‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 2 sur 331 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DES ÉCORCES [CORTICES).

L’Écorce est généralement la partie de la tige qui contient le plus cîe principes actifs. Aussi emploie-t-on un assez grand nombre de ces écorces, débarrassées du bois, qui, non-seulement n’ajouterait rien à leurs propriétés, mais pourrait même les affaiblir par sa présence.

Ces écorces appartiennent toutes à la division des Dicotylédones. Elles présentent d’ordinaire assez nettement marquées trois zones, que nous avons déjà souvent eu l’occasion d’indiquer à propos des racines ou des rhizomes : 1° une zone extérieure subéreuse, formée d’un certain nombre de rangées de cellules tabulaires, plus ou moins aplaties, quelquefois cubiques, à parois plus ou moins épaisses; 2° au-dessous, un parenchyme de cellules à parois généralement minces et qui contiennent soit des matières amylacées, soit, surtout vers la partie externe, de la chlorophylle; 3° l’écorce interne ou le liber, généralement formé de couches alternantes de parenchyme cortical et de tissu libérien, c’est-à-dire d’un tissu à cellules allongées et souvent terminées en biseau. En outre, des rayons médullaires strient cette partie interne. Telles sont les parties fondamentales de l’écorce. Parfois, on voit à la surface une mince couche de cellules vides, transparentes, qui forment l’épiderme. Mais cette partie n’existe que dans les écorces très-jeunes, et tout à fait exceptionnellement dans les médicaments simples, (pie nous trouvons dans les pharmacies.

L’aspect général des trois couches que nous venons d’indiquer est déterminé par leur nature même. Les couches extérieures ont, sur la cassure, une apparence spongieuse, pareil-

DES EUUIU’.ES.

chymateuse, ou plus ou moins granuleuse, suivant que les tissus cellulaires qui les forment sont plus on moins denses, cl que les cellules ont des parois plus ou moins épaisses. Les couches internes ou libériennes ont généralement une structure feuilletée tenant aux alternances de tissu libérien et de parenchyme. Seulement celte structure est plus ou moins régulière ; parfois même, comme dans les écorces de Quinquina, on ne peut la constater, les fibres étant alors irrégulièrement répandues sur toute la surface de la portion libérienne. La cassure de cette zone est plus ou moins finement fibreuse, suivant la grosseur et le groupement des cellules allongées.

La surface extérieure des écorces est quelquefois assez régulièrement plane et lisse ; mais très-souvent elle est très-profondément sillonnée, et même grossièrement raboteuse. Ces irrégularités de la surface tiennent d’ordinaire à la chute de plaques plus ou moins épaisses, rappelant celles que nous observons communément sur les troncs de nos platanes. Ce phénomène est dû à la présence, dans ces écorces, de lames formées de cellules denses, étroitement unies et qui, pénétrant plus ou moins profondément dans les couches corticales, isolent complètement des portions plus ou moins étendues de l’écorce extérieure, arrêtent l’afflux des sucs nutritifs et condamnent ces parties extérieures à mourir, à se dessécher et à tomber au bout de quelque temps. On donne d’ordinaire le nom de périderme à ces plaques caduques, et leur épaisseur plus ou moins grande, la nature des couches jusqu’où elles pénètrent, peut être très-utile pour la détermination de certaines écorces. Nous le verrons particulièrement dans l’étude des Quinquinas.

Les tissus de l'écorce contiennent très-souvent, outre les plaques dont nous venons de parler, des cellules à parois fortement incrustées, que nous avons appelées cellules pierreuses. Ces cellules forment des groupes isolés ou des lignes continues, qui par leur disposition peuvent donner de très-bons caractères

(le détermination. 11 n’est pas rare qu’on trouve, au centre de «.‘es cellules pierreuses, une petite larme de matière résineuse, substance active du médicament. C’est aussi dans les écorces qu’on trouve d'ordinaire les vaisseaux laticifères, contenant les mes, qui donnent au médicament une grande partie de leurs propriétés. Enfin, dans certains cas, on remarque de grosses cellules soit oléo-résineuses, soit remplies d’huile essentielle.

Les propriétés organoleptiques des écorces sont généralement très-marquées. La saveur amère, astringente ou aromatique, dans certains cas l’odeur très-caractérisée, peuvent donner de bons caractères, dont nous nous servirons fréquemment. C’est même sur ces caractères que nous établirons les divisions principales du tableau suivant :

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