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CHAPITRE Vlll

RHIZOMES, TUBERCULES ET BULBES

Les parties souterraines des plantes, qui se rapportent au système de la tige, sont tout d’abord les Rhizomes, dont nous avons indiqué suffisamment les caractères dans les chapitres précédents, puis les Tubercules et les Bulbes. — Ces diverses formations passent de l’une à l’autre de façon à ne pouvoir être séparées que difficilement : c’est ce qui nous a engagé i\ les réunir dans un même chapitre.

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit des Rhizomes. Les Tubercules sont des renflements de l’axe ou de ses ramifications latérales, qui se gorgent d'ordinaire de matière féculente; un certain nombre gardent, malgré ce développement considérable, les caractères ordinaires des tiges souterraines, et nous les décrirons en même temps que les rhizomes des familles auxquelles ils appartiennent, absolument comme nous avons décrit avec la racine des Convolvulacées, le Jalap, qui n’est qu’une racine tubériforme. Nous ne mettrons à part que certains tubercules très-particuliers, ceux des Orchidées, qui nous donnent le Salep des pharmacies.

Les Bulbes sont des parties souterraines dans lesquelles la tige est d'ordinaire réduite h une portion très-petite, qu'on nomme plateau, tandis que les organes appendiculaires ou les écailles, qui' représentent les feuilles, ont au contraire un développement très-marqué. Tels sont les Ornons ordinaires, les Bulbes de Sicile, etc., etc. Dans certains cas cependant, la partie qui représente l’axe, ou la hase de la tige se renfle beaucoup plus, prend l’aspect de tubercule, et les écailles foliacées, qui l’entourent tout en restant développées, se réduisent à un petit

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nombre. Ces écailles étant même plus ou moins sèches, ne contiennent généralement pas de principe actif et sont enlevées pour l’usage. C’est ainsi que dans les pharmacies les bulbes de Colchique et les Hermodactes, dépouillés de leurs écailles, ont tout à fait l’apparence de Tubercules et sont décrits comme tels. Ils établissent le passage d’une formation à l’autre, et nous réunirons ainsi dans une même section les Bulbes bien caractérisés et les Tubercules particuliers indiqués ci-dessus, réservant pour une première partie les Rhizomes ordinaires et les Rhizomes renflés et plus ou moins tubéroïdes.

PREMIÈRE SECTION

DES RHIZOMES

Les Rhizomes présentent des caractères distinctifs très-marqués, suivant qu’ils appartiennent à des plantes Dicotylédones, Monocotylédones ou à la division des Cryptogames vasculaires, qu’on a désignées sous le nom de Fougères. Ces derniers sont généralement couverts par les bases des frondes durcies et plus ou moins serrées les unes contre les autres. A Fintérieur, elles montrent sur la coupe transversale des faisceaux fibro -vasculaires, rangés en cercles plus ou moins réguliers au milieu d’un parenchyme cellulaire. Ces faisceaux sont très-particuliers : ils sont formés extérieurement d’une ligne foncée, souvent noire, qui est un tissu de cellules fibreuses, et d’une portion interne plus pâle ou blanchâtre, dans laquelle se trouvent des vaisseaux très-développés, souvent scalariformes.

Les Fougères ne fournissent qu’un petit nombre de Rhizomes, qu’il est d’ailleurs facile de distinguer les uns des autres.

Les Rhizomes de Monocotylédones sont le plus souvent marqués à la surface d’impressions annulaires, qui représentent le point d’attache des écailles foliacées : souvent cependant ces empreintes ont disparu, parce qu’on a enlevé les couches superficielles. Sur la coupe transversale, on voit sur un fond paren-

DES RHIZOMES

chymaleux, un certain nombre de faisceaux fibro-vasculaires plus ou moins serrés les uns contre les autres et formant un tissu plus ou moins dense, mais ne constituant jamais un cercle ligneux et un cercle libérien, séparés par une ligne de cambium. La distinction entre ce que nous appellerons quelquefois portion corticale et portion centrale tient à la présence d’une couche protectrice {Kernscheide) analogue î\ celle que nous avons indiquée dans les racines de Monocolylédones.

Dans les Rhizomes de Dicotylédones, il existe au contraire une véritable écorce et une véritable zone ligueuse : Tune des parties caractérisée par les cellules libériennes plus ou moins développées, l’autre par des vaisseaux entourés de cellules fibreuses à parois plus ou moins épaissies. Des rayons médullaires plus ou moins larges parcourent cette dernière zone.

Ces caractères distinctifs permettent d’établir trois divisions principales dans les Rhizomes. La présence de glandes oléo-résineuses, la saveur plus ou moins caractéristique, le développement plus ou moins grand de racines adventives, etc., etc., sont autant de particularités qui nous fourniront les moyens de faire des subdivisions et de former le tableau suivant :

I. Rhizomes des Dicotylédones (voir plus haut pour les caractères).

A. Rhizomes à odeur développée et caractéristique.

1 0 Rhizome contenant de grosses glandes oléo-résineuses.

a. Rhizomes contenant de

l’amidon 7. Ombellifères.

Ij. Rhizome contenant de

rinuline et pas d’amidon. 12-13. Composées.

2° Rhizomes sans glandes oléorésineuses évidentes, a. Granules oléo-résineux dansles cellules de l’écorce.

Faisceaux isolés ; odeur rappelant plus ou moins la Valériane.

RHIZOMES

Gros rhizomes à odeur de Valériane, avec racines ad-

ventives nombreuses

Rhizomes à odeur plus douce et plus agréable, souvent môlés de mousse

b. Rhizomes d’aspect trèsvarié, à odeur très-forte et spéciale, faisceaux ligneux divergeant en éventail, du centre à la circonférence.

c. Rhizome allongé, muni de

quelques racines adventives, odeur poivrée

B. Rhizome de couleur brune à l’intérieur ; saveur astringente.

Rhizomes d’aspect varié contenant, sous une écorce bien évidente et au milieu d’un parenchyme, des faisceaux ligneux blanchâtres

inégaux.

Rhizome légèrement aplati, recourbé sur lui-même ; tissu intérieur homogène, marqué d’un cercle régulier de faisceaux ligneux.

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