‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 140 sur 331 · RÉSINE CARAGNE · texte numérisé non relu

RÉSINE CARAGNE

Cavanna. Résina Cavanna.

Le nom de Cara^nc OU Résine Caragne a été appliqué suivant les temps à des substances différentes. La Caragne primitive, celle qui était apportée de la Nouvelle-Espagne et que Monardès a décrite, n’est pas autre chose que l lliemi en pains de Guibourt, qui est produit par Ylcica Caraha llumb., Bonpl. et Kunth, et qui porte encore à la Nouvelle-Grenade le nom de Caragne. Mais, dans nos droguiers, on donne actuellement ce nom â d’autres produits.

Ce que nous trouvons dans la collection de l’École de pharmacie, avec celte désignation, est une résine enveloppée dans des feuilles de Monocotylédone. Elle est actuellement en morceaux d’un vert noirâtre, marqués sur leur surface extérieure de stries parallèles, représentant l’impression des nervures de la feuille qui enveloppait la substance. La cassure est assez brillante ; le produit est dur, nese ramollit pas sous les doigts, mais devient ductile sous la dent, en donnant à la bouche un parfum aromatique, mêlé d’une saveur de térébenthine.

En outre, on trouve dans le droguier de Guibourt une substance résineuse, en morceaux aplatis de dimensions très-diverses, atteignant 1 centimètre à 1 centimètre et demi de longueur. Ces morceaux semblent avoir été formés d’une substance d’abord molle, qu’on aurait façonnée. La surface est parcourue de fentes qui courent dans diverses directions; elle est recouverte d’une fine poussière grisâtre. La substance en elle-même est d’un vert noirâtre, â cassure vitreuse et brillante ; elle se ramollit sous la dent, en donnant à la bouche une saveur résineuse, faiblement marquée. — C’est la substance que Guibourt a traitée par l’alcool et qui lui a donné : une teinture rougeâtre

Planchon. — Drogues simples , t. II. il]

lOi DES RÉSINES. — LÉGUMINEUSES.

et un résidu, formé d’une matière terreuse et d’une substance pulvérulente d’un vert foncé.

La résine caragne ne se trouve plus guère dans nos pharmacies. 11 est difficile de lui assigner une origine bien certaine.

légumineuses.

b. COPALS.

Mésine Animé. — Copal scu Gummi Copal , scu Résina Copul.

On donne le nom de Copai à diverses résines, qui découlent de Légumineuses appartenant à des genres de plantes qui se groupent autour desllymenæa : aux Trachylobivm , aux Guibourtia, entin aux Ilymenœa proprement dits. Ces produits portent aussi le nom de Résines animé.

Les espèces qui les produisent croissent dans des régions diverses, dont on peut indiquer trois centres principaux. Sur les côtes orientales de l’Afrique, vis-à-vis de l’ile de Zanzibar, dans le Zanguebar, le Mozambique, et aussi, paraît-il, à Madagascar viennent les Trachylobium, qui se rangent autour du Trachylobium verrucosum Klolzsch {Ilymenœa verrucosa Lam.), entre autre le Trachylobium mossambicense Klotzsch. — Sur les côtes occidentales du môme continent, dans la Sénégambie et la Guinée, ce sont les espèces d’un genre voisin, les Guibourda, Bennett, et particulièrement le Guibourtia copallifera. — En Amérique enfin, le long des côtes septentrionales de l’Amérique du Sud, dans le Venezuela, la Guyane et le Brésil, ce sont les Hymenæa proprement dits, et particulièrement Y Ilymenxa Cour bar il L.

LeGopalpeut se'lrouver dans diverses conditions. On le rencontre quelquefois en grosses larmes, ou même en espèces de stalactites, attachées encore aux branches des arbres qui les ont fournies, et se détachant alors parles mouvements mômes des arbres. Telles sont les grosses stalactites qu’on a récoltées sur

COPALS.

les Trachylodium verrucosum Klotzsch Madagascar; dans le Zanguebar, sur le Thachylobium mossambicense Klotzsch. D’autres lois, ce sont des larmes qui ont exsudé de racines enfouies, ou qui ont été ensevelies, au voisinage des plantes qui les ont produites; enfin, dans certains cas, les plantes mères ont disparu, et les substances résineuses que l'on recueille sont restées longtemps ensevelies dans la terre, et sont devenues de véritables résines fossiles, comme le succin. Tel est le Copal que l’on recueille en abondance dans le Zanguebar, à une distance de 20 à 40 milles anglais dans les terres, loin de tous les Trachylobium, qui croissent toujours actuellement à proximité du rivage. On cite aussi des Copals recueillis dans des conditions analogues sur les côtes de la mer des Antilles, dans la Nouvelle-Grenade et le Venezuela. Enfin, un grand nombre de Copals de la côte occidentale d’Afrique sont aussi enfouis dans le sable et regardés comme fossiles.

Les diverses sortes de Gopal présentent les caractères communs suivants : ce sont des substances plus ou moins dures, rappelant le succin dans leur apparence générale, brillantes à l’intérieur, à cassure conchoïdale, transparentes ou translucides, d’une densité qui varie entre 1,043 et 1,140, d’une saveur et d’une odeur très-peu marquées. La surface extérieure tend à se recouvrir d’une poussière efflorescente, blanchâtre, facilement soluble dans les alcalis.

Les diverses sortes de Copal se fondent la chaleur, sans se décomposer et ont alors une odeur balsamique. L’alcool ne les dissout pas complètement, l’éiher les dissout mieux, et mieux encore l’alcool absolu mêlé â l’essence de térébenthine,

Les sortes de celle matière résineuse sont extrêmement nombreuses. Nous les réunissons en groupes principaux, d’après leur origine géographique.

l°C«pals il<‘N côtes occidentales de l’Afrique. — Copal de Madagascar, de Mozambique, de Zanzibar ou Zanguebar ; Copal des Indes, de Bombay ou de Calcutta; Copal dur. Animé dure, orientale ,

riES RESINES — I-ÉGEMINEUSES.

Ce sont des produits résineux qui découlent naturellement des Trachijholium verrucosum Klolzsch; Trach. mossambicensa Klolzsch, etc., etc. ou qu’on trouve à l’état fossile.

Les grosses larmes que divers observateurs ont signalées, et qui atteignent parfois la dimension de stalactites, de 30 à 50 centimètres de long, sont des raretés qui n’arrivent guère dan' le commerce. Elles ont, du reste, le caractère que nous assignerons à ce premier groupe des Copals, sauf que leur surface est parfaitement unie et ne présente pas les rugosités ou l'espèce de chagrin qu’on remarque à la surface de la sorte ordinaire.

Les échantillons qui nous arrivent en Europe partent généralement de la côte de Mozambique, ou plutôt de Zanguebar, vis-à-vis de l’île de Zanzibar ; ils sont de là portés dans les Indes, à Calcutta et à Bombay, et viennent dans notre commerce par cette voie indirecte. Ce sont, d’après les données de Kirck (1). des produits enfouis depuis longtemps dans le sable, et dont les plus estimés sont ceux qui remontent à des périodes reculées et qui peuvent être regardés comme fossiles.

Ces morceaux sont généralement aplatis, de dimensions variables, ayant en moyenne 1 à 5 centimètres de long, recouverts à la surface de petites verrues de l millimètre à 1 millimètre et demi de diamètre, régulièrement rangées à côté l’une de l’autre et leur donnant un aspect chagriné. La substance elle-même est brillante dans sa cassure, très-difficile à rompre, d’une couleur jaune pâle. Elle est dure, mais se laisse cependant rayer et entamer par le couteau.

La surface de ce Copal, lorsqu’on le retire du sable où il a été longtemps enfoui, présente une efflorescence blanche, qui peut devenir assez épaisse. Cette partie extérieure est généralement enlevée avant que le Copal soit livré au commerce. Harement, et seulement pour les gros morceaux, on enlève la surface au couteau (c«pai «le lSomi»a>) ; le plus souvent on lave la surface avec une lessive alcaline ou une dissolution de

(l) Kirck, I'Itarnwceufieal Journal and Transactions . l2'‘ série, X, C5i.

COIWLS.

carbonate de potasse; on nettoyé ainsi complètement la surface qui apparaît brillante et avec son aspect chagriné caractéristique. Lorsqu'on examine avec soin cette espèce de chagrin, on voit qu’il est composé de verrues aplaties, mais qui à la loupe, ou à un grossissement de 80 diamètres, montrent manifestement de petites facettes sur leur surface. Ces rugosités ne sont pas dues, comme on l’a dit quelquefois, à l’impression de grains de sable; on voit qu’elles proviennent de nombreuses fentes qui se croisent dans diverses directions, et qui, très-serrées les unes contre les autres, limitent ces petites élevures verruqueuses. Ces fentes proviennent probablement du retrait de la substance qui a été se durcissant et se condensant de plus en plus.

Le Copal des cotes occidentales d’Afrique est le plus estimé dans le commerce pour la confection des vernis. Il ressemble plus que tous les auLres au succin, dont il se distingue extérieurement par l’aspect chagriné de la surface et aussi par les caractères suivants :

1° Le Copal s’enflamme à la bougie, se fond et coule goutte à goutte. Le succin se boursouffle sans couler.

Le Copal devient poisseux lorsqu’on le mouille avec de l’alcool à 80°, et l’alcool laisse en s’évaporant une tache blanche transparente; le succin reste sec et transparent.

3U Le Copal ne donne pas, lorsqu’on le disLille, l’acide que donne le succin dans ces conditions, et qu’on a nommé acide succinique.

Nous avons vu que le Copal est très-incomplétement soluble dans l’alcool, il reste un résidu qui atteint de 60 à 67 pour 100. La poudre de Copal exposée à l’air chaud, pendant quelque temps, absorbe l’oxygène et devient alors complètement soluble dans l’alcool. Une addition de camphre ou d’ammoniaque dans l'alcool favorise aussi beaucoup la dissolution de la substance ; mais les vernis qu’on ferait en employant ce moyen ne sécheraient que difficilement.

DES KESINES. — LÉGUMINEUSES.

L’éther gonfle la poudre de Copal et en dissout une partie, mais laisse encore beaucoup de résidu. L’essence de térébenthine ne donne pas un meilleur résultat. Les dissolvants les meilleurs de la substance sont: l’huile de caoutchouc et l’huile empyreumatique que donne le Copal môme, lorsqu'on le soumet à une fusion prolongée et à la distillation.

Les recherches de M. Filhol ont montré que le Copal dur contient cinq résines différentes, qu’on peut isoler en traitant successivement le produit par divers dissolvants.

2U Copain «le la côte occidentale d’Afrique. — Les Copals de ce groupe sont produits par des Guibourtia, et particulièrement par le Guibourtia copalhfera Bennett. Un certain nombre se trouvent enfouis dans le sable, sans qu'on trouve à côté les arbres qui les ont jadis produits; ce sont des copals fossiles.

Les premiers, qui découlent de plantes actuellement vivantes, appartiennent surtout à la partie septentrionale de la région copallilere ; on distingue parmi eux le Copal de Sierra Ceone et le Copal d’Akra. La résine exsude de l’arbre comme un suc de couleur claire, puis se durcit à l’air en masses irrégulières, en se fonçant peu à peu. Les masses sont plus ou moins grosses, arrondies, coniques ou mamelonnées, à cassure vitreuse; la substance est d'un jaune plus ou moins pâle, transparente ou parfois nébuleuse, surtout dans le Copal d’Akra. La surface extérieure est revêtue d’une mince couche efllorescenle, qui va s’épaississant avec le temps, mais dont on peut facilement débarrasser les morceaux, en les lavant avec le carbonate de potasse ou une lessive alcaline.

Les Copals de la région méridionale, particulièrement ceux du Congo, d’Angola et de lïotigncia, sont en général en masses plus fragiles, moins compactes et moins mamelonnées, recouvertes à la surface d’une efflorescence blanchâtre, crayeuse ou colorée en jaune orangé plus ou moins foncé. Celle efflorescence est profondément sillonnée de fentes qui se croissent dans tous les sens, et, au-dessous de la croûte, la surface est

COPALS.

généralement verruqueuse, quelquefois régulièrement, comme dans le Copal d’Angola, d’autres fois très-irrégulièrement, comme dans celui de Benguela. — La plupart de ces produits sont des résines fossiles.

L’alcool dissout une partie seulement de ia substance, mais en plus grande quantité que dans les Copals de la côte occidenlale ; la dureté est moindre. — Les principes résinoïdes isolés par les divers dissolvants sont tout û fait analogues.

3° Copals «lu Brésil, «le Cayenne. — Animé tendre orientale.

Ce sont les produits des flymenœa, et particulièrement du Courbaril.

Ces Copals ont mérité le nom de Copals tendres ; ils sont en elle! plus facilement attaqués par le couteau que les copals précédents. Ils sont en morceaux plus ou moins arrondis et de dimensions très-variables, recouverts extérieurement d’une efflorescence blanchâtre, généralement en couche mince. La substance elle-même est d'une couleur tantôt claire, tantôt plus ou moins foncée, mais très-fréquemment marquée par place de nébulosités.

Ces copals sont remarquables par leur peu de dureté, et aussi par leur solubilité moins incomplète dans l’alcool, dans l’éther et dans l’essence de térébenthine.

On trouve aussi en Amérique des copals enfouis dans le sable et qu'on peut regarder comme fossiles. Ils sont plus durs, plus transparents et plus souvent recouverts d’une croûte effloreseente, souillée d’impuretés et de matières terreuses.

STYRACINÉES.

Les Ktyracinées fournissent à la matière médicale deux produits, qu’on range d’ordinaire dans les résines, quoique leur odeur prononcée toujours chez eux la présence d’une petite quantité d’huile essentielle. Ces produits sont le Benjoin et h; Styrax Calamite.

UES RESINES. — STYRACINÉES.

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