RACINE DE RATANHIA
lüadix Eatanhiæ.
Le Kataniiia des pliarmacies est la racine du Krameria tnandra Ruiz et Pavon, qu’on rapporte à la famille des Polygalées. Il nous vient du Pérou.
Tel qu’on le trouve dans les pharmacies, il est en fragments courts et épais divisés en grosses ramifications; ou bien encore ces ramifications sont complètement isolées et se présentent en morceaux de 15 à 20 centimètres de long, sur 5 à 8 millimètres de diamètre. Ces racines sont rarement tout à fait droites : le plus souvent elles sont ondulées dans divers sens. La surface
Planchon. — Drogues simples, 29
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extérieure est une écorce brune presque noirâtre, marquée de fentes transversales qui d’ordinaire ne pénètrent point toute l’épaisseur de l’écorce. Cette surface est en outre rendue raboteuse par la chute de petites portions plus ou moins épaisses, qui s"en détachent de manière à mettre en évidence les couches sous-jacentes de couleur rougeâtre. La cassure du Ratanhia est courtement fibreuse dans la portion corticale. Elle est inégale dans le bois et met en évidence de grosses fibres.
La coupe transversale {fig. 206) montre une écorce brune relativement mince ayant environ les 2/5 du rayon total . Elle entoure un cercle ligneux finement strié dans le sens du rayon, de couleur jaune-cannelle, par conséquent beaucoup plus pâle que l’écorce.
Les couches superOcielles, qui se détachent fréquemment de la racine, sont formées {fg. 206) d’une sorte de tissu subéreux s, â nombreuses cellules tabulaires, contenant surtout vers l’extérieur des masses irrégulières ou des larmes arrondies d'une matière résineuse, d’une belle couleur rouge par transparence. A ces couches succède un parenchyme P de cellules légèrement étendues dans le sens transversal, et qui se confondent peu à peu avec les larges rayons médullaires r qui sillonnent très-ir-
Fig. 206.
Fig. 206. — Coupe trans-vcrsale du Ratanhia officinal : s, suber ; p, couche moyenne de l’écorce ; r, grosses cellules remplies d’amidon représentant des rayons médullaires] de l’écorce; l, faisceaux libériens; c, cambium; r»i, rayons médullaires du bois; fv, tissu ligneux avec ouverture des vaisseaux.
RACINE DE RATIIANIA.
régulièrement l’écorce. Entre ces rayons médullaires, qui contiennent, comme le parenchyme précédent et comme les cellules internes du suber, de gros grains d’amidon, on voit des faisceaux / de cellules libériennes, qui forment des stries assez minces depuis la zone ligneuse. Ces faisceaux contiennent cbacun 4 à 5 de ces cellules, à diamètre peu considérable, à parois épaisses laissant à peine une cavité visible. Les faisceaux, suivis dans leur longueur, paraissent comme des lignes ondulées, qui se rapprochent les unes des autres et s’anastomosent même quelquefois entre elles. Tous ces tissus sont plus ou moins colorés en brun. Le bois contient de très-minces rayons médullaires à cellules très-petites dirigées dans le sens du rayon. Entre ces rayons de couleur un peu plus foncée que le reste du tissu, on voit de nombreuses cellules fv ligneuses, à parois épaisses ponctuées, serrées les unes contre les autres et contenant de nombreux vaisseaux rangés en cercles concentriques assez réguliers. On ne distingue pas de moelle centrale.
L’écorce du Hatanhia a une saveur astringente avec un peu d’amertume. Le bois n’a cette saveur qu’à un très-faible degré.
On trouve dans le llatanbia du tannin une matière colorante rouge, une espèce de sucre, de la gomme, de la fécule et un ki'améy'ique , mal déterminé.
La racine de Ratanbia dont nous venons de parler est la racine officinale , mais depuis quelque temps on a reçu dans le commerce certaines autres sortes, qui méritent une étude attentive.
Les deux plus importants sont le Batanhia *le Savanillc et le Batanliia «lu Brésil OU «lu Para.
Le Batanliia «le Sayanille OU «le la ]^ou'¥clle-€Jreiia«le est
produit, dans cette dernière contrée, par nuKrameria très-voisin du Kr. Ixina et que MM. Triana et Plancbon ont décrit comme une simple variété de cette espèce sous le nom de Kr. Ixina var. qi'anatensis. Ce Ratanbia est en morceaux généralement courts,
DES RACINES. — POLYGALEES.
lorlucux, ramifiés, fi ramifications latérales moins fortes que dans le Hatanhia du Pérou. L’écorce est d’un gris violacé, mat, très-particulier. Elle est ridée longitudinalement et marquée de distance en distance de fentes transversales qui pénètrent toute sa profondeur jusqu’au bois. Cette écorce est assez adhérente, et ne se desquame pas à sa surface en petites esquilles semblables à celles du Ralanliia du Pérou ; aussi, dans l’intervalle des fentes, n’est-elle point raboteuse. Parfois des plaques se détachent dans les gros morceaux; elles sont alors beaucoup plus épaisses et beaucoup plus larges que dans le cas du Hatanhia officinal.
La coupe transversale montre une écorce brune rougeâtre relativement plus épaisse que dans le Hatanhia du Pérou, puisqu’elle atteint plus de la moitié du rayon total dans les petites racines.
La structure microscopique rappelle celle du Hatanhia du Pérou et nous nous contenterons, pour ne pas revenir en détail sur ces caractères, d’indiquer les différences entre les deux sortes. Tout d’abord la zone extérieure ou subéreuse est beaucoup plus dense, formée de cellules beaucoup plus aplatiesetplus appliquées les unes contre les autres ; elles sont fortement colorées en brun noirâtre et remplies d’une matière colorante qui paraît rouge par transparence. La zone qui vient au-dessous et qui est formée de cellules assez grandes remplies d’amidon, est beaucoup plus épaisse ; la zone interne ou libérienne a des rangées de cellules fibreuses plus étroites, mais beaucoup plus régulières, qui forment des stries beaucoup plus marquées sur la coupe transversale.
Le Hatanhia de Savanille a une saveur astringente légèrement amère.
Le Ralanliia du Brésil OU du Para, désigné par M. Cotton sous le nom de Ralanliia des Aniiiies, ressemble assez au premier abord au Hatanhia de Savanille. 11 s’en distingue cependant par sa couleur, qui n’est point violacée, mais d’une teinte sombre, brune ou noirâtre. Il est en fragments longs, d’épaisseur
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assez uniforme, de 5 à 8 millimètres de diamètre, ridés longitudinalement, marqués de fentes transversales profondes, tantôt larges, tantôt très-minces, et parfois à peine marquées. Sur la coupe transversale, l’écorce est plus épaisse encore que dans le lîatanhia de Savanille, elle atteint parfois le diamètre de la partie ligneuse. Le bois est d’un jaune fauve pâle.
La structure anatomique rappelle celle du Ratanhia de la Nouvelle-Grenade; la zone moyenne de l’écorce contenant de très-gros grains d’amidon est formée de cellules encore plus grosses que celles du Ratanhia de Savanille ; cette zone est limitée intérieurementparlazone libérienne dont les cellules sont beaucoup plus petites et parsemées assez régulièrement de grosses fibres libériennes très-épaissies. Les rayons médullaires du bois sont moins marqués et moins colorés que dans les sortes précédentes.
M. Cotton avait distingué deux formes dans ce Ratanhia : la forme à surface noire, caractérisée par la couleur foncée de son écorce et ses fentes transversales très-marquées : la forme hrune, à surface brunâtre, ridée fortement dans le sens de la longueur, ne présentant presque pas de fentes longitudinales. Mais on observe tous les passages entre ces deux formes, et M. Flückiger les a réunies à juste titre sous le nom commun de Ratanhia du Brésil ou du Para, que Ot. Berg leur avait déjà donné, et qui rappelle la patrie de cette racine.
Nous ne citons que pour mémoire un Rataniiia du Texas produit par le Krameria secundi/lora II. et qui est arrivé du Mexique, du Texas et de l’Arkansas. Il est remarquable par son écorce, qui est plus épaisse que le bois, noirâtre à la surface, fendue transversalement et longitudinalement, à la fois astringente et amère. Ce n’est point une sorte commerciale et qui mérite une plus grande attention.
En résumé les trois espèces principales qu’on trouve dans le commerce présentent de très-grands rapports d’aspect, de structure et de composition. Il est facile de les distinguer à l’aspect
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extérieur seul; leur couleur est le caractère saillant ; le Katanhia «lu P«*rou a line écorce rouge;
Le llataiihia «le la Xouvelle-CJ reiia«le est gl’is violet ;
Le iiataiiiiia «lu Para a uiie couleur mate Aariant du brun
au noir.
CARYOPHYLLÉES.