SERPENTAIRES DE VIRGINIE
Un rhizome court et ramassé, duquel se détachent des fibres radicales minces, donnant des fibrilles sur leur longueur et s’intriquant ensemble de manière à former une espèce de toufie emmêlée, tel est l'aspect extérieur de cette Serpentaire.
Quant à la structure elle est très-évidente sur la coupe transversale du rhizome. On voit, à la loupe et même à l’œil nu, audessous de l’écorce mince les faisceaux ligneux étroits, en éventail, séparés par les lignes de tissu cellulaire: une goutte de teinture d’iode, colorant en bleu le tissu de la moelle des rayons médullaires et de l’écorce, met encore mieux en évidence les faisceaux ligneux qui restent jaunâtres au milieu de la couleur foncée. Le microscope montre des cellules d'oléo-résine jaune, surtout dans la partie externe de l'écorce; le liber contient de l’amidon; les faisceaux ligneux ont des vaisseaux moins gros que dans les espèces précédentes; la moelle est excentrique.
Les racines adventives sont formées d’une écorce blanchâtre, remplie d’amidon et d’un mince méditullium ligneux à vaisseaux spiralés.
L'odeur de cette Serpentaire est aromatique et camphrée ; c’est la plus douce de toutes les Aristoloches.
Une autre variété désignée par Guibourt, sous le nom de Serpenlaria anguslifolia , donne des parties souterraines qui viennent assez souvent dans le commerce. Cette sorte diffère de la précédente par ses rhizomes moins ramassés, plus longs, et par ses radicules plus droites, plus longues, moins pourvues de fibrilles et beaucoup moins emmêlées.
La structure est du reste tout à fait analogue. L’odeur est moins fine, plus térébinthacée.
Enfin la Serpentaire qui vient le plus souvent aujourd’hui dans le commerce, celle qui est décrite dans plusieurs auteurs comme \a vraie Serpentaire {[), est attribuée par Guibourt à une plante qu’il a désignée sous le nom de AnsL Pseudo-Serpen-
(1) C’est la Serpentaire figurée et décrite par Berg dans son Beschreibung und Darstellung der offizinellen Gswiichse, pl. xxv, a.
HHIZOMES. — ARISTOLOCIIIEES.
taria. Elle diffère des deux précédentes par un rhizome plus gros, oblique, portant de nombreuses radicules beaucoup plus épaisses que les sortes précédentes, jaumUres, sans chevelu. L’odeur est beaucoup moins camphrée et rappelle beaucoup plus celle des Aristoloches.
La structure n’offre d’ailleurs que des nuances insignifiantes,
La Serpentaire de Virginie contient de l’huile essentielle, de la résine, une substance extractive amère.
Plusieurs racines rappellent par leur aspect extérieur la Serpentaire de Virginie : mais il est toujours facile de les en distinguer si on regarde à leur structure.
Celle qui leur ressemble le plus est certainement la souche, garniede ses racines, du SpigeliaMarylandicah., delafamille des Loganiacées. Un rhizome court, épais, oblique, portant à la partie supérieure la base des tiges coupées nettement et vers le bas de nombreuses racines fines emmêlées entre elles : tels sont les traits communs aux deux substances. Mais la coupe transversale des rhizomes montre, même ù l’œil nu, au-dessous d’une mince écorce, une zone ligneuse blanchâtre parfaitement continue autour d’une grosse moelle centrale. Au microscope, on voit successivement : un mince tissu subéreux, une zone cellulaire remplie d’amidon, la couche assez mince de liber, dont les cellules sont vides ; puis les couches du bois, formées d’un tissu ligneux et vasculaire, parcouru par de minces rayons médullaires : au centre, un parenchyme médullaire riche en amidon. 11 y a loin de là à la structure que nous avons décrite chez les Aristoloches.
Il faut ajouter que la racine n’a ni l’odeur camphrée de la Serpentaire ni rôdeur sui generis des autres Aristoloches.
On a aussi mêlé aux Serpentaires les parties souterraines du Vincetoxicum officinale Mœnch {Asclepias V incetoxicum L.) et aussi celle de VAsarum canadense L., dont les caractères seront décrits ci-dessous (p. 609). Mais il est bien difficile de confondre, même en s’en tenant aux caractères extérieurs, des sub-