SCABIEUSE OFFICINALE
Mors du Diable. — Hcrba Succisæ seu Morsus Diaboli.
La Scabîeuse officinale est le Scabiosa succisa L. (^Svccisa pratensis Moench.), qui habite les terrains humides, tourbeux ou
(I) Schwarz, Annal. Chem, und Pharmacie, LXXX, 333.
DES HERBES. — COMPOSÉES
argileux, ainsi que les bois de TEurope. On en emploie soit les feuilles, soit les capitules, mais le plus souvent la plante fleurie.
Cette espèce a une tige dressée, portant à sa partie inférieure des feuilles opposées, longues de 6 à 8 cent., oblongues ou oblongues-lancéolées, très-entières sur les bords, obtuses au sommet, glabres ou poilues. Plus haut, sur la tige, les feuilles, toujours opposées, sont sessiles, connées, lancéolées, dentées sur les bords : on n’en compte d’ordinaire qu’un petit nombre. Les fleurs forment, au sommet, des capitules hémisphériques violacés ou roses. L’involucre du capitule a des folioles lancéolées placées sur 2 ou 3 rangs. Chaque fleur est enveloppée (comme dans toutes les Dipsacées) d’un petit involucelle caliciforme, à limbe court, divisé en 4 dents herbacées et dressées. Le calice est à 5 dents ; la corolle 3-fide.
COMPOSÉES
Les caractères des espèces fournies à la matière médicale par la famille des Composées ou Synanthérées sont surtout tirés de leurs capitules, dont il convient d’indiquer la structure. Un capitule {fig. 36) est une inflorescence dans laquelle les fleurs sont serrées les unes contre les autres et réunies sur une dilatation du pédoncule, qu’on'désigne sous le nom de réceptacle{a). Ce réceptacle est tantôt nu, tantôt muni de petites feuilles paléacées ou de poils. Tout autour du réceptacle et des fleurs, se trouvent, imbriquées sur plusieurs rangs ou placées sur une ou deux rangées, des bractées qui, par leur ensemble, forment un involucre {b). Quant aux fleurs, elles sont de deux formes, les unes tubuleuses {fig. SI) {fiew'ons), les autres étalées en languette {fig. 38) {demi- fleurons ou fleurs ligulées). Dans tous les cas, elles sont composées d’un calice soudé avec l’ovaire et nu ou surmonté d’une aigrette de poils ; d’une corolle à 5 dents plus ou
COMPOSÉES
moins marquées ; de 5 étamines {pg. 39) libres par leurs filets, soudées par leurs anthères, qui forment un tube traversé par un style cylindrique, à deux branches h son sommet; enfin d’un
ovaire uniovulé, auquel succède un akène, fruit sec, indéhiscent, monosperme, tantôt nu' au sommet, tantôt surmonté par une aigrette plumeuse. La graine est dressée.
Le tableau suivant permettra de reconnaître les principales espèces que nous devons décrire :
I, Fleurs toutes tubuleuses :
A . Fleurs de la circonférence stériles, plus grandes
c/U'! les autres 24. Centaurées
B. Fleurs de dimensions sensiblement égales.
1° Feuilles entières ou simplement dentées.
Capitules solitaires, à réceptacle longuement
conique, saveur acre
Capitules en corymbe, feuilles à odeur de
Menthe... 30. Balsamite.
2° F euilles lobées, ü lobes plus ou moins étroits.
Fig. 36. — 1, Capitule de l’Estragon [Ariemüia Draeunculus] ; 2, le capitule fendu: a, le réceptacle commun ; b, les folioles de l’involucre.
Fig. 37. — Fleuron de fleur synauthérée.
Fig. 38 — Demi-fleuron de fleur syiianthérée.
Fig. 39. — Étamines de fleur synauthérée.
2G. Cresson du Para.
72 DES HERBES. — COMPOSÉES
Capitules petits, rangés en grappes, panicules
ou épis
U. Fleurs en languette à la circonférence, tubuleuses au centre :
A. Capitules jaunes, étalés, de grandeur moyenne,
en longues grappes
B. Capitules isolés à l’extrémité de longs pédoncules ou des rameaux.
t° Fi.ecrs jaunes.
Feuilles entières, akènes recourbés en arc. Feuilles très -découpées, à dents raides et
courtes
2° Fleurs blanches.
Feuilles pinnatiséquées , à segments assez larges, pinnatifides : capitules à réceptacle
nu, plan-convexe
Feuilles pinnatiséquées, très-découpées, à segments linéaires; capitule à réceptacle allongé en cône à la maturité, garni d’écailles. . .
3t-37. Armoises et Absinthes.