‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 157 sur 331 · SUCCIN · texte numérisé non relu

SUCCIN

Ambre jaune. — Karabe. Succinum. Eledrum.

Le Succin est une résine fossile, qu’on rencontre dans les couches terrestres, généralement au voisinage des lignites. On le trouve en abondance, sur les bords de la mer Baltique. Les vagues, en remuant le terrain de la côte, en entraînent des morceaux, qu’on pêche à la marée montante avec des filets. Le reste se trouve en place au milieu des cailloux roulés et de la terre. — On en rencontre également dans diverses localités d’Angleterre, de France, d’Allemagne, de Hollande, de Suède, d’Espagne et d’Italie. — C’est évidemment un produit qui a exsudé autrefois d’arbres maintenant éteints : il contient, en effet, au milieu de sa substance des débris végétaux et des insectes parfaitement intacts. Ces êtres ont depuis longtemps disparu de notre globe; ils appartiennent donc aux époques géologiques.

M. Goppert, dans ses éludes sur les Conifères fossiles, a déterminé, d’après les débris trouvés auprès du Succin ou dans le Succin même, la nature de l’arbre qui devait le produire. C’est une espèce éteinte rappelant les Pinus, qu’il a nommé Pinites succinifer. D’autres plantes du môme genre, qu’on a trouvées

DES RESINES. — PALMIERS.

dans le voisinage, concourraient, aussi probablement à sa production.

Le Suecin est solide, dur, cassant. 11 est tantôt transparent, et alors d’un jaune d’or; tantôt à peine translucide et même opaque, et alors d’une couleur blanchâtre. Sa cassure esten général conchoïde, plus ou moins brillante. Son poids spécifique varie entre 1,065 et 1,070. Il n’a pas d’odeur et de saveur marquées, au moinsàla température ordinaire; mais il donne aux bocaux qui le renferment une odeur douce et aromatique; et lorsqu’on le frotte et qu’on le pulvérise, il développe encore ce parfum particulier.

Le frottement lui fait acquérir des propriétés électriques qui se manifestent d’une manière très-marquée, par l’attraction qu’il excerce sur les corps légers.

Le suecin brûle à la bougie en se boursouflant, mais sans couler et tomber en gouttes; il répand alors une forte odeur aromatique. Il fond à la température de 287° ; puis, à une plus haute température, il se décompose et donne de l’eau, de l’acide succinique et des hydrocarbures.

Il est presque complètement insoluble dans l’eau, dans l’alcool, dans l’éther et dans les huiles grasses et volatiles. Bouilli avec de l’huile de lin, il se ramollit, si bien qu’on peut lui donner par la pression les formes que l’on désire ; il se dissout dans les alcalis en un liquide qui peut se mélanger avec l’eau et l’alcool.

Lorsque le suecin arrive à l’état brut et qu'il a été récolté en place, il est le plus souvent recouvert d’une croûte extérieure assez dure. Ce suecin, ainsi enveloppé de sa couche extérieure, contient plus d’acide succinique que le suecin pêché dans la mer et dont la surface extérieure esL tout à fait nette.

L'acide succinique qu’on obtient par la distillation sèche du suecin, existe tout formé dans la substance et on peut l’en retirer par l’éther, qui dissout en même temps une huile volatile et deux résines, insolubles dans l’alcool. 11 reste un résidu jau-

SANG-DRAGON

nftire, qu’on appelle Succinine ou Bitume du Succin, et qui donne

lui seul 88 à 90 pour 100 du poids de la substance.

L’ambre jaune peut être tourné et poli : aussi est-il employé pour faire des bijoux. On utilise souvent en pharmacie les débris qui résultent de cette fabrication. Il faut prendre garde dans ce cas, qu’on n’y mêle point de la Colophane ou du Copal. — Nous avons déjà dit précédemment les principales différences qui existent entre les Copal et le Succin ; nous ajouterons seulement ici qu’une solution de potasse donne au Copal une odeur particulière de Baume de Copaliu, qui permet de le reconnaître facilement. — Quant à la Colophane, elle se reconnaît par sa moindre dureté, et surtout par sa solubilité dans l’alcool.

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