LAQUE
Résine Laque. — Résina Lacca. Gummi Laccæ. Lacca.
La Laque est produite sur les jeunes branches et les rameaux de diverses plantes, parmi lesquelles on remarque surtout plusieurs espèces de Ficus des Indes ( Ficus relitjiosa L., et Ficus indica L.) et Y Aleurites laccifera Welld., plante des lies Moluques, appartenant à la famille des Euphorbiacées. On la trouve également sur le Ilhamnus Jujuba L.; sur le liutca frondosa L.,ete. La production de la substance se lie toujours à la présence sur ces arbres d’un insecte de l’ordre des Hémiptères, le Coccus Lacca Kerr.Les lemelles de celte espèce se rassemblent à l’cxtré-
mité des rameaux, elles s’y fixent, serrées les unes contre les autres, et se revêtent bientôt d’une exsudation résineuse, qui se soiidilie autour d’elles et forme sur les petites branches des espèces de manchons raboteux la surface.
Dans le commerce, on apporte la Laque sous divers états. Tantôt, on se contente de recueillir le rameau entier, bois et résine ensemble; c’est la Laque eu bâtons. D’autres fois, on détache les cylindres de leur axe ligneux et on les apporte en gros morceaux, c’est ce qu’on a quelquefois appelé Laque en grappes; ou bien, on concasse les morceaux et on en fait de la Laque en grains. Dans ces diverses opérations, on laisse à la Laque ses caractères naturels. On pousse quelquefois plus loin la préparation : on fait fondre la Laque dans l’eau bouillante pure ou alcalinisée; on la passe à travers une toile, on l’étend sur une surface plane, et on presse de manière à en faire des plaques. C’est la Laque en plaques ou en écailles.
1° Laque en bâtons. — LttCCU 111 VCMlullS SCU lit btlCullS.
Cette laque arrive dans le commerce, avec l’extrémité des rameaux. Elle y forme des especes de manchons irréguliers, raboteux à la surface, d’une épaisseur de -i à 5 millimètres en moyenne. La couleur île la substance est rougeâtre : elle est transparente dans les lames minces, brillante dans la cassure. On y voit un grand nombre de petites logettes, dans lesquelles on trouve souvent les débris de l’insecte ou des petits, qui sont au nombre de 20 à 30 dans le corps de leur mère. Elle colore la salive en rouge. Son odeur est nulle à la température ordinaire; mais elle se développe, et devient forte et agréable, quand on la chauffe ou qu’on la brûle.
2° Laque eu grappe». — Lacca in rcicemis.
Cette sorte ne diffère de la précédente qu’en ce qu’on l'a débarrassée de l’axe ligneux, qu’elle recouvrait. — Elle est en gros morceaux, généralement semi-cylindriques, et présente les caractères de la sorte précédente.
3° Laque eu grain». — LtlCCll itl tjranis.
I’laschoN. — Drogues simples, t, 11. 1 j.
DES RESINES. — CONIFERES.
C’est la Laque mise en petits morceaux, anguleux et irréguliers. Elle est quelquefois d’une couleur pâle; il faut alors la rejeter. Elle ne contient, en effet, qu’une partie de son principe colorant; on a enlevé le resLe par un traitement à l’eau alcalinisée.
4° Laque en plaques ou en écailles. — LdCCCl ni tabullS.
C’est une sorte qui a subi la préparation particulière, que nous avons indiquée plus haut. Elle est en lames minces, de structure assez homogène, translucides. La couleur est variable suivant qu’on a enlevé une plus ou moins grande proportion de matière colorante. Aussi la distingue-t-on en blonde , ronge ou brune.
La composition de la Laque a été recherchée par un assez grand nombre de chimistes. Voici, d’après John, les divers principes qu’on a retirés de la Laque en grains :
Résine . 00,55
Substance particulière . KJ, 70
Matière colorante . 3,75
Extractif, . 3,92
Acide particulier . 0,G2
Chitine . 2,08
Matière cireuse . 1,07
Sels . 1,04
Sable et terre . 0,62
La Résine contient o corps résinoïdes différents, qu’on isole les uns des autres par les divers dissolvants. La substance particulière est transparente, brunâtre; elle est insoluble dans l’alcool, dans l’éther et dans les huiles essentielles. La chitine n’est pas autre chose que la substance qui forme les téguments des insectes.
Lorsqu’on épuise la Laque par une dissolution étendue de carbonate de soude, et qu’on précipite par l’alun, on obtient h; Lac-laque, dont on se sert pour la teinture. \.e Lac-dye est la même préparation faite avec le plus grand soin.
CONIFÈRES
Les Conifères donnent â la matière médicale un très-grand
SAMUKAni'E.
nombre de produits résineux, mais la plupart, l’étal où ils découlent de la plante, sont mélangés d’huile essentielle. La Sandaraque et les Dammars sont les seuls produits naturels, qu’on puisse ranger dans les résines pures. La Poix de Bourgogne, telle qu’elle découle des Sapins; le Galipot ou Barras des Fins, quoique très-pauvres en essence, n’en sont pas moins de vraies Térébenthines, qu’on ne peut séparer de ces produits oléo-résineux. Les autres résines sont obtenues artificiellement dans le traitement des diverses térébenthines. Nous rapprocherons des résines naturelles le Succin, qu’on a attribué à une espèce éteinte de Pin.