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RÉSINE DE GAYAC

Guayacum. Jlrsina Guajaci nativa. Gummi Guajaci.

La Résine de Gayac du commerce est produite par le Guajacum officinale L., dont nous avons déjà étudié le bois et l’écorce (Voyez tom. Il, pag. 82).

Nous avons déjà vu que presque tous les tissus de la partie centrale du bois, sont remplis de cette résine, qui apparaît sous le microscope dans les cellules des rayons médullaires, dans celles du parenchyme ligneux et aussi dans les gros vaisseaux, qui se font remarquer dans ce bois. Lorsqu’on veut obtenir la résine, on s’y prend de deux façons. Ou bien on coupe les branches et le tronc en longs morceaux, qu’on perce d’un canal dans leur axe ; on les met sur le feu et on reçoit dans des calebasses, la résine, qui, liquéfiée par la chaleur, coule le long du canal. Ou bien encore, on réduit le cœur du bois en fragments, on le fait bouillir dans l’eau et on recueille la résine, qui s’est déposée au fond du liquide. On obtient ainsi la résine «le gajac en masses.

On trouve aussi quelquefois dans les collections une résine «le gayac en grains on en larmes, qui n’arrive pas habituellement dans le commerce. Celle-ci a découlé naturellement des branches ou du tronc de l’arbre, ou encore par les incision> qu’on a pratiquées sur ces parties. Elle paraît répondre à la résine du Guajacum sanction L.

DES RESINES. — ZYG0PI1YLLÉES.

1° Résine de gayac en larmes. Résina Gajaci in rjranis seu lacrymis. — Elle est en larmes irrégulièrement globuleuses, grosses de l à 3 centimètres, recouvertes d’une poussière d’un gris verdâtre, brillantes et transparentes à l’intérieur, d’un jaune verdâtre. Les minces lames, écrasées sur le papier, deviennent à l’air d’un vert d’émeraude. Elle ne se ramollit pas par la chaleur de la main.

2° Résine do gayac en masses. Résina Guajaci in massis. — C’est la sorte qui vient d’ordinaire dans le commerce. Elle est en masses informes, irrégulières, homogènes ou fendillées, la plupart du temps recouvertes d’une poussière verdâtre. Les lames minces sont complètement transparentes; la cassure est inégale et montre une surface d’une couleur verdâtre ou brunâtre selon les points. Longtemps exposée à la lumière et à l’air, la surface devient bleuâtre ou verdâtre. La résine ne se ramollit pas sous les doigts, ni à la chaleur de la main. Elle devient ductile par la mastication. Elle a une densité qui dépasse 1 , 2 ; elle fond à 85°.

La résine de gayac a une saveur d’abord peu sensible, mais qui produit au bout de temps sur la gorge une impression extrêmement âcre. Son odeur est agréable, et rappelle un peu celle du benjoin. Cette odeur, faible à la température ordinaire, se prononce beaucoup lorsqu'on chauffe la résine, ou lorsqu’on la pulvérise.

La résine de gayac se dissout dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, l’acétone, les alcalis, etc., en donnant au liquide une coloration brune. Les agents oxydants, tels que l’acide nitrique, les vapeurs rutilantes de l’acide liypo-azotique, colorent en vert ou bleuâtre la résine brune, de même que sa teinture alcoolique. Les agents réducteurs et la chaleur peuvent produire la décoloration; de telle sorte qu’avec une teinture de gayac on peut, en faisant agir alternativement ces agents, obtenir â plusieurs reprises des colorations et des décolorations successives. Cette propriété se perd cependant après un certain nombre d’expériences sur une môme teinture.

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