane se détachent de grosses vésicules fusiformes, à parois transparentes, remplies d’un suc doux ou acidulé. A l’angle interne des loges, s’attachent un certain nombre de graines blanchâtres,

Fig. 119. Coupe transversale d’uu fruit d’Orange.

Fig. lîO, Coupe d’une écorce d’Orange montrant en R les glandes oléifères.

DES FRUITS. — AURÂNTIACÉES.

oblongues, allénuées aux deux extrémités, contenant sous une enveloppe un peu coriace , un embryon à gros cotylédons charnus.

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