GROSEILLES
Fructus Ribiu7ïi. Baccæ Ribiim seu Ribesioi'um 7'ubrorum.
Les Groseilles sont les fruits éwRibes L., plante çà et
là spontanée en Europe, cultivée en très-grande abondance dans les jardins.
Ce sont des baies disposées en petites grappes. Elles sont globuleuses, de 3 à 7 millimètres de diamètre, de couleur rouge ou blanc jaunâtre, couronnées par les restes desséchés d’un calice quinquéfide. Elles contiennent une pulpe très-succulente , à suc doux et acidulé, et de nombreuses graines attachées par de longs funiculesàdeuxplacentas pariétaux, placés vis-à-vis l’un de l’autre. Ces graines sont ovales, comprimées, entourées d’une substance mucilagineuse.
Les Groseilles rouges sont plus acidulés que les autres variétés. Ce sont elles qu’on doit employer pour l’usage pharmaceutique. Elles contiennent du sucre, de la pectine, du mucilage, et, en proportions sensiblement égales, de l’acide citrique et de l’acide malique.
OMBELLIFÈRES
Les droguiers renferment un assez grand nombre de fruits d’Ombellifères, employés soit à cause de leur odeur aromatique, soit à cause des principes actifs qu’ils contiennent. Ces fruits sont tous très-caractérisés tant par leur aspect extérieur que par leur structure.
Ils sont formés de deux carpelles (lîg. 128) monospermes,
DES FRUITS. — OMBELLIFÈRES
indéhiscents, qu’on nomme méricarpes et qui se séparent trèssouvent l’un de l’autre à la maturité. Une colonne centrale qu’on
appelle columelle ou carpophore supporte ces deux moitiés du fruit : tantôt elle reste entière, le plus souvent elle se divise en deux du haut vers le bas, et chaque branche supporte alors un méricarpe.
Cette columelle ne se retrouve pas toujours dans les fruits de nos droguiers, les méricarpes en étant complétementséparés.
Les fruits d’Ombellifères sont enveloppés par le tube du calice, qui est adhérent, et surmontés par le limbe de ce calice,
qui est tantôt à o petites dents, quelquefois réduit à un bourrelet entier. En outre, le sommet du fruit porte d’ordinaire le style souvent épaissi à la base en stylopode et terminé par deux branches stigmatiques.
Chacun des méricarpes présente une face dorsale plus ou moins convexe et une face commissurale, plane ou concave, par laquelle il se réunit à l’autre carpelle. La face dorsale {fig. 129, 1) est marquée de 5 côtes plus ou moins développées, qui représentent les lignes de suture des bords des sépales et leur nervure médiane. Ce sont les côtes primaires. Parfois d’autres côtes se développent entre elles ; elles sont appelées côtes secondaires. Toutes ces côtes sont séparées par des intervalles , qu’on a nommés des vallécules, et dans le fond de ces vallécules on aperçoit des lignes brunes qui sont des canaux longitudinaux, appelés bandelettes^ renfermant de l’oléo-résine et placés dans l’intérieur du péricarpe. La face commissurale {fig, 129, 2) porte la trace ou les restes du carpophore et présente souvent de chaque côté une ou plusieurs bandelettes.
Fig. 129.
Fig. 128.
OMBELLIFÈRES
Plus profondémentj on trouve la graine composée d’une enveloppe assez mince, soudée le plus souvent avec la partie in-
terne du péricarpe, et d’un albumen corné ou huileux, épais, plane ou concave du côté de la commissure, renfermant un petit embryon droit.
Fig. 130. — Coupe transversale d’un fruit de Fœniculum dulce DC. — E. Épicarpe M. Mésocarpe; VF. Faisceaux fibro-vasculaire ; C. Bandelette; P. Cellules aplaties limitant la bandelelte ; T. Parenchyme à petites cellules placé sur un des côtés de la bandelette R. Enveloppes de la graine; A. Albumen.
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La structure des fruits d’Ombellifères est intéressante en ce qu’elle nous montre le siège des principes qu’on recherche dans
ces organes. Le péricarpe 130 et 131) est généralement formé de trois couches assez distinctes ; 1“ une couche extérieure épidermique (E), recouverte d'une cuticule; 2° une portion moyenne (M) , plus développée , formée d’un parenchyme cellulaire au milieu duquel on voit au niveau des côtes primaires des faisceaux fihro-vasculaires (FV) qui se dirigent de la base du fruit vers le sommet ; 3“ une couche interne plus ou moins développée de cellules plus petites, le plus souvent unies à la couche qui forme l’enveloppe de la graine (R).
C’est dans le parenchyme et vers cette portion interne qu’on remarque les parties les plus intéressantes du fruit des ombellifères. 131. C’est là que sont les ban-
delettes {vittœ) ou canaux oléo-résinifères (C). Sur la coupe transversale, ces canaux se montrent comme des lacunes oblongues ou plan-convexes.
Fig. 131. — Coupe longitudinale d'un fruit de Fœniculum ilidce D C. — M. Mésocarpe; C. Bandelette; P. Cellules limitaut la bandelette; T. Parenchyme placé à l’extérieur dé la bandelette; A. Albumen.
OMBELLIFÈRES
entourées d’un certain nombre de couches de cellules (P) aplaties, brunes, analogues aux cellules subéreuses. Sur la coupe longitudinale, on voit que ces canaux s’étendent du haut en bas du fruit; parfois cependant ils s'oblitèrent vers le sommet et vers la base. Leur cavité longitudinale est rarement tout à fait continue ; le plus souvent on voit de distance en distance de minces cloisons transversales tendues entre les parois verticales. Ces cloisons sont très-évidentes par exemple dans les fruits du Persil, dans celui de Fenouil, etc. Dans certains cas, ces bandelettes n’existent pas, les principes actifs sont alors renfermés dans une couche spéciale, comme nous le verrons l’article des fruits de Ciguë.
L’amande de la graine (A), ou l’albumen et l’embryon réunis sont formés l’un et l’autre d’un parenchyme à cellules polygonales, à parois assez minces, remplies de gouttelettes d’huile et d’une matière granuleuse azotée.
Les principes les plus généralement répandus dans les fruits d’Ombellifères sont : dans les canaux du péricarpe, une substance oléo-résineuse, dont on retire par distillation une huile essentielle; dans l’amande, une matière grasse. Dans certains fruits, ceux de Ciguë et de Persil par exemple, on trouve en outre des substances actives spéciales.
Les fruits d’Ombellifères se ressemblent beaucoup et il faut un examen attentif pour distinguer entre eux môme le petit nombre de ceux qu’on trouve dans nos droguiers. Les caractères ne manquent pas cependant pour leur détermination : la présence ou l’absence de côtes secondaires ; l’aspect des côtes lisses, hérissées d’aiguillons ou de poils, ou crénelées ; leur saillie plus ou moins marquée et parfois leur développement en aile ; la forme du fruit comprimé par le dos ou par le côté, ou à section sensiblement orbiculaire; le nombre des canaux oléorésinifères qu’on peut remarquer dans les vallécules, sont tout autant de moyens de détermination qu’emploient les botanistes, et que nous utiliserons dans la description des fruits et
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aussi pour dresser le tableau suivant, qui résume leurs signes distinctifs :
I. Méricarpes pourvus de 5 côtes primaires et de 4 secondaires.
Fruit comprimé par le côté; côtes primaires armées d’aiguillons placés sur un rang; côtes secondaires hérissées de soies
Fruit globuleux, sans aiguillons ; côtes primaires déprimées , flexueuses ; côtes secondaires,
plus saillantes, carénées ....
Fruit oblong, légèrement comprimé par le dos, à côtes hérissées de poils