GOMME AMMONIAQUE
moelle. De là la transformation s’étendrait vers la périphérie.
D’après Borszczow , la gomme résine découle naturellement, soit du collet de la racine, soit de la tige. Le suc, qui exsude à travers les crevasses du collet, traverse les fibres, qui couronnent celle partie de la plante et se répandent tout autour dans le sable, en formant des agglomérations de larmes plus ou moins volumineuses, ou encore des masses d’un gris brunâtre. Sur la tige, et particulièrement à l’aisselle des rameaux qui s’en détachent ou des pédoncules des ombelles, on trouve des grains ou des larmes plus ou moins arrondies, dont les dimensions peuvent varier depuis la grosseur d’un pois jusqu’à celle d’une noix. C’est la sorte la plus estimée, la Gomme résine en larmes.
D’après d’autres données, les habitants de la région percent la plante dans toutes ses parties et provoquent ainsi l'écoulement du suc gommo-résineux.
Quoi qu’il en soit, la Gomme ammoniaque nous arrive, comme la plupart des Gommes résines d’Ombellifères, sous deux formes : en larmes et en masse. Elle vient le plus souvent par la voie de Bombay.
1° domine ammoniaque en larmes (Ammoniacum lïl lacrymiS seu in granis). Elle est en larmes dures, au moins à la température ordinaire, plus ou moins arrondies, d’un brun jaunâtre à l’extérieur, d’un blanc laiteux opalin à l’intérieur, d’une cassure comme cireuse, translucides sur les angles et en lames minces. La substance blanche devient jaune avec le temps, par l’exposition à l’air et à la lumière. Mise dans l’eau, cdles donnent une émulsion qui montre au microscope de petits corpuscules mobiles et des particules globuleuses ou lenticulaires de matière résineuse. — Ces larmes se ramollissent à la chaleur de la main.
Parfois on trouve les larmes, non plus isolées, mais agglutinées entre elles avec très-peu de substance étrangère inter-
GOM MES-RÉSINES.
posée ( Ammoniacum amygdaloïdes). C'est le passage à la sorte suivante :
2° Gomme ammoniaque en masses ( Ammoniacum in plncpntis scu in massis ). Cette sorte diffère de la précédente et de la forme amygdaloïde en ce que les larmes de Gomme résine sont reliées entre elles par une masse d’un jaune brun, plus ou moins abondante ; on y trouve des restes de liges, des fruits, du sable et des impuretés diverses.
La gomme ammoniaque a une odeur forte aromatique particulière, qui s’exagère par la chaleur ; la saveur est amère, âcre et nauséeuse. Bouillie avec un lait de chaux, elle donne au mélange une couleur jaune serin, et cette couleur persiste, quand on chasse toute l’eau et qu’on dessèche ainsi la chaux.
La gomme ammoniaque contient les proportions suivantes de principes :
Bucholz. Rraconnot.
Résine . 72.00 70.00
Gomme soluble . 22.10 18.40
Gomme insoluble . 1.60 4.40
Huile volatile, eaux et perte . 4.00 7.20
L’huile volatile, qui dans les analyses précédentes n’est pas isolée de la perte et de l’eau, a été évaluée par Martius, et plus récemment par M. Vigié. Le premier de ces auteurs en a obtenu 1,10 p. 100 ; le second 1,80.
La gomme ammoniaque, que nous avons étudiée jusqu’ici, vient de la Perse, et est désignée parfois sous le nom d’ Ammoniacum persicum , pour la distinguer d’un produit différent produit par la Ferula tingitana lierai. , plante du Maroc. C’est la Fausse Gomme ammoniaque «le Tanger de Gllibourt, qtl OU nomme dans le pays Fnsogh ou Fasog/i ; elle n’est venue qu’accidentellement dans le commerce. Elle est en larmes moins dures, moins blanches, moins opaques, qui présentent sur leur contour une teinte bleuâtre. Leur odeur est très-faible ; la saveur est aussi peu marquée d’abord ; elle finit par devenir amère,
GMBÀNUM.
mais n’offre rien de l’àcreté et du goût aromatique de la gomme ammoniaque.