GRANDE GIGUE
Feuilles de Grande Ciguë. — llerla Conii. Ilcrba Cicutæ.
La C iguë officinale est fournie par le C onium rnaculatum L., plante commune en Europe dans les décombres et aux bords des roules. On la cueille d’ordinaire au momeiit de la lloraison.
Elle est haute de un à deux mètres, d’un vert sombre, complètement glabre et luisante. La lige est fistuleuse, striée, glauque, maculée de brun dans le bas ; elle se divise en nombreux rameaux ô la partie supérieure. Les feuilles sont molles, les inférieures très-grandes, ayant environ 20 centimètres de long sur autant de large ; elles sont pétiolées, triangulaires dans leur pourtour. Le pétiole est long, cylindrique, creux et muni à sa base d’une gaine membraneuse qui embrasse la tige ; le limbe est tripinnatiséqué, à segments ovales-oblongs, aigus, incisésdentés, à dents terminées par une petite pointe blanchâtre. Les feuilles diminuent de dimensions et sont de plus en plus courtement pétiolées, à mesure qu’elles s’élèvent sur la tige, au haut de laquelle elles deviennent sessiles et se rapprochent par 2, 3 ou 5. Les rameaux portent des ombelles terminales, oppositifoliées ou alaires, presque planes, formées de 12-20 rayons. Ces ombelles ont un involucre à folioles réfléchies, lancéolées, àcuminées, et des involucelles déjetés d’un seul côté, et formés de 3-4 petites folioles, ovales, réunies â leur base, membraneuses sur les bords, n’ayant pas plus de 5 ujillimètres, plus courtes que les rayons de l’ombellule. Les fleurs sont blanches, à pétales obeordés, munis d’un lobule très-court, fléchi en dedans. Le fruit est ovoïde, comprimé par le côté, formé do méricarpes à 5 côtes égales, saillantes, ondulées-crénelécs.
DES HERBES. — RUBIACÉES.
La plante sèche prend une couleur d’un vert grisâtre ; elle a une odeur vireuse ou nauséeuse, désagréable, qu’on a comparée à l’odeur de souris. On doit la garder dans un endroit sec, sans quoi elle se détériore facilement.
Elle contient un alcaloïde azoté et non oxygéné bien connu sous le nom de conine ou conkiney et qui est le principe actif de la plante.
Il est difficile de confondre la Grande Gigue avec d’autres Ombellifères, surtout lorsqu’on la cueille en fleurs et en fruits. Les côtes crénelées des méricarpes la distinguent parfaitement des plantes appartenant à d’autres genres. Si on ajoute à ces caractères la glabrescence de ses feuilles et de sa tige, on la séparera très-nettement Aq?, Anthriscus sylvestris Hoffm., Chœrophyllum bulbosumh. et Ch. temulam L., enfin de VÆlhusa Cynapium L., qu’on lui a quelquefois substituée. Anthriscus et les Chœrophyllum ont les feuilles pubescentes ou tout au moins ciliées, pas d’involucre et un fruit allongé, sans côtes saillantes. Dans VÆthusa Cynapium L., les pétioles sont pleins, canaliculés, les divisions des feuilles sont ovales, lancéolées, découpées en lanières mucronées ; les ombelles n’ont pas d’involucre ; enfin les involucelles sont formées de 3 longues bractées pendantes, dépassant de beaucoup l’ombellule.
HUBIACGES.