‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 1 sur 331 · DOUCE-AMÈRE · texte numérisé non relu

DOUCE-AMÈRE

Morelle grimpante. — Stipites Dulcamarœ.

La Douce-Amère (Solarium Dulcamara L.), qui se trouve dans loule l’Europe, dans les lieux humides, fournit à la pharmacie ses tiges de deux ou trois années.

On les trouve le plus souvent en morceaux plus ou moins longs, formés d’articles ou entre nœuds réunis sous un an gle très-ouvert. Les plus jeunes sont d’une couleur verdâtre, encore recouverts d’épiderme; les plus âgés d’un vert

Pi.anchon. — Drogues simples, l. II. I

2 DES Tir, ES. — SOLANÉES.

brunâtre â l’extérieur. La couche externe subéreuse se détache souvent en plaques papyracées des parties sous-jacentes.

Sur la coupe transversale, on distingue à l’œil nu ou à la loupe, au-dessous de la couche extérieure subéreuse des tigeâgées : une zone verdâtre contenant encore de la chlorophylle; puis une mince couche libérienne, qui arrive jusqu’à la partie ligneuse. Celte dernière montre en général deux ou troicouches annuelles, striées radialement, et, au milieu, une moelle, le plus souvent détruite dans sa partie centrale, et laissant un canal longitudinal vide.

La structure de ces diverses parties vues au microscope e*l la suivante :

Quand l’épiderme existe, on le voit formé de cellules transparentes, portant cà et là quelques poils ; mais, dans la plupart des fragments, il a disparu et la zone extérieure paraît formée de 7 à 10 rangées de cellules subéreuses, à parois minces, aplatie* de dehors en dedans. A cette zone succède la couche herbacée, formée de cellules, étendues dans le sens tangentiel, un peu plus arrondies à mesure qu’elles deviennent plus internes; elles contiennent des grains d’amidon très petits enveloppés encore de la matière verte chlorophyllienne. Cette zone est bien limitée par un cercle régulier de fibres libériennes, isolées ou rangées par paire et placées à grande distance les unes des autres. Ce* cellules fibreuses ont des parois épaisses, transparentes, remplissant toute la cavité de la cellule; sur la coupe longitudinale, elles présentent une longueur considérable. En dedans de ce* fibres, on trouve la couche interne ou libérienne formée simplement de parenchyme cortical, sans cellules fibreuses, parcourue régulièrement par un nombre considérable de rayons médullaires. 1. es cellules de ccs rayons sont cubiques et contiennent de l’amidon et aussi quelquefois de la chlorophylle. Quant au parenchyme cortical, il est formé de cellules d’abord peu étendues verticalement, mais qui s'allongent dans ce sens à mesure qu’elles appartiennent à des couches plus internes. On

no U CF.- \ M F R F .

n’y remarque pas de chlorophylle, mais çà et là, dans certaines cellules, des amas opaques de petits grains, qui deviennent anguleux vus à un très-fort grossissement, et qui sont peut-être une forme de cristaux d’oxalate de chaux*

La zone de cambium est assez mince.

Les couches ligneuses sont formées d’un tissu ligneux, marqué d’un nombre considérable de gros vaisseaux ponctues ou rayés, et composé de cellules fibreuses à petit diamètre et à parois épaisses. Deux ou trois couches annuelles sont assez nettement évidentes sur les échantillons ordinaires des droguiers. Des rayons médullaires analogues à ceux de l’écorce parcourenl ce t issu ligneux. Le canal médullaire contient des trachées.

Quant à la moelle, ou du moins à la partie de cette couche qui existe, elle est formée d’un parenchyme qui rappelle celle' des couches internes de l’écorce.

La Douce-Amère a une odeur narcotique qui se perd par la dessiccation ; la saveur est particulière, d’abord amère, pu N douce au bout de quelques instants. Cette propriété a été attribuée à un corps spécial (Pikroglycion), qui existe dans la proportion de 20 à 22 pour 100. Il paraît n’être qu’un mélange d’un sucre spécial avec de la Solanine. Wiltstein, en 1852, a isolé de ces tiges un alcaloïde particulier, dillércnt de la Solanine et qu’il a nommé Dulcamarine .

La Douce-Amère est souvent mélangée de tiges de Houblon et de Lonicera Periclymenum I.., (pii viennent sur les mémo arbres qu’elle. La première se distingue à sa forme quadrangulaire; toutes les deux aux traces de leurs feuilles opposéo et non alternes.

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