‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 139 sur 331 · MASTIC · texte numérisé non relu

MASTIC

tés par de petites cellules, analogues à ceux que nous avons indiqués dans les Ombellifères, les Composées, la Myrrhe, le Lierre, etc. Le bois ne contient aucun de ces réservoirs résineux. Des exfoliations se produisent assez généralement sur l’écorce. Les couches extérieures tombent en petites plaques, mais qui restent toujours assez minces et laissent à peu près intacte la couche de cellules pierreuses. Ces exfolialions n’en rapprochent pas moins de la surface extérieure les canaux résinifôres; aussi suffit-il d’attaquer très-légèrement la tige pour en faire écouler le Mastic.

La récolte se fait d’ordinaire vers le milieu de juillet. On fait de légères incisions, perpendiculaires à l’axe, sur toutes les parties du tronc et sur les branches principales. De ces légères blessures, il s’écoule immédiatement un suc clair et aromatique, qui se prend en quelques heures et se durcit à la surface en larmes arrondies ou légèrement allongées. Ce n’est cependant que 15 ou 20 jours après, dans le courant du mois d’août, qu’on recueille ces larmes sur la plante. D’autres tombent sur des pierres disposées pour cela; une partie du produit est recueilli à terre. De là diverses sortes, de valeur différente.

1° mastic en larmes. Mastiche in lacrymis, seu granis, seu electa. — Il est en larmes plus ou moins arrondies, qui peuvent atteindre un centimètre de longueur. Elles sont généralement couvertes à la surface d’une poussière blanchâtre, qui provient du frottement des morceaux les uns contre les autres, mais la substance intérieure est parfaitement transparente, et brillante comme le verre sur la cassure. La couleur en est d’un jaune très-clair, un peu verdâtre, quand les larmes sont récentes; mais celte légère teinte s’éclaircit peu à peu et finit par s’effacer avec le temps. La densité est un peu plus forte que celle de l’eau ; elle est représentée par 1,074. — Les larmes se ramollissent vers 90° et fondent vers 108°. Mâchées, elles deviennent ductiles. Leur saveur est aromatique ; leur odeur est peu marquée, balsamique; elle se prononce surtout sous l’influence de la chaleur.

OES RÉSINES. — TÉRÉBINTIIACÉES.

Cette sorte est la meilleure ; c’est la seule qu’on doive recevoir dans les pharmacies. Il faut en éloigner :

2° Le Mastic commun OU Mastic en sortes. MastidlC iïl SO)'tis. — Ce Mastic est celui qu’on a recueilli à terre. 11 est formé de morceaux irréguliers plus gros, d’une transparence moins grande, mêlés d’un certain nombre de larmes brunes, même presque noires, cl de nombreuses impuretés : écorces d’arbres, débris de feuilles, sable. Les larmes de cette sorte se ramollissent à une température un peu plus basse.

Le Mastic se dissout dans l'éther et l’essence de térébenthine chaude, incomplètement dans l’alcool froid ; il y laisse un résidu, qu’on a désigné sous le nom de Masticine et qui paraît être une résine neutre, tandis que la partie soluble dans l’alcool a des propriétés acides. C’est cette dernière qui domine dans la substance : elle y est dans la proportion de 90 p. J 00, tandis que la Masticine n’y est contenue que dans la proportion de 10p. 100. En outre, il y a des traces insignifiantes d’huile essentielle.

La résine qui ressemble le plus au Mastic et qu’on peut le plus facilement confondre avec lui est la Sandaraque . 11 est cependant des caractères bien tranchés qui permettent de l’en distinguer. Les larmes de la Sandaraque sont très-allongées; en outre, elles se réduisent en poudre sous la dent; enfin elles sont complètement solubles dans l’alcool, et incomplètement dans l’étber et l’essence de térébenthine.

Le Mastic sert de masticatoire en Orient et l’on utilise aussi quelques produits semblables, découlant des Pistacia. Ainsi en Perse, dans l’Afghanistan et le Bélouchistan, on emploie à cet usage les larmes pyriformes du Pistacia mutica qui se ramollissent à la température de 40°. — Dans l’Etat de Tunis, c’est le Pistacia atlantica Desf., qui donne des larmes analogues.

On a désigné sous le nom de Mastic de Bombay , des larmes d’une couleurjaune brun, qui rappellent un peu les sortes tout à fait inférieures du Mastic de Ghio. Elles se dissolvent com-

RESINE C.Vlt.VGNE.

plétement dans l’alcool chaud, et ont une odeur de térébenthine bien marquée. On ne sait si elles découlent d’un Pistacia ou d’un lioswellia.

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