‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 484 sur 580 · JALAP TUBÉREUX · texte numérisé non relu

JALAP TUBÉREUX

Vrai Jalap. Jalap. — Tuber Jalapæ. Radix seu Caudex Jalapœ tuberosœ vel ponderosæ.

Le vrai •i.'ilap est la racine tubéreuse principale, ou les racines renflées qui naissent des tiges radicantes de Vlpomœa Put'ga Hayne {Exogonium Purga Bentham , Ipomœa Jalappa Nuttal, Convolvulus officinalis Pelletan). Cette espèce est originaire de la zone tempérée du Mexique. Elle est maintenant cultivée dans un certain nombre de localités européennes et de jardins botaniques.

Le «lalap se présente en tubérosités de dimensions variées : les gros morceaux atteignant jusqu’à 10 centimètres de long sur 4 ou O de large ; les petits pouvant ne pas dépasser le volume d’une grosse noix. Ces derniers sont généralement entiers, tout au plus entaillés à la surface. Les gros morceaux sont souvent ou fendus profondément, ou même coupés en quartiers pour faciliter la dessiccation. La surface extérieure est rugueuse, mar-

JALAP TUI3ÉREUX.

ol9

quée de rides longitudinales et çà et là de verrues subéreuses. Elle est parfois d’un jaune brun-clair, le plus souvent, surtout dans les gros morceaux qui ont été exposés au feu et à la fumée, d’un brun presque noirâtre. Les tubercules sont denses, et, lorsqu’on les casse au marteau, on obtient une surface qui n’est ni ligneuse, ni fibreuse, mais nette, tantôt comme cornée, tantôt d’apparence amylacée; la couleur est suivant les cas d’un blanc pur ou plus ou moins sale ; en tout cas, on distingue nettement des cercles concentriques, de couleur foncée noirâtre.

Une coupe transversale montre de dehors en dedans :

1° Tout d’abord une zone corticale, ayant une largeur de 1 à 2 millimètres, séparée de la zone centrale par une ligne obscure de cambium. Cette écorce est riche en matières résineuses, contenues dans de grosses cellules qui se groupent surtout en cercle dans le voisinage du cambium.

2° Le bois proprement dit, dont nous avons déjà indiqué Tapparence générale à propos de la cassure du Jalap.

Quant à la structure, elle présente les caractères suivants : L’écorce est formée extérieurement de 10 à 12 rangées de cellules subéreuses dont les plus extérieures sont fortement colorées en brun. Au-dessous se trouve un parenchyme assez irrégulier de cellules étendues dans le sens tangentiel ; dans les cellules les plus extérieures de ce parenchyme et dans les plus internes et non colorées du suber, on trouve des larmes de matière brunâtre et résineuse et d’assez nombreux cristaux d’oxalate de chaux en rosette. On y remarque, en oulre, soit des grains d’amidon réunis 5 ou 0 ensemble, soit une sorte d’empois colorable par l’iode. Ce dernier cas est le plus fréquent dans les gros tubercules, qui ont été exposés à l’action de la chaleur et dans lesquels la fécule a subi la transformation, que produit toujours sur elle une température élevée.

Le parenchyme cortical contient en outre, surtout vers la partie interne, de grosses cellules à parois jaunâtres, ayant

o20 DES RACINES. — CONVOLVULACÉES.

de un di.viôme à un cinquième de millimèlre de diamètre et renfermant de grosses lames de résine qui, sur les préparations microscopiques, paraissent comme une matière mucilagineuse incolore. Ces grosses cavités ou cellules se groupent surtout vers la zone de séparation de Técorce et du bois, de manière à figurer une sorte de cercle presque continu.

La ligne de cambium est formée de cellules sans amidon, étendues dans le sens de l’axe, de couleur brune, et contenant çî\ et là des groupes de vaisseaux ponctués à ouverture assez grosse, peu étendus dans le sens longitudinal. A partir de la zone cambiale, on voit une succession de couches concentriques plus ou moins nombreuses suivant râge du tubercule, rangées dans les jeunes racines autour du vrai centre, dans les plus vieilles autour d’un point excentrique. Ces zones sont nettement indiquées par une ligne prononcée et assez épaisse de cellules résineuses noirâtres.

Chacune des zones présente de l’extérieur à l’intérieur : 1° une couche de cellules tout à fait semblables à celles que nous avons décrites dans le cambium, avec des faisceaux vasculaires placés contre cette ligne et comme dans son épaississement, puis de nombreuses cellules, grosses, remplies de résine, semblables à celles de l’écorce. Elles forment un cercle, qui paraît continu à l’œil, mais qui, vu à un grossissement moyen, montre ses éléments séparés par des cellules amylacées. 2“ A l’intérieur de cette couche résineuse, on voit un parenchyme de cellules polyédriques ou arrondies remplies d’amidon ou d’empois et, çà et là, de cristaux d’oxalate de chaux. Ce parenchyme est interrompu par des cellules résineuses soit isolées, soit groupées entre elles de manière à former des cercles très-minces, concentriques aux zones larges résineuses que nous avons précédemment indiquées. Ces cellules ne répondent pas aux véritables couches annuelles, mais sont simplement contenues dans l’épaisseur de ces couches.

Les cellules résineuses, examinées sur la coupe longitudinale.

JÂLAP FUSIFORME.

se montrent en séries assez longues, un certain nombre de ces grosses cellules se trouvant placées bout à bout, séparées seulement par leurs minces parois jaunâtres; il arrive même parfois que les cloisons de séparation se résorbent et qu’il se forme alors comme une sorte de réservoir, assez long, revêtu de ses parois propres, ou comme un large vaisseau laticifère.

La portion centrale des tubercules du Jalap ne présente rien de particulier.

Le Jalap a une odeur peu marquée, nauséabonde. La saveur est à la fois douceâtre et âcre. La proportion considérable d’amidon qu’il contient le rend facilement colorable en bleu par l’iode; sa résine fait qu’il brûle facilement avec flamme.

Il contient ; de l’amidon 18 p. 100 ; du sucre incristallisable, 19 p. 100; une matière colorante, et 10 à 17 p. 100 de résine. Celte dernière substance est remarquable par sa grande solubilité dans l’alcool, l’acide acétique et l’éther acétique. Elle est composée de deux résines dont l’une est soluble dans l’éther et est analogue à la Jalappine. L’autre insoluble dans l’éther est la Convolvuline. Elle est amorphe et paraît être la partie la plus active.

Page 1