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TACAMAQUES

Animé. Tacamahaca. Résina Anime.

Sous le nom de Tacamatiues, on a désigné un certain nombre de résines, qui ne se rapportent pas toutes à la même famille de plantes ; les unes sont produites par des espèces appartenant au groupe des Guttifères, et particulièrement aux Calophyllum; nous les avons déjà étudiées précédemment sous les noms de Baume vert, Baume Marie, etc., eLc. D’autres se rapportent aux Térébinthacées, et sont surtout données par les Icica et les Elaphrium.

On voit tout de suite qu’elle parenté il doit exister entre les Tacamaques et les Elémis, que nous venons de décrire. Ce sont en effet des espèces du môme genre qui fournissent les uns et

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les autres : des le ica, comme pour les Élémis de l’Amérique du du sud ; des Elaphrium, comme pour ceux du Mexique. Enfin, comme nous l’avons déjà indiqué, certaines résines de Bursera et particulièrement du Bursera gummi fera Jaeq. relient étroitement ces produits entre eux. Les résines de celte espèce ont été tantôt données comme de l’Élémi, d’autres fois décrites comme Tacamaques. Elles ont en effet parfois l’aspect assez homogène, la teinte uniforme, un peu verdâtre, l’odeur de certaines sortes de 1 apremière résine; d’autres fois on y trouve des larmes jaunes, opaques; ou même la substance tout entière est dure, d’un jaune blanchâtre, opaque, analogue enfin aux tacamaques de l’Amérique du Sud. — Un caractère, indiqué par Guibourt, distingue seul très-nettement les produits de Bursera de l’un et de l’autre groupe auxquels ils confinent; c’est la présence d’un principe volatil, qui donne aux papiers placésàleur portée une coloration brune particulière.

Des tacamaques, que nous avons à étudier ici, on peut faire deux groupes distincts ; celle de Y Elaphrium tomenlosum Jacquin, qui par son aspect et sa couleur rougeâtre rappelle plutôt l’Oliban ou le Bdellium que les autres tacamaques ; celles des Icica, qui rappellent beaucoup plus les Élémis.

1° Tacamatiuc des Bmlcs occidentales. Tacainaque roiigeâ-

tre de Guibourt; Tacahamaca occidentalis, produit par Y Elaphrium tomentosum Jacq. (Amyris tomenlosa Sprengel). — C’est la résine Tacahamaque de Bergius et de Monardès. — Elle ne vient qu’accidentellement dans le commerce, et ne mérite de description que parce que c’est un des types le plus anciennement établis de Tacamaque.

Elle est en morceaux, qui varient depuis la grosseur d’un pois jusqu’à celle d’une noix. Ces larmes ont une couleur jaune rougeâtre, ou brune; leursurfacc, assez irrégulièrement bosselée, est recouverte d’une poussière jaunâtre ou grisâtre. La cassure est brillante et montre des places ternes et blanchâtres. La substance est translucide et a une densité de 1,040. L’odeur est

TACAMAQUES.

for (.e et aromatique, la saveur amère. Cette résine sèche et cassante se ramollit par la chaleur; elle brûle avec une flamme blanche. Elle est soluble dans l’alcool et dans les solutions alcalines.

2° Résine Tacamaquc îles icîtiuiers. — Les diverses Tacamaques, qu’on rapporte aux Icica , ont été décrites par beaucoup d’auteurs sous le nom à’ Animé (1) et restent encore avec celle dénomination dans le commerce.

Nous ne leur conservons le nom de Tacamaque que parce qu’ils sont ainsi dénommés dans les Traités de matière médicale française. Ces substances sont en morceaux plus ou moins réguliers, de couleur jaune, ou d’un blanc jaunâtre. La substance est tantôt brillante et comme onctueuse, tantôt mate, et le plus souvent, sur la cassure, on voit les deux couleurs blanche et jaunâtre former de véritables marbrures. En tout cas, il tend à se faire vers la surface une croûte opaque ou une efflorescence soit blanchâtre, soit de couleur sale, quicaractérisebienle produit. L'odeurrappelle celle des Élémis. La saveur est un peu amère.

Voici les formes sous lesquelles nous trouvons ces Tacamaques :

A. La Tacamaque jaune huileuse de Guibourt. — Cette Tacamaque est Y Anime occidentalis d’un grand nombre d’auteurs. Elle est en morceaux irréguliers, â surface bosselée, portant souvent des portions d’une écorce papyracée jaunâtre, et recouverte d’une poussière blanchâtre. Au-dessous d’une mince croûte opaque, la cassure montre à l’intérieur une surface bril-

(I) Le mot Anime a été appliqué à la fois à des sortes de Copal, produites par des Légumineuses, et à dos produits oléo-résineux du groupe des Icica . Le mieux serait peut-être pour éviter toute confusion entre ces divers noms : Tacamaque, Animé, Copal, d’appliquer le premier aux Résines de Calopliyllum et de Guttiféres, que nous avons étudiés précédemment sous les noms de Baumes verts et dont le type est le produit du Caloplujllum Tacahama.cn • le second aux oléo-résines des Icica et genres voisins, qui ne rentrent point dans les Elémis ; enfin le troisième aux résines, qui découlent des Légumineuses: lliqmenœa, Trachil ihiii n, G uihourlia, etc., etc.

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lante, comme huileuse, de couleur jaune, parsemée çà el là de petits morceaux de couleur blanchâtre et mate.

L’odeur de cette Tacamaque est aromatique et rappelle un peu celle de l’encens. Mise sous la dent, la résine se pulvérise d’abord, mais ensuite elle se conduit comme le mastic ; elle a une saveur douce et aromatique, très-faiblement amère. Elle est presque complètement soluble dans l’alcool, qui ne laisse qu’un petit résidu blanchâtre.

La Tacamaque huileuse de Guibourt se présente quelquefois en morceaux demi-cylindriques, comme huileux à la surface et montrant au-dessous d’une très-mince couche opaque, une substance blanchâtre, brillante et transparente. La résine a une odeur semblable à la précédente, seulement un peu moins faible.

B. A côté de cette Tacamaque jaune huileuse, plaçons la Tacamaquc huileuse incolore de Guibourt, qui pourrait répondre à 1 Encens de Cayenne et à la Résine Iciea, qui a été analysée par M. Scribe (1). Dans le droguier de l’École de Pharmacie et telle que Guibourt l’a décrite, elle est en bâtons semi-cylindriques amincis à l’extrémité ; mais on la trouve aussi en morceaux et en grains blancs ou d’un blanc jaunâtre, transparents, d’une odeur forte et agréable, d’une saveur d’abord simplement parfumée, puis amère. Elle est donnée par les Icica delà Guyane et particulièrement par Y Icica guyanensis Aublet.

Celte résine se dissout dans 53 parties d’alcool froid et dans 13 parties d’alcool bouillant ; elle est plus soluble dans l’essence de térébenthine. On peut la considérer comme un mélange de trois résines, dont deux crislallisables : la Bréane et Ylcicane et une amorphe incris tallisable, la Colophane.

C. La Tacamaque qui vient le plus souvent dans le commerce, celle qui à notre point de vue pratique mérite d’ôLre mise en première ligne, est la Tacamaque jaune terreuse de Guibourt,

(1) Annales de Chimie et de Physique, 3e série, XIII, IG'.

LEGUMINEUSES.

dont nous avons vu des échantillons exposés par JM. Triana, en 1867, sous le nom de Résine animé, provenant de Ylcica heplaphylla Aubl.

Celte substance est très-facilement reconnaissable et très-caractérisée par l’abondante efflorescence, d’apparence terreuse, qui se fait à sa surface. Elle est en morceaux généralement aplatis, portant parfois sur une des faces des débris d’écorce. Au-dessous d’une croûte extérieure d’un gris noirâtre, peu uniforme, on voit, en brisant la substance, une alternance de couches de couleur jaune soufre plus ou moins pâle et de couleur blanche mate, ou encore de teinte grisâtre sale. Quand le morceau est un peu épais, la substance, tout en restant mate, rappelle davantage, par ses marbrures blanche et jaune, laTacamaque jaune huileuse en larmes, que nous avons décrite cidessus. Celte résine est opaque dans toutes ses parties. Elle se fond à la flamme de la bougie et brûle avec flamme, en répandant de la fumée et donnant une faible odeur d’encens.

L’odeur de la Tacamaque terreuse est résineuse et térébinthacée ; sa saveur est d’une amertume bien marquée. Toutes les parties, tant extérieures qu'intérieures, sont solubles dans l’alcool.

LÉGUMINEUSES

Deux genres de Légumineuses donnent à la matière médicale des produits oléo-résineux importants. Ce sont les Copaifera et les M proxy Ion , qui habitent les régions de l’Amérique centrale et les parties septentrionales de l’Amérique du Sud : la Nouvelle-Grenade, le Yénézuela, la Guyane et le Nord du Brésil. — De ces deux genres, le premier nous fournit une Oléo-Résine, qui porte dans le commerce le nom de Baume de Copahu ; le second, de véritables Baumes contenant avec la résine et l’essence une cerlaine proportion d’acide benzoïque et d’acide cinnamique. Ce sont les Baumes de Tolu et de Pérou.

Nous avons déjà eu l’occasion d’étudier la structure d’un cer-

tain nombre de tiges de Légumineuses et particulièrement des Bois contenant des matières colorantes ou résinoïdes; les bois de Gampôehe, de Brésil et de Santal rouge. Nous y avons vu les principes utiles imprégner presque tous les tissus des couches ligneuses : cellules du parenchyme et cellules des rayons médullaires, vaisseaux et fibres ligneuses. Dans les Copaifera & t les Myroxylon, on peut observer une structure analogue ; c’est surtout dans les couches ligneuses que se trouve l’oléo-résine, c'est la qu’on la voit au microscope, remplissant la capacité des vaisseaux, et c’est là qu’on va la chercher en pénétrant plus ou moins profondément, suivant les espèces auxquelles l'on a à faire.

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