RHIZOME D’IMPÉRATOIRE
Racine d’Impéraloirc. — Radix Imperatoriœ seu Ostruthii. Radix Impcvatoviœ albœ. Caudex Imperatoriœ.
h'lmpéraioiTe{Imperat07'ia Ostruthium L.) est une plante des montagnes de l’Europe moyenne. Ses parties souterraines sont formées d’un rhizome horizontal, d’où se détachent des stolons et des racines adventives. Ce sont surtout les rhizomes et ses ramifications latérales qui nous arrivent dans les pharmacies.
Ils sont en morceaux coniques, légèrement aplatis, épaissis vers leur sommet et surmontés en ce point par la base d’une tige aérienne. Les dimensions moyennes sont de huit ù dix centimètres de long sur 15 millimètres d’épaisseur dans la partie médiane. La surface est de couleur brun foncé, toute marquée de stries annulaires et de nombreuses tubérosités, représentant la base soit des stolons, soit des racines adventives.
La coupe transversale montre {ftg. 264), au-dessous de la ligne foncée du suber, un tissu d’une couleur blanc jaunâtre ou un peu verdâtre. Un examen attentif fait distinguer, à une certaine dis-
UIIIZOMES. — OMBELLIFERES.
tance de la surface, une ligne de séparation entre la partie corticale et une zone plus étroite de couleur un peu plus jaune, qui représente le bois. Cette couche ligneuse est manifestement striée de gros rayons médullaires. A rintérieur, une moelle développée montre, dans son parenchyme, des glandes oléo-résineuses, plus grosses et plus marquées que celles qu’on voit dans les parties corticales.
Examinées au microscope {fig. 2Go), ces diverses couches présentent les détails suivants. Tout d’abord, dans l’écorce, un certain nombre de rangées de cellules subéreuses tabulaires s, et, au-dessous d’elles, un parenchyme p de cellules remplies de fécule. Au milieu de ce tissu on voit de grosses glandes oléo - résineuses gl , qui forment un cercle assez
Fiy. 2GI. Fig. 565.
régulier; ces glandes sont trois ou quatre fois plus grosses que l’ouverture des vaisseaux, que nous signalerons dans les fais-
lig. i64. — Coupe transversale d'uu rhizome d’Impératoirc, montrant l’enscmhle de la structure.
l'if). 203. — Portion grossie de la même coupe montrant les détails de la structure ;
■’i suher; p, parenchjme de l’écorce moyenne ; — l, liber ; — bb, buis ; — gl, glandes oléo-résincuscs; — m, moelle.
RHIZOME DE VALÉRIANE.
ceaux ligneux. Le parenchyme de Técorce moyenne se continue avec de larges rayons médullaires, qui strient la zone interne ou libérienne de l’écorce. Entre ces rayons, se trouvent les faisceaux de liber /, qui sont constitués par des couches alternantes de parenchyme cellulaire et de véritables cellules libériennes, et dans lesquelles on remarque des glandes oléorésineuses, plus petites que celles de l'écorce moyenne.
La zone ligneuse montre de larges rayons médullaires en continuité avec ceux de la zone libérienne. Dans l’intervalle se trouvent les faisceaux du bois proprement dit, formés de vaisseaux rayés ou ponctués entourés par des cellules fibreuses à parois assez épaissies.
A l’intérieur de la zone ligneuse, on retrouve un parenchyme analogue à celui de l’écorce et des rayons médullaires. On y remarque de grosses glandes, qui paraissent encore plus développées que celles des parties extérieures de la racine. Ces glandes ont du reste exactement la constitution de celles que nous avons décrites dans les racines d’Ombellifères. Leurs dimensions peuvent atteindre un millimètre de diamètre transversal.
La racine d’Impératoire a une odeur aromatique très-prononcée, moins douce que celle de l’Angélique. La saveur est aromatique, âcre et piquante. Elle contient une petite quantité (0,75 p. 100 environ) d’huile essentielle ; de la résine ; un corps cristallisable, qui donne une dissolution alcoolique de saveur aromatique et brûlante. On y trouve aussi beaucoup d’amidon, que les insectes attaquent volontiers. Aussi la racine d’Impératoire est-elle souvent vermoulue. Il faut la renouveler de temps en temps.
VALÉRIANÉES.
Toutes les parties souterraines des Valérianées ont une odeur spéciale qui les fait facilement reconnaître; très-prononcée chez les Valérianes proprement dites, elle devient
.■J90 RHIZOMES. — VALÉRIANÉES.'
beaucoup plus douce et non désagréable chez les diverses espèces de Nard.
Au point de vue de la structure, les rhizomes de Valérianées employés en pharmacie présentent en général, au-dessous du suber, une écorce contenant plus ou moins de granules oléo-résineux, placés soit immédiatement dans la couche externe, soit au contact de la couche ligneuse. Cette dernière est toujours formée de faisceaux isolés dans le parenchyme, groupés généralement en un seul cercle.
Les différences entre les diverses espèces sont bien marquées et permettent de les distinguer facilement, ainsi que l’indique le tableau suivant :
llhizome court et épais, ovoïde, donnant de grosses fibresradicales, qui l’entourent
complètement
Rhizome long, écailleux à la partie supérieure, à grosses fibres radicales se détachant de la face inférieure
Paquets comprimés ou arrondis formés de mousse et de petits rhizomes, couverts de feuilles radicales allongées et donnant
de petites racines brunes
Paquet fusiforme de nombreuses feuilles réduites A leur squelette, formant des mailles losangiques assez régulières s’attachant à un tout petit rhizome; odeur
agréable
Rhizome allongé, souvent ramifié, couvert de feuilles ou de fibres grossières