‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 115 sur 331 · MYRRHE · texte numérisé non relu

MYRRHE

Myrrhi. t. Gummi-resina Myrrha. Gummi Myrrhx.

La Myrrhe est produite par un Balsamodendron, qu’on a cru longtemps être le Balsamodendron Myrrha Nees, mais qu'on a reconnu depuis être le Balsamodendron Ehrenheryianum Berg. Cette espèce croît dans le sud de l’Arabie et sur les côtes africaines de la mer Itouge. De l’Arabie, la plus grande partie s’en va dans les Indes orientales. Il paraît en venir aussi à la grande foire de Berbera, en Afrique, sur la côte du Somal; elle suit la voie d’Aden, pour arriver également à Bombay. — Une trèspetite quantité de Myrrhe arrive directement en Europe par l’isthme de Suez.

L’arbre â la Myrrhe contient dans l’écorce de ses rameaux et de ses branches des canaux sécréteurs, qui forment une sorte de cercle discontinu. Ces canaux sont placés au milieu d’un parenchyme cellulaire, dans les cellules duquel passe facilement la matière gommo-résineuse. Ils sont appliqués immédiatement contre les paquets de libres libériennes. D’après Ehrenberg, le suc découle librement, de la même manière que la gomme. C’est d'abord un suc épais d’un blanc jaunâtre, qui prend par la dessiccation' une couleur brune foncée ou d’un brun rougeâtre.

La Myrrhe arrive dans le commerce sous deux formes de qualité différente.

La Myrrhe choisie ( Myrrha elccta). — C est celle que 1 on doit prendre dans les pharmacies. Elle est en morceaux arrondis ou de forme irrégulière, d’une couleur rougeâtre, â suffi) Ehrenberg avait apporté des échantillons de l’arbre à la Myrrhe et les avait déposés dans son herbier, confondus avec une espèce voisine. C’est cette dernière que Nees d’Esenbeck décrivit sous le nom de Balsamodendron Myrrha et qui fut regardée comme la vraie plante à la Myrrhe, jusqu’à ce qu’en 1803, O. Ilerg, reprenant cette étude, montra que l’espèce, qu’on doit regarder comme l’origine de cette substance, est non le B. myrrha Nees, mais le B. Ehrenber ianum Berg.

M YIIRIIE.

l'ace toute crevassée et bosselée, comme recouverte d’une poussière efflorescente. La cassure en est assez facile, elle est brillante et huileuse. La substance est demi-transparente. Elle montre, dans certains morceaux, des sortes de stries jaunâtres, en forme de croissant, qu’on a comparés â des coups d’ongle, qu’on aurait donnés dans la substance; de la le nom de Myrrhe onguiculée.

La Myrrhe, mise dans l’eau, donne une émulsion jaunâtre, dans laquelle le microscope montre, outre de tout pe Lits granules doués du mouvement brownien(l), un nombre considérable de gouttelettes arrondies de résine bu d’huile essentielle. Elle est moins soluble dans l’alcool, qui prend la résine et forme une teinture que l’acide nitrique colore en rose violacé.

Quoique très-fragile, la Myr rhe est assez difficile à pulvériser, surtout pendant les chaleurs de l’été.

L’odeur de la Myrrhe est assez particulière : elle est douce, agréable, légèrement résineuse. La saveur est amère, âcre et aromatique.

2° 38 j rr lie e» sorte ( Myrrha in sor/is). — On désigne ainsi une sorte inférieure, qui est le résidu de la Myrrhe dioisie. Elle contient des niasses irrégulières, de couleur foncée, presque opaques, souvent agglutinées entre elles. Ces parties sont mélangées d’impuretés et d’écorce de Balsamodendron, dans laquelle le microscope montre les canaux sécréteurs que nous avons indiqués ci-dessus. On y trouve aussi des morceaux de gomme arabique et du Sénégal, de Bdellium d’Afrique, etc.., etc.

La composition de la Myrrhe a été donnée de la manière suivante par les divers auteurs qui l’ont analysée :

(1) On désigne sous le nom de mouvement brownien une sorte de trépidation, que montrent, sous le microscope, les très-fines particules tenues en suspension dans un liquide.

GOMMES-RESINES.

Ii randes.

Braconnot.

Ruickoldt

Huile essentielle. . .

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