‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 6 sur 580 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

PLAMES OU PARTIES 1>E PLAATES

La classification naturelle des produits de matière médicale doit, à notre avis, suivre pas à pas la classification des plantes qui les fournissent. C’est l’ordre logique et c’est celui que nous suivrons toujours soit dans un cours, soit dans un ouvrage (jénéral d’histoire naturelle des médicaments. Mais notre but est ici plus déterminé et plus spécial et nous croyons, quand il s’agit de concentrer l’attention sur la détermination des substances, devoir établir nos divisions principales sur la considération de la nature morphologique de ces substances. Il est évident en clfet que la première question qui vient à l’esprit quand il s’agit de déterminer une substance est celle de la nature de l’organe qu’on a sous les yeux. Est-ce une feuille ? est-ce une racine ? est-ce une écorce ? La recherche du groupe naturel auquel appartient le produit ne vient qu’en seconde ligne. Cette considération est assez importante pour fixer toute irrésolution et nous faire adopter comme base de nos coupes principales dans notre première partie la nature morphologique des produits.

1“ Il est des végétaux qu’on recueille tout entiers pour l’usage pharmaceutique. Ce sont en général des Cryptogames, appar-^ tenant aux groupes des Algues, des Lichens, des Champignons, c est-à-dire à cette grande division des végétaux qu’on a nommés Cryptogames cellulaires^ parce que leur tissu ne se compose que

PLANTES OU PAUTIES DE PLANTES

de cellules. Ces éléments peuvent parfois être très-allongés, presque filiformes, avoir Taspect de fibres par leur étendue longitudinale, mais ils ne se terminent jamais par une extrémité efülée et n’appartiennent point par conséquent au groupe des fibres propremcnl dites. En outre, ces substances ne contiennent pas de vaisseaux proprement dits. Nous en ferons une première division sous le nom de Cryptogames cellulaires.

2“ D’autres substances sont composées sinon de plantes complètement entières, au moins de parties contenant tous les organes qui servent à caractériser l’espèce. Ce sont les végétaux cueillis à l’époque de la floraison et dont on a récolté une grande partie de la tige feuillée avec les inflorescences. On les désigne le plus souvent sous le nom de Sommités fleuries, Herbes fleuries ou simplement Herbes (//erôtc). Quoiqu’on ne fasse généralement entrer dans celte division que les Phanérogames, avec leurs fleurs apparentes, nous croyons pouvoir y joindre les frondes des Fougères qui sont le plus souvent accompagnées des organes de reproduction, sur lesquels les botanistes ont établi la plupart des genres.

3° On rapproche d’ordinaire des Herbes les Feuilles [Folia) soit isolées, soit encore adhérentes à la tige et qui dans ce cas ne se d istinguent des Herbes fleuries que parce qu’elles ont été cueillies avant le développement des fleurs. Nous maintiendrons ce rapprochement, quoiqu’il fût peut être plus logique de placer les feuilles à côté des groupes composés des parties de plantes n’ayant que des organes de végétation. L’absence des fleurs rend en effet bien plus compliquée et bien plus difficile la détermination de ces produits et nécessite, comme pour les racines, tiges ou écorces, l’emploi de procédés bien pins minutieux que ceux auxquels ont recours d’ordinaire les botanistes descripteurs. Nous y joindrons l’élude des Bourgeons [Gemmœ).

4° A côté de ces produits, nous rangerons sous le nom de Fleurs [Flores), soit des inflorescences, telles que les capitules des Composées [Camomille, Semen-contra, etc.), soit des fleurs

P LANcuoN. — Drogues simples. ^

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tout à fait isolées (F/(?u?’s d'oranger, de tilleul, etc.), soit môme des parties seulement de la fleur, telles que des pétales [Pétales de roses, (Tœillet rouge, de coquelicot) ou les stigmates du Crocus satinas [Safran). Ces produits sont facilement reconnaissables à leur structure générale, quand ce sont des fleurs complètes; à leur texture délicate et à leur coloration rouge ou jaune-rougeâtre, etc., etc., jamais verte, quand ce sont des pièces de la corolle ou des parties du pistil.

5® Les Fruits [Fructus) se placent tout naturellement à la suite des fleurs : comme ces dernières, ils sont le plus souvent entiers, quelquefois réduits à leur péricarpe [Écorce de Grenade ou Balauste,Eeorce d’ Orange amèi'e); enfin parfois ce sont des réunions de fruits sur un axe commun [Poivre long, Mûres du Mûrier noir). Leur aspect peut être très-varié ; on les reconnaît cependant à ce qu'ils contiennent une ou plusieurs graines et à ce qu’ils portent généralement la trace du style.

6“ Enfin les Semences complètent la série des substances provenant des organes de la reproduction. On les a quelquefois confondues avec le fruit proprement dit : elles s’en distinguent surtout à ce qu’elles ne portent jamais aucune trace soit du style lui-même, soit du point auquel il s’attache.

A la suite de ces groupes et en tête de ceux qui contiennent des produits se rattachant aux organes de la végétation, nous placerons les racines et les rhizomes, auxquels nous rattachons les bulbes et les tubercules. Les anciens traités de pharmacologie désignaient sous le nom commun de Radices tous les organes souterrains, appartenant soit au système descendant (Racines), soit au système ascendant (Tiges). Une étude plus attentive de l’organographie a conduit à distinguer ces deux groupes, que nous étudierons séparément.

7° Les Racines, auxquelles nous appliquons le nom de Radices, se distinguent des autres organes souterrains par l’ahsence d’écailles foliacées ou même de traces écailleuses, portant un

PLANTES OU PARTIES DE PLANTES

bourgeon î\ leur aisselle. Elles sont assez variées d’aspect, formées tantôt d’un pivot central et de fines radicules comme dans la Carotte, tantôt d’un corps central court, assez rapidement divisé en grosses divisions latérales d’autres fois enfin

de fibres plus ou moins grosses se détachant de la base de la tige aérienne ou formant les racines adventives d’un rhizome plus ou moins développé {Salsepareilles). Dans certains cas, elles sont considérablement renflées et forment alors ce qu’on nomme assez improprement des Tubercules ou tubérosités {Tuber Jalapœ).

8° Les Rhizomes {Rhizomata) sont reconnaissables aux écailles foliacées ou aux traces qu’elles ont laissées, et aux bourgeons qui naissent, non point irrégulièrement et accidentellement, comme dans certaines racines, mais toujours à l’aisselle de ces écailles qui représentent les feuilles des tiges aériennes. De la face inférieure de ces rhizomes se détachent le plus souvent un certain nombre de racines adventives qui ont parfois autant d’intérêt et même plus que le rhizome \m-méme{Serpentaire de Virginie; Rhizome de Fougère mâle, d' Hellébore blanc, etc., etc.).

Comme subdivision dans le groupe des Rhizomes, nous placerons : les Rulbes, qui se rattachent dans leur partie la plus développée au système de la tige, et les Tubercules tels que ceux des Colchiques, des Arums, qui ne sont aussi que des renflements de la base de la tige, ou tels que les tubérosités si spéciales des Orchidées {Salep).

9° Les Tiges aériennes {Stipes), dépourvues de leurs feuilles, mais munies de toutes leurs couches concentriques, sont rares dans les droguiers : on n’y trouve guère en effet que les tiges de Douce-amère. Elles sont reconnaissables à la couche herbacée formé de cellules à chlorophylle de l’écorce, à la présence des traces laissées par l’insertion des feuilles sur leurs nœuds, enfin à l’absence de toute racine qui s’en détache.

On rencontre un plus grand nombre de substances provenant des parties de la tige, écorce et bois, prises isolément.

10° Les Écorces {Cortices) forment une division importante,

PLANTES OU PARTIES DE PLANTES-

qu’il est très-facile de reconnaître, et sur les caractères généraux desquelles nous ne croyons pas avoir h insister ici. Disons seulement qu’elles appartiennent quelquefois non pas aux tiges aériennes, mais aux racines, sans que pour cela on en fasse une division spéciale : nous verrons en effet que ces parties extérieures ne présentent pas de grandes différences d’organisation dans les tiges proprement dites et dans les racines.

11“ Quant aux Bois {Ligna), quoiqu’on général moins actifs que les écorces et moins généralement employés, ils donnent aussi un certain nombre de substances, qui ont leur intérêt (Bois de Quassia, Gaïac, Santal, etc.). Nous les décrirons à la suite des écorces.

12" Une autre catégorie comprendra les productions anormales connues sous le nom de' Galles (Ga/te).

13" Enfin le dernier chapitre traitera des parties de végétaux généralement ténues, composées de cellules diversement groupées de manière à donner des poils, des glandes, des grains de pollen, des fécules, etc. Ce groupe est assez peu naturel, et rapproche, on le voit, des organes assez disparates et de fonctions très-diverses; mais les moyens qu’on emploie pour arriver à leur détermination sont les mêmes pour tous et expliquent, au point de vue pratique, leur réunion en un même chapitre.

Yoici donc, en résumé, quelles sont les divisions principales de notre première partie :

1" Cryptogames cellulaires; 2" Herbes; 3" Feuilles et Bourgeons; 4" Fleurs; o" Fruits; 6" Semences Racines; 8" Rhizomes, Bulbes et Tubercules; 9" Tiges; 10" Ecorces; 11" Rois; 12" Galles; 13° Poils et Poudres organiques.

Dans les subdivisions que nous aurons fi établir nous mettrons en première ligne la considération des groupes naturels auxquels appartiennent les divers produits : nous les réunirons entre eux d'après la famille et le genre des plantes qui les fournissent. Ce que nous avons dit de l’importance des caractères botaniques nous dispense d’insister sur la convenance d’un pareil groupement.

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