GENÊT DES TEINTURIERS
Génestrole. — llerha Genistœ seu Genistœ tinctoriæ.
\! Herha Genistœ des pharmaciens est la plante fleurie du Genista tinctoria L., espèce commune dans les pâturages secs, les collines et les lisières des bois de presque toute l’Europe. On recueille la partie supérieure des rameaux de l’année, qui présentent les caractères suivants :
Tiges striées, glabres ou couvertes vers le haut de quelques poils rares; feuilles unifoliolées, prescjue sessiles, oblongues elliptiques ou oblongueslancéolées, entières, ciliées sur les bords, marquées de 3 nervures longitudinales. Les fleurs, insérées chacune à l’aisselle d’une bractée foliacée, forment des grappes terminales, se groupant en une panicule pjTamidale. Elles sont jaunes d’or, petites, formées d’un calice à 2 lèvres, d’une corolle papilionacée et de 10 étamines monadelphes. La gousse est linéaire, glabre et brune.
D’autres espèces de Genista ont été aussi employées, et particulièrement le Genista purgans Lam., dont les feuilles unifoliolées, comme celles du Genista tinctoria L., sont pubescentes, ainsi que les gousses. Dans certaines pharmacopées, le Genista scoparia Lam. {Sarothammus scoparius Vimm.) est la plante à laquelle on rapporte VHerba Genistœ des pharmacies. Il est facile à distinguer des précédents â ses rameaux effilés, marqués de 2 angles saillants ; à ses feuilles inférieures pétiolées et trifoliolées ; à ses grandes fleurs jaunes; à sa gousse plane, velue sur les bords.
ROSACÉES
Les espèces de Rosacées, qu’on trouve dans les pharmacies à l’état d’herbes fleuries, rentrent dans les deux tribus de la famille qu’on a désignées sous le nom de Dryadées et de Spiréacées. On les reconnaît toutes â leurs feuilles stipulées,
ÂlGREMOINE.
composées pinnées, à folioles le plus souvent incisées-dentées; à la régularité de leurs fleurs à S divisions ; à leurs étamines indéfinies insérées sur le calice, et enfin, dans les deux divisions auxquelles nous avons h faire, à leurs petits carpelles soit monospermes, soit polyspermes et ‘contournés en spirale, placés sur un réceptacle convexe et saillant ou concave et creusé dans le tube du calice.
Les ditférences entre les trois plantes, que nous avons à étudier, se résument très-facilement de la manière suivante :
Calice muni de petites épines crochues; carpelles
1 ou 2 dans le tube du calice 17. Aigremoine.
Calice muni d’un calicule; carpelles monospeimes
sur un réceptacle convexe sec 18. Argentine.
Calice nu; carpelles contournés en spirale dans le tube du calice 19. Ulmaire.
17, AIGREMOINE.
Ilerha Agrimoniœ, Jlevba Lappulæ hepaticœ.
C’est VAg7imonia Eupatoina L., espèce commune en Europe aux bords des prés et le long des chemins. On la recueille d’ordinaire au moment où elle est près de fleurir.
Ses tiges sont velues, rameuses supérieurement, et portent des feuilles alternes, fortement stipulées à leur base. Les stipules sont grandes, semi-sagittées, incisées, dentées ; les feuilles pinnatiséquées ont 9 ou U segments, oblongs lancéolés, incisésdentés, augmentant de grandeur depuis la base de la feuille jusqu’au sommet, qui porte un grand segment pétiolé. Elles ont, en outre, sur toute la longueur, de petits segments entremêlés aux grands. Ces feuilles sont molles et velues, cendrées à la face inférieure.
Les boutons de fleurs, disposés en épis terminaux, montrent un petit calice turbiné à 5 divisions, reconnaisable à de nombreuses spinules subulées et crochues qui le hérissent au dessous du limbe. Dans le bouton, on trouve 5 petits pétales; 10 à
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20 étamines, etuii ou deux petits carpelles contenus dans le tube du calice.
La plante est astringente et donne à la distillation une essence jaunâtre, d’odeur agréable.
Une espèce voisine plus grande dans toutes ses parties, dont les feuilles sont vertes sur les deux faces et couvertes en dessous de glandes sessiles et odorantes, YAgrimonia odorata L., participe des propriétés de TAigremoine ordinaire, et doit même être préférable à cause de son odeur beaucoup plus prononcée et de sa saveur amère et aromatique.