BAIES DE GENIÈVRE
Fnictus Junijyeri. GalbuH seu Baccœ Juniper i.
Sous le nom de Baies de CJeiiièvrc on désigne assez improprement les cônes mous ou malacônes du Genévrier ordinaire {Juniperus communis L.), qui croît dans toute la région septentrionale de l’hémisphère boréal, et qui vient aussi, sous forme d’arbrisseaux dans les montagnes du Midi. On recueille ces fruits à la maturité, c’est-üi-dire vers la fin de la seconde année de leur apparition, alors qu’ils ont pris une couleur bleu- violacé noirâtre.
Ces fruits sont globuleux, de 8 â 10 millimètres de diamètre, portés par un tout petit pédoncule sur lequel sont quelques bractées squamiformes très-courtes, et marqués au sommet de 3 petites écailles, circonscrivant un petit espace triangulaire coupé de 3 petites fentes disposées en étoile. Le fruit est couvert d’une poussière glauque; il contient, au-dessous de l’enveloppe extérieure bleu-noirâtre, une pulpe charnue d’un vert plus ou moins foncé parcourue par des canaux oléorésinifères et des faisceaux fibro-vasculaires. Au milieu se trouvent trois graines., triangulaires, ovoïdes, qui dans leur partie inférieure sont soudées avec le péricarpe, et qui sont libres dans leur moitié supérieure. Ces graines portent à leur surface, et surtout sur la partie dorsale, un certain nombre de grosses glandes oléo-résinifères. Elles contienne nt sous leurs enveloppes un albumen et un embryon dans l’axe de cet albumen.
Les diverses portions présentent la structure suivante. La couche extérieure du péricarpe est formée au-dessous des cellules transparentes de l’épiderme de deux lignes de cellules
DES FRUITS. — CONIFÈRES
carrées, remplies d’une matière granuleuse d’un brun foncé et de larmes de résine. La pulpe charnue est un tissu parenchymateux contenant une matière brune verdâti-e ; avant la maturité, on y trouvait de la chlorophylle et de la fécule. Les lacunes oléorésinifères y sont assez nombreuses et assez régulièrement distribuées. L’endocarpe, dans la partie supérieure, est formé de petites cellules, allongées radialement et qui ressemblent à de toutes petites papilles; à la partie inférieure, cet endocarpe se confond avec les enveloppes des graines.
Ces dernières ont une première enveloppe extérieure formée de nombreuses cellules placées sur plusieurs rangs et allongées en forme de papilles radiantes ; c’est sur cette couche que se trouvent les grosses glandes, limitées par des séries de petites cellules aplaties et contenant de l’oléo-résine, d’abord fluide, qui se durcit ensuite peu à peu et pénètre les tissus environnants. L’enveloppe interne de la graine est un tissu de cellules remplies de matière colorante brune. L’albumen et l’embryon contiennent un corps gras et de petits granules qui se colorent en jaune par Tiode.
L’odeur des baies de Genièvre est aromatique et résineuse ; la saveur forte, résineuse, amère et légèrement sucrée. Les fruits mûrs contiennent moins d’huile essentielle que les fruits verts, mais l’odeur et la saveur sont plus agréables (1). On y trouve, en outre, de la résine et du glucose en assez forte proportion (jusqu’à 33 p. 100 d’après Trommsdorh).