‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 114 sur 331 · Bdellium de l’Inde · texte numérisé non relu

Bdellium de l’Inde

GOMMES-RESINES.

L’encens, qui venait autrefois par les caravanes à travers la Judée et la Phénicie, qui plus tard nous est parvenu par l’isthme de Suez, passe maintenant en grande partie par les Indes anglaises ; une portion seulement nous arrive directement par la mer ltouge. Quant aux lieux de production, nous les avons indiqués en mentionnant la patrie des Boswellia papyrifera llochst. et Boswellia sacra Fliickiger. L’Arabie n’en fournit qu’une petite quantité; la plus grande partie vient d’Afrique, surtout par les côtes du Somal.

Pour obtenir l’encens, on pratique des incisions sur l’écorce des arbres; il s’en échappe un suc blanchâtre, qui se condense et se durcit en belles larmes d’une grande pureté : une partie du suc tombe à terre et s’y mélange d’impuretés, qui en diminuent la valeur.

Les larmes d’encens sont de forme oblongue, pyriformes ou irrégulièrement arrondies, longues de quelques centimètres, de couleur jaune pâle, ou jaune rougeâtre, plus ou moins translucides. La cassure est assez généralement cireuse, la poudre blanchâtre. Elles portent souvent, sur une face plane, des restes d’une écorce blanche, papyracée, provenant du Boswellia qui a fourni le produit.

Les larmes sont plus ou moins fragiles : elles se ramollissent sous la dent et donnent une saveur aromatique, résineuse, un peu âcre. L’odeur rappelle â la fois celle des résines de Conifères et de la Tacamaque. Elles donnent en brûlant un parfum caractéristique.

Au milieu de ces larmes, se trouvent des morceaux de couleur beaucoup plus foncée, qu’on nomme des marrons. Ils sont rougeâtres, se ramollissententre les doigts, ont une saveur beaucoup plus fortement résineuse, et leur surface est toute recouverte de nombreux cristaux de matière calcaire.

Un a distingué deux sortes d’Encens qu’on désignait autre-

serrala, ne donnent qu’un produit très-inférieur, qui ne vient pas dans le commerce européen.

fois sous le nom d 'Encens mâle (le meilleur) el d 'Encens femelle (la qualité inférieure). Actuellement les noms commerciaux sont : l’Encens de l’Inde et l’Encens d Afrique. Ces deux sortes ne sont en réalité différentes entre elles qu’en ce que l’une d’elles est un choix, et résulte d’un triage fait dans la substance.

1° Encens de l'inde, Olibanum indicum. — L’Encens de l’Inde, qui nous arrive par la voie de Bombay et par le commerce anglais, ne contient d’ordinaire pas de marrons. Les larmes de la substance ont été choisies, elles sont d’une couleur jaune pâle, demi-transparentes, sans impuretés et môme généralement sans traces d'écorce.

2° Encens d’Afrique, Olibanum africanum. — - C’est l’Encens qui nous arrive directement par la voie de l’Égypte ou de la mer Rouge. Il contient d’ordinaire des marrons et en outre de nombreuses larmes de qualité inférieure, c’est-à-dire plus foncées en couleur, beaucoup plus opaques, d’une odeur plus résineuse et moins balsamique; enfin beaucoup plus d’impuretés et d’écorce de Boswellia.

L’Encens a une pesanteur spécifique, qui est environ de 1,2. Mis dans l’eau, il forme une solution trouble dans laquelle le microscope montre comme de grosses larmes huileuses ; il reste un résidu insoluble. La solution alcoolique, qui contient surtout la résine et laisse aussi une partie insoluble, a une réaction acide.

Les principes que l’analyse montre dans l’Encens sont, d’après Braconnot, pour 100 parties d’oliban :

Résine soluble dans l’alcool .

Gomme soluble dans l’eau .

Résidu insoluble dans l’eau et l’alcool Huile volatile et perte .

GOMMES- RESINES.

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