GOMME RÉSINE D’EUPHORBE
Gomme d’Euphorbe. Suc d’Euphorbe. — Eupkorbium'. Gummi résina Euphorbium. Gummi Euphorbii.
Lu (Koiinne-Kt'sine d’Euidioriie est produite pur une espèce du Maroc, qu’on désigne sous le nom d' Euphorbia resinifera Berg (1). Celte plante croît, d’après M. Cosson, dans la région des hauts plateaux du Maroc, au sud du port d’Aguadir. D’après M. Jackson, le suc s’obtiendrait par des incisions faites
(1) Pendant longtemps on a attribué la Gomme-résine d’Eupliorbe aux Euphorbia officinurum L. et Euphorbia Canariensis L.; mais O. Berg avait remarquéqueles débris, contenusdans la Gomme Résine, ne répondaient pas exactement aux caractères de ces espèces ; il en avait conclu que la Gomme Résine provenait d’une plante encore inconnue, qu’il avait décrite d’après les morceaux trouvés au milieu de la substance, et qu’il avait nommée Euphorbia resinifera. Dans ces derniers temps, le jardin de Kevv, près de Londres, a reçu par l’intermédiaire de M. Carteusen, consul anglais à Mogador, la plante qui donne le suc d’Euphorbe, et il s’est trouvé qu’elle répond exactement à l’espèce décrite par Berg. Le Jardin des plantes de Paris a également obtenu des échantillons de cette espèce, grâce aux recherches que M. Cosson a fait poursuivre dans le pays d’origine de la plante. On connaît donc bien maintenant la plante vraiment officinale. Voici quelles sont ses différences avec Y Euphorbia Canariensis L. dont elle se rapproche plus (pie de tout autre Euphorbe. « La tige està 4 angles et non pas à 4-0 angles ;les rameaux florifères sont beaucoup moins gros : les coussinets sont assez espacés, non saillant s ou peu saillants, à disque résultant de la soudure des épines stipulaires, crustacé et n’atteignant pas le point déprimé qui représente l’insertion de la feuille, et non pas rapprochés saillants, presque subéreux, rugueux, fendillés, à disque résultantde la soudure des épines stipulaires s’étendant jusqu’au point déprimé; les cymes sont assez longuement pédonculées et non pas subsessiles ou brièvement pédonculées à pédoncules épais; l’involucre caliciforme campanulé cyathiforme est â glandes très-saillantes, à lobes dépassant peu les glandes, à fleurs mâles peu nombreuses, et non pas très-court tronqué à la base, à glandes peu saillantes, â lobes dépassant assez longuement les glandes, à fleurs mâles très-nombreuses ; la capsule est quatre fois plus petite, à calicule peu développé, â pédicelle détléchi dépassant longuement l’involucre caliciforme, et non pas très-grosse, munie d’un calicule â trois folioles très-développées, il pédicelle épais droit, dépassant peu l’involucre; les coques sont à faces latérales très-convexes, et non pas à peine convexes etc. ( Cosson . Note sur Y Euphorbia resinifera Berg, (Bulletin de la Soc. royal, de Bot. de Belgique, t. X, p. ô- 1 2.)
GOMME-RESINE D’EUPIIORIiE.
au couteau sur les rameaux de la plante. Les Euphorbes ne donneraient abondamment de produit qu’une année sur quatre; mais cette récolte en fournirait une plus grande quantité que toute l’Europe n’en consomme. D’après les débris qu’on trouve enveloppés de gomme, et qui montrent des involucres caliciformes défleuris et des capsules non encore mûres, l’écoulement de la gomme se fait probablement un peu après la floraison de la plante.
On sait quelle quantité de suc lactescent contiennent nos Euphorbes indigènes dans leur tissu; elle est plus grande encore dans les Euphorbes à formes de Cactus, au groupe desquelles appartient 1 ’Euphorbia resinifera Berg. Ainsi en cinq minutes, une incision faite sur Y Euphorbia canaricnsis L., peut donner une tasse à thé de liquide. Ce sue est contenu dans des vaisseaux lacticifères, qui sont ramifiés et abondamment répandus partout dans le parenchyme des divers tissus. Ces vaisseaux lacticifères sont remarquables par leurs parois assez épaissies qui les font ressembler sur la coupe transversale aux fibres libériennes. Ils sont surtout développés au voisinage de ces fibres; de là ils envoient des prolongements vers les parties extérieures de l’écorce, ainsi que vers la moelle; c’est surtout aux nœuds de la tige et aux coussinets des feuilles qu’ils forment des nombreuses ramifications (1). Le latex que contiennent ces vaisseaux, est opaque, blanchâtre, très-corrosif; il s’épaissit assez promptement à l’air.
C’est un suc semblable, concrété à l’air, qui nous arrive d’ordinaire par la voie de Mogador dans le Maroc, et qui constitue notre gomme résine d’Euphorbe.
La substance est très-facile à reconnaître. Elle est en larmes d’un aspect tout particulier, irrégulières, arrondies ou angu-
(1) M. David [U ber die Milchzellen der Euphorbiacem, Moreen, Apocyneen und Aclepiadeen , Breslau, 1872) regarde ces vaisseaux lacticifères comme de longues cellules, isolées, qui suivent l’allongement de la tige et envoyent des branches latérales dans les méats du tissu ambiant.
l’LiNciion. — Drogues simples, t. U.
GOMMES-RESINES.
leuses, souvent conoïdes, et fréquemment percées de un ou deux trous coniques, qui se touchent par la base. La substance est jaunâtre, demi transparente, friable, et se réduit facilement en une poudre, qu’on trouve à la surface des larmes, et qui est très-fortement sternutatoire.
L’odeur de la gomme d’Euphorbe est très-peu marquée. La saveur, qui est d’abord peu sensible, devient rapidement extrêmement àcre et corrosive.
Le suc d’Euphorbe est très-fréquemment mêlé de débris de plantes, de fragments de tiges, de fruits non encore mûrs, de pédoncules et surtout d’aiguillons. Ces derniers sont d’ordinaire enveloppés par la substance, qui s’est moulée sur elle, et les orifices coniques que nous avons signalés ne sont autre chose que les empreintes de ces aiguillons, lorsqu’ils se sont détachés des larmes de gomme résine. D’autres larmes arrondies ou oblongues renferment les organes de la floraison, les fleurs ou les capsules déjà grossies.
Une petite larme de gomme d’Euphorbe ne montre au microscope aucune structure bien déterminée. On n’y trouve aucune trace de la fécule si curieuse, qu’on rencontre dans le suc d’un grand nombre de nos Euphorbes indigènes et aussi de VEuphorbia antiquorum L., et dont les grains ont la forme soit de massues, soit de bâtonnets dilatés et arrondis à leurs extrémités.
L’eau ne dissout qu’une petite portion de gomme et ne donne pas d'émulsion. L’alcool lui enlève 40 à 00 p. 100 de résine.
Le suc desséché d’Euphorhe a été étudié au point de vue de sa composition chimique par un assez grand nombre de savants. Les anciennes analyses donnaient :
Braconnot.
Pelletier.
Brandes.
Résine .