‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 434 sur 580 · POLYGALA DE VIRGINIE · texte numérisé non relu

POLYGALA DE VIRGINIE

Racine de Polygala de Virginie. — Uadix Senegæ. Radix Polygalæ Senegæ.

Le Polygala de Virginie est la racine du Polygala Senega L., qui croît dans les forêts de l’Amérique du Nord, depuis le Canada jusque dans le sud des États-Unis. Ce Polygala arrive dans le commerce en morceaux irréguliers, tordus sur eux mêmes, portant à la partie supérieure une tête épaissie, divisée en rameaux tout recouverts par la base de nombreuses tiges. De celte tête part la véritable racine d’un diamètre variable entre 5 à 10 millimètres, et d’une longeur de 7 à 10 centimètres. Elle est remarquable par la torsion qu'elle présente en divers sens, et en même temps par une sorte de bride ou crête en angle saillant, qui court tout le long de sa concavité. La portion convexe de la racine, opposée à cette bride, est le plus souvent couverte d’épaississements semi-annulaires, qui sont séparés par des sillons très-profonds, pénétrant même parfois jusqu’au bois. Ces impressions sont surtout marquées vers le

DES RACINES. — POLYGALÉES.

haut de la racine; dans les parties plus inférieures, on ne distingue d’ordinaire que des fentes assez espacées, et ce qui frappe leplus les yeuxcesontlesrideslongitudinales qui courent le long de l’écorce. On remarque en outre très-souvent à la surface des élevures ou de petites tubérosités, qui sont quelquefois des simples renflements du tissu subéreux, mais qui leplus souvent contiennent en leur milieu la base d’une fibre radicale. La couleur de la surface varie du gris brun au gris, rougeâtre.

Le Polygala a une cassure nette, au moins dans la partie ligneuse. Cette cassure met en évidence une écorce assez épaisse, ayant souvent plus de la moitié du rayon total. Cette écorce de couleur généralement brune paraît à la loupe striée dans sa partie interne par des rayons médullaires blanchâtres. Le bois qu’elle entoure est d’une couleur blanc jaunâtre, qui tranche nettement avec la teinte beaucoup plus foncée de l’écorce.

Ce bois est formé d’un cylindre de tissu ligneux, mais qui présente suivant les points de la racine que l’on examine des particularités très-curieuses. De larges fentes se produisent en effet dans ce cylindre, principalement sur la face opposée à la bride de l’écorce, et ces fentes sont remplies d’un tissu cellulaire, tout différent par sa structure du tissu ligneux. Ces intervalles deviennent parfois très-larges, ils se réunissent, et empiètent sur le cylindre de bois de façon à former des secteurs qui occupent le tiers, ou môme parfois plus de la moitié de la surface circulaire. Il en résulte sur les coupes transversales des aspects trèsvariés qu’on peut observer à la loupe ou même â l’œil nu.

Les divers tissus qui se groupent pour former la racine sont : 1° dans l’écorce une zone de tissu subéreux, au-dessous de laquelle se trouve un parenchyme à cellules allongées dans le sens de la circonférence et remplies de gouttelettes huileuses. Ce tissu est surtout développé dans les portions convexes de la racine, â l’opposé de la bride qui court sur la concavité. Il disparaît complètement au voisinage et dans l’intérieur de cette bride, qui est uniquement formée du tissu de la zone interne ou libé-

RACINE DE RATANIIIA.

Tienne. Celte dernière zone contient un grand nombre de cellules d'un diamètre assez faible, à parois peu épaisses, allongées dans le sens de Taxe de la racine, assez courtes cependant et très-obscurément terminées en biseau. Ce tissu est traversé par des rayons médullaires étroits, qui se prolongent fort avantdans l’écorce et pénètrent jusqu’à la pointe de la bride angideuse. Les cellules de ces rayons sont ellipsoïdes, allongées dans le sens du rayon et contiennent des gouttelettes d’huile.

Quant au bois, séparé de l’écorce par une mince couche de cambium, il est formé, dans son véritable tissu ligneux, de nombreux vaisseaux ponctués disposés en cercles concentriques réguliers, et entourés de cellules ligneuses, à parois épaisses. De minces rayons médullaires le parcourent du centre à la circonférence. Dans les intervalles que nous avons signalés plus haut se trouvent à la fois des rayons médullaires et un parenchyme qui rappelle celui que nous avons décrit en dehors de la zone libérienne.

Le Polygala a une odeur faiblement nauséeuse : sa poudre est très-irritante : sa saveur est âcre et excite la salivation. Il contient un principe âcre, qu’on a nommé Sénégine ou acide Polxygalique ^ et qui est peut-être de la Saponine.

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