‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 534 sur 580 · RHIZOME D’ARMOISE · texte numérisé non relu

RHIZOME D’ARMOISE

Racine d’Armoise. — Radix Artemisiæ.

L’Armoise [Arteniisia vulgarü L.), dont nous avons déjj\ précédemment décrit les feuilles, fournit aussi à nos droguiers ses parties souterraines, recueillies en automne et séchées rapidement. Elles se composent d’un rhizome, d’où se détachent des branches latérales ou des stolons, et des racines adventives de grosseur assez variable.

Le rhizome est plus ou moins long, cylindroïde, de 1 h 2 centimètres de diamètre, d’un brun cendré à la surface, blanchâtre à l’intérieur. Sur la coupe transversale, on voit une écorce dont l’épaisseur égale environ le tiers du rayon total. Cette écorce montre, au-dessous de la couche du suber, un tissu divisé en 2 zones bien distinctes par une ligne foncée; en dehors est une portion blanchâtre parenchymateuse ; en dedans, une partie plus colorée avec de nombreux faisceaux libériens. Sur la ligne de séparation se trouve un cercle de glandes oléorésineuses, isolées les unes des autres. La zone ligneuse, séparée de l’écorce par une ligne de cambium, est de consistance assez molle, blanchâtre ou parfois brunâtre, finement striée par de nombreux rayons médullaires. Elle entoure une moelle centrale.

Le rhizome est le plus souvent séparé des racines adventives, et rejeté au moment où on prépare les racines pour la pharmacie. Aussi sont-cc les dernières qui doivent plus particulièrement attirer notre attention.

Elles sont longues, épaisses de 2 à 3 millimètres, parfois ramifiées ou couvertes de fibrilles radicales. Elles sont d’un brun clair à la surface, d’une couleur blanchâtre ou légèrement brunâtre à l’intérieur. L’écorce est très-développée ; elle a en épaisseur les 2/3 environ de la longueur du rayon total. Une ligne foncée la divise en deux comme dans le rhizome. La portion extérieure est de beaucoup la plus épaisse : elle est formée de quelques rangées de suber et cUun parenchyme de cellules

RHIZOMES. — PRIMULACÉES.

non amylacées, contenant de l’Inuline. La partie interne correspond à la zone libérienne ; elle renferme des groupes isolés de cellules fibreuses, au nombre de 3 à 6, assez régulièrement disposés. Vis-à-vis ces faisceaux et en dehors de la ligne foncée de séparation, se trouvent des groupes correspondant de 3 à S grosses glandes oléo-résinifères, dont la constitution rappelle celle que nous avons décrite dans les racines de Composées.

La zone ligneuse est formée de cellules fibreuses à parois épaisses^ contenant d’assez gros vaisseaux de couleur jaunâtre ou brunâtre. Ce tissu fondamental est disposé un peu différemment suivant les racines ou les points de la racine que l’on étudie. D’ordinaire, il forme autant de gros faisceaux cunéiformes, qu’il y a de groupes de faisceaux libériens et de glandes oléo-résineuses. Ces faisceaux sont alors séparés entre eux à la périphérie par un parenchyme cellulaire, mais ils se réunissent au centre, ne laissant ainsi aucune trace de moelle. D’autres fois ces faisceaux fondamentaux sont subdivisés en un certain nombre d’autres par des rayons médullaires secondaires, de façon qu’il semble qu’il n’y ait plus correspondance entre les groupes du tissu ligneux, ceux du liber et ceux des glandes oléo-résineuses.

Les Racines d’Armoise ont une odeur particulière, peu agréable ; la saveur est à la fois douceâtre et aromatique.

Elles contiennent de la résine, de l’huile essentielle, et une substance amère.

PRIMULACÉES.

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