‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 86 sur 580 · MENTHE POIVRÉE · texte numérisé non relu

MENTHE POIVRÉE

IiO-52, MKXTIIES.

Les Menthes {Mentha L.) donnent à la matière medicale leurs reuilles et leurs sommités fleuries. On les reconnaît toutes à leur Qàmv sui generis, caractéristique, particulièrement marquée dans les espèces officinales. Lorsqu’on peut analyser les fleurs, on leur trouve les caractères suivants, qui permettent aussi de déterminer facilement le genre : calice campanulé ou tubuleux, égal ou à peine bilabié; corolle à limbe presque égal, quadrifide, à division supérieure plus large, presque entière ou émarginée. Quatre étamines égales, dressées, distantes, à filaments nus et glabres.

Deux types principaux se trouvent dans les droguiers : la nicntiic poivrée, et la Menthe crépue. Oïl y trouve aussi parfois X^Menlka Pulegiumh. ou Pouiiot. Nous nous bornerons à caractériser avec quelques détails ces trois espèces, telles qu’elles sont dans les pharmacies, renvoyant aux flores locales et aux ouvrages debotanique descriptive pour la détermination Mentha sglvestris L., Mentha viridi's L. , Mentha arvensis L., Mentha satina L., M. gentilis L., etc., qu’on trouve soit à l’état sauvage, soit cultivées dans nos jardins.

Calice régulier; lige rougeâtre, feuilles planes et simplement dentées sur les bords. 50. Menthe poivrée. Calice régulier; feuilles très-fortement crispées sur les bords 51. Menthe crépue.

Calice bilabié ; fleurs disposées en verlicilles épais sur une grande longueur de la tige.. 52. Menthe Pouiiot,

oO. MENTHE POIVRÉE.

Tolia Menthœ piperitœ.

Ce sont les feuilles et les sommités fleuries du Mentha piperila L., plante cultivée dans nos jardins, et surtout en Angleterre.

La tige est droite, quadrangulaire, rameuse, rougeâtre ; les feuilles sont vertes, pétiolées, ovales, aiguës, dentées. Les fleurs

Planchon. — Drogues simples. 7

DES IlEDBES.

LABIEES.

purpurines, à élamines plus courtes que la corolle, forment des épis courts, obtus, interrompus à la base.

De nombreuses glandes à huile essentielle se montrent sur les deux faces des feuilles, mais particulièrement sur la face inférieure ; les feuilles les plus anciennes en contiennent beaucoup moins ou presque pas ; on en voit aussi beaucoup sur les calices de la fleur.

La Menthe poivrée a une odeur très-fine et très-pénétrante, et une saveur piquante, âcre et aromatique, laissant dans la bouche une impression de fraîcheur agréable.

Elle contient un principe amer, une matière résineuse, du tannin; mais son principe actif est surtout l’huile essentielle, dont l’odeur est très-forte et qui est un mélange d’un élæoptène, d’un stéaroptène et d’une huile grasse.

La llenflie verte (M. ViricllS L.) et la llentlie sylvestre (J/. sylvestns L.), qui sont quelquefois mises à la place du Mentfia piperita L. s’en distinguent facilement par leurs feuilles presque sessiles.

tl. MENTHE CRÉPUE.

Folia Menthœ crispœ. — Herba Menthœ crispœ.

On désigne, sous ce nom, non pas une espèce unique, mais un certain nombre de Menthes, appartenant à des espèces diverses et réunies par ce caractère commun, d’avoir les bords de leurs feuilles plissés et les dents considérablement développées et allongées. Dans ces conditions, les glandes oléifères se développent aussi beaucoup et il en résulte pour la feuille une richesse plus considérable en essence. Ces glandes se trouvent surtout à la face inférieure des feuilles.

L’espèce qui fournit le plus souvent la llcnthe crépue est le Mentha aquaiica y crispa Benth. C’est la Menthe crépue officinale^ décrite par les anciens auteurs {Mentha crispa L.). Ses feuilles sont courtement pétiolées, ovales, cordiformes. Leur

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