DES RACINES (RADICES
Les organes souterrains des végétaux sont de nature variée. Les uns se rapportent au système qu’on a appelé descendant et constituent ce qu’on a appelé la Racine ou ses ramifications ; les autres, connus sous le nom de Rhizomes, appartiennent au système ascendant qui porte le nom général de tige.
La véritable racine est l’espèce de pivot qui, lors de la germination, s’est formée dans la direction de la radicule et qui n’en est que le développement. C’est la racine principale, la partie que les auteurs allemands désignent sous le nom de Hauptwurzel. Elle peut rester simple, donnant seulement de petites fibrilles radicales à sa surface, comme dans la Carotte et le Navet [fig. 195, 196), ou se diviser en ramifications plus ou
Fig. 195. Fig. 199. Ftg. 197.
moins fortes, ou plus et moins nombreuses [fig. 197).
D’autres fois, le pivot central ne s’est point développé, les
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racines se détachent alors, soit de la base de la tige aérienne, soit des tiges souterraines : ces racines, qui rappellent les autres par leur aspect, mais qui en dillerent par leur point d’émergence , sont appelées racines adventices {fi g. 198 b), {Nebemv arzel des auteurs allemands).
Parfois, du collet de la plante se séparent des organes particuliers, qui sont destinés porter à une certaine distance du pied primitif un nouvel individu :
telle est, par exemple, la végétation des violettes d’odeur. Ces cou- Fü/. i98.
lants, ou stolons, peuvent être souterrains ;
c’est le cas des stolons {Auslaüfer ,
Fig. 199.
des Allemands), de la Réglisse, de la Saponaire, de la Garance, etc. Ils viennent dans nos droguiers, mêlés aux racines
DES DACINES.
de la plante, cl nous les décrirons en même temps que ces organes et sous le nom commun de quoique, en réalité, ils appartiennent au système des tiges.
Quant aux Rhizomes proprement dits, on ne saurait les confondre avec les racines. Ils s’en distinguent {fig. 199) par la présence à leur surface d’organes appendiculaires foliacés, qui caractérisent les tiges, tant souterraines qu’aériennes. Ces organes peuvent être très-peu développés, parfois ils ne laissent que des traces, même peu distinctes; mais il est rare qu’avec un peu d’attention on ne les découvre pas et qu’ils n’éclairent pas l’observateur sur la véritable nature de l’organe soumis it son examen (1). Des bourgeons {fig. 198 c), ou du moins leur trace, se remarquent aussi sur ces Rhizomes : ils sont toujours placés à l’aisselle des écailles foliacées et se distinguent par cette position bien déterminée des bourgeons qui peuvent accidentellement se produire sur les racines.
En outre les Rhizomes se trouvent très-souvent dans les droguiers recouverts ùe?, racines adventives, dont ils sont le point d’origine : parfois même ces racines forment la masse du médicament et sa partie la plus active : nous n’en rangerons pas moins ces drogues simples dans la catégorie des Rhizomes, chaque fois que cette portion des organes souterrains y sera évidente et formera l’axe ou le point de départ des autres éléments. C'est ainsi que les Rhizomes des Serpentaires de Virginie, et d’Asclépias rentreront dans cette division, bien que les organes appendiculaires représentés par les racines adventives forment la plus grande partie de la substance.
Les racines, une fois distinguées des Rhizomes par les caractères précédents, il reste à trouver les moyens les plus sûrs et les plus rationnels de les distinguer entre elles. C’est ici que
(I) A cause de cette difficulté, souvent très-grande dans les échantillons de droguiers, nous engagerons toujours à rechercher dans le chapitre des Rhizonies les articles qui ne seraient pas compris dans le chapitre des Racines et vice versa.
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les curactères anatomiques prennent, comme nous l’avons indiqué dans notre inlroduction, une importance prépondérante, et c’est sur eux que nous nous fonderons tout d’abord.
Deux parties distinctes sont toujours reconnaissables dans les racines : une zone périphérique corticale, une portion centrale ou ligneuse entourant parfois un tissu cellulaire qui représente une moelle.
Dans les racines de Monocolylédones {(iy. 200) le tissu ligneux, composé de cellules libreuses /' plus ou moins incrustées et de vaisseaux, forme un cercle continu cl, qui n’est point interrompu
Fiy. 200.
Fig. 201 .
par les prolongements qu’on a désignés sous le nom de rayons médullaires. Ce cercle ligneux est assez vaguement délimité du côtéinterne autour d’une masse cellulaire centralem. Extérieurement, il estenvironné par une ligne de cellules /i fortement liées entre elles, à parois généralement épaissies, qu’on appelle la couche protectrice, et que les auteurs allemands nomment Kernscheide . La portion corticale est uniquement cellulaire s,p et adhérente au bois.
Cette structure caractérise bien les racines des Monocotylédones employées dans nos pharmacies et permet de les distin-
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