‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 470 sur 580 · IPÉGACUANHAS STRIÉS · texte numérisé non relu

IPÉGACUANHAS STRIÉS

Radix Jpecacumihœ nigra scu striata.

Pendant longtemps on n’a mentionné qu’une sorte d’ipécacuauiia strié, OU plutôt on a confondu sous ce nom les deux espèces distinctes que nous allons décrire.

1° La première, qui est produite par lé Psycothria emetica Mutis, de la Nouvelle-Grenade, est V Ipécacuanha glycyrrhizé de Lemery, V Ipécacuanha glycyplœa de Yogi. Elle est arrivée récemment à la pharmacie centrale sous le nom Ipécacuanha violet. On l’a aussi appelée quelquefois dans le commerce Ipécacuanha de Carthagène. Nous l’avons décrite récemment sous le nom d’IpÉCACUANnA strié majeur.

Ses caractères extérieurs sont un peu variables : il est cependant en général en fragments assez longs, de 5 à8 millim. de diamètre, souvent colorés en brun, striés dans le sens de la longueur. Sa cassure, cornée dans la partie corticale, montre souvent dans cette zone une couleur violacée qui devient presque noire dans certaines circonstances. Le méditullium ligneux {fîg. i226) est variable d’épaisseur; il peut parfois devenir assez gros. Dans l’eau, l’écorce se gonfle considérablement. La saveur souvent fade est parfois un peu douceâtre.

Sous le microscope {fîg. 227), cetteespèce se caractérise trèsnettement par l’absence complète de grains d’amidon, nonseulement dans les fibres ligneuses mais aussi dans la portion corticale. Les tissus de cette zone sont donc faciles à observer : on y voit au-dessous de cinq à six assises e de cellules tabulaires, de très-grosses cellules c polygonales allongées surtout dans le sens tangentiel, et contenant çà et là des raphides. A mesure qu’elles approchent de la partie ligneuse, les cellules se rapetissent c' , deviennent d’égal diamètre, et elles sont enfin limitées par une légère couche de cambium. Toute cette écorce est remplie d’une matière amorphe, soluble dans l’eau, qui réduit

IPÉCACUANIIAS STRIÉS.

les réactifs cupro-potassiqiiessans exercer cependant aucune action sur la lumière polarisée.

Le méditullium ligneux se compose de cellules ligneuses l en séries rayonnantes, entre lesquelles se disposent assez régulièrement des vaisseaux v à ouverture étroite, ne dépassant guère le diamètre des cellules du bois.

Cette espèce d’Ipécacuanlia est très-peu riche en émétine :

d’après une analyse de M. Atfield, elle en contiendrait seulement 2,75 p. ICO.

2° Une autre sorte que j’ai nommée IrÉCACUANnA strié

Fig. 22C.

Fig. 227.

MINEUR est celle qui a été analysée par Pelletier sous le nom di Ipécacnanha des Mines d’or, et aussi ([’ I pécacuanha strié. Elle ost produite par une plante encore inconnue.

Les fragments en général assez courts qui forment cette sorte ■ont une épaisseur moindre que celle de la précédente. La couleur est d’un gris-noirâtre, quelquefois un peu brune. Les stries lon-

Fig. 226. — Coupe transversale de ITpéca strié majeur, montrant l'ensemble de la structure.

Fig. 227. — Portion de la même coupe montrant les détails des divers tissus, e, cellules du suber. — c, couche mojenne. — c’, couche interne de l’écorce. — r, raphides. — .u, vaisseaux. — l, fibres ligneuses.

Planchon. — Drogues simples. 32

DES RACINES

COMPOSÉES

giluclinales de la surface sont très évidentes, les étranglements circulaires sont plus nombreux. Parfois les fragments sont comme formés de renflements pyriformes placés bout à bout; d’autres fois ils sont irrégulièrement cylindriques sur presque toute leur longueur et assez fortement sillonnés parle fait de la dessiccation. La couleur de l’écorce intérieure est assez variable, parfois d'un blanc sâle, le plus souvent cependant brunâtre, ou d’un bleu plus ou moins noirâtre. Le méditullium est jaunebrun et marqué de nombreux orifices visibles à la loupe.

Sous le microscope, on observe ; une zone formée de sept à huit rangées de cellules tabulaires fortement aplaties; une seconde zone épaisse, formée de cellules à parois irrégulières, sinueuses, toutes remplies d’amidon et contenant çà et là des paquets de rapbides; enfin une zone libérienne à fibres étroites, irrégulières dans leur contour.

Le méditullium ligneux se distingue immédiatement de celui de V Ipécacuanha strié majeur par la dimension des vaisseaux qui donnent un aspect poreux à cette partie de la racine et qui tranchent nettement au milieu des cellules ligneuses qui les entourent.

L’Ipécacuanlia strié mineur contient, d’après les analyses de Pelletier, 9 p. 100 de matière vomitive.

COMPOSÉES

Les parties souterraines des plantes appartenant à la famille des Composées sont ou des Rhizomes, munis de leurs racines adventives, comme ceux del’Arnic.a et l’Armoise, que nous étudierons dans le chapitre suivant, ou des Racines, que nous allons décrire.

Tous ces organes sont remarquables en ce qu’ils ne contiennent pas de fécule, mais une substance particulière, ayant la même composition chimique que la fécule avec des propriétés physiques, qui permettent de la reconnaître fiicilement. C’est

COMPOSEES

VInuhne. Elle est soluble ou du moins transparente dans le suc aqueux des cellules; aussi la voit-on difficilement dans une tranche mince de la racine fraîche. Mais lorsque celle-ci a perdu unepartiede son eau par la dessiccation, l’Inuline apparaît dans les cellules sous formes soit de grains {fig. 228 F), soit de petites

Fig. Tli.

lames amorphes vitreuses, soit de fines particules cristallines D. Lorsque la racine a trempé quelque temps dans l’alcool absolu ou dans la glycérine, on voit alors de nouvelles formes se produire; ce sont des amas sphériques (B. Z»c), formés de petits éléments cristallins placés bout à bout en séries radiales qui divergent

Fig. 228. — Formes diverses de l’Inuline A, séparée d’une dissolution aqueuse. — B, C, D, E, F, dans les cellules de diverses Composées.

DES RACINES. — COMPOSEES

du centre vers la surface de la sphère; l’Inuline se présente alors en ce qu’on appelle des sphéi'o-cristaux. Tantôt ces masses sont renfermées plusieurs ensemble dans les parois d’une même cellule B, tantôt un grand sphéro- cristal envahit plusieurs cellules à la fois (E. G) sans que les parois de séparation aient été un obstacle au groupement régulier des molécules. — On peut aussi obtenir l’Inuline en quantité considérable du suc de certaines Composées. Au bout d’un certain temps, il se forme dans ce liquide un précipité granuleux, qui, repris par l’eau, se dissout et donne ensuite des sphéro -cristaux (A) très-remarquables,

L’Inuline, à part son aspect particulier, se distingue de la Fécule en ce qu’elle ne se colore pas en bleu par la teinture d’iode. Ce réactif pénètre la substance, mais sans lui donner d’autre coloration que la teinte jaune qui lui appartient en propre.

Les diverses racines de Composées appartiennent aux trois grandes divisions établies dans cette famille : Cliicoracées, Garduacées et Corymbifères.

Celles de la section des Cliicoracées sont caractérisées par la présence de vaisseaux laticifères très-nombreux qui forment dans l’écorce un nombre plus ou moins considérable de séries

circulaires. Leur suc, laiteux à l’état frais, brunâtre à l’état sec, leur donne une saveur amère caractéristique. — Deux racines seulement appartiennent à cette division : elles se distinguent facilement entre elles :

L’une est en morceaux cubiques, blancs, généralement striés de lignes brunâtres : c’est la Racine de Chicorée.

L’autre est en morceaux cylindriques, dont l’écorce est parcourue de nombreux cercles concentriques bruns : c’est la

Racine de Pissenlit.

Dans la tribu des Carduacées, on distingue également deux racines officinales bien différentes l’une de l’autre.

La première ne contient pas de glandes oléo-résineuses, elle

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