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OLÉO-RÉSINE DE COPAHU

Baume de Copahu. — Copaiva. Balsamum Copaivæ.

Le ztauinc de CopaiiH est produit par diverses espèces du genre Copcnfera; les Copaifera multijuga Hayne, Copaifera Langsdorfii Desfontaines, Copaifera coriacea Martius, Copaifera Jacquini Desfont. {C. officinalù L.), etc., etc.

Ces espèces s’étendent depuis le Yénézuela et la Nouvelle- Grenade jusque dans le Brésil. Le Copaifera Jacquini Desf. (C. officinalis L.) croît surtout dans le Yénézuela et aussi dans les Antilles; le Copaifera multijuga Hayne occupe la région du ileuve des Amazones; le Copaifera Langsdorfii Desf., les provinces de Saint-Paul et de Minas-Geraes ; le Copaifera coriacea Mart. se trouve dans les mêmes régions, jusqu’il Baliia. — Peutêtre faut-il ajouter il ces espèces les Copaifera cordifolia llayne, C. Jussiæi llayne, C. laxa Hayne, C. Sellowii Hayne, C. bijuga Willd., C. nitida Mart., C. oblongi folia Mari., qui viennent aussi dans le Brésil, et le Copaifera Guijanensis Desf. qui croît sur les bords du Hio Ncgro.

La substance oléo-résincuse paraît exister à la fois dans l’écorce et dans le bois des troncs de ces diverses espèces. Au moins, O. Berg, qui a étudié l’histologie des jeunes rameaux, tels

OI.EORESINE DE COPAIIE.

qu’on les trouve dans les collections, a-t-il montré qu’au-dessous des couches subéreuses et de l’écorce moyenne se trouvent des canaux balsamifères, limitant extérieurement la zone libérienne. Ces canaux sont placés à distance les uns des autres et forment un cercle assez régulier. Les couches ligneuses, coupées de nombreux rayons médullaires, contiennent des vaisseaux ponctués ou rayés, dans lesquels on voit d’ordinaire une certaine quantité de matière résineuse. — C’est en somme dans ces couches que l’on trouve la plus grande abondance de suc, et c’est là que l’on pénètre lorsqu’on veut exploiter les Copaifera.

Pour cela, on fait, à la base du tronc, des orifices qui arrivent presque dans les couches centrales. Le suc liquide s’en échappe rapidement, si bien qu’au bout de quelques heures on en a recueilli plus d’une livre. Une opération semblable peut donner G kilogrammes de Copaliu par pied, et on la répète deux ou trois fois dans l’année sur le même arbre.

Le Baume de Copaliu est un liquide de consistance oléagineuse, d’unecouleur jaune plus ou moins foncée, laissant parfois déposer une partie solide au fond du vase qui le renferme, d’une densité un peu inférieure à celle de l’eau (0,95 à 0,99), d’une odeur forte, tenace; d'une saveur amère, âcre, désagréable.

La plus grande partie du Baume du commerce vient du Para, de Maranham et de Itio-dc-Janeiro : maison en reçoit aussi du Vénézuela et de la Nouvelle-Grenade, par les ports de Maracaybo, de Savanille et de CarLhagène. GuibourL a signalé une sorte de Cayenne. On en reçoit rarement par la voie des Antilles. — Ces diverses sortes de Copahu présentent entre elles, dans la consistance, la couleur et les propriétés organoleptiques, des différences assez marquées, qui méritent d’être indiquées.

1 0 Baume de Copahu du Brésil. — Ce Copahu est un liquide, ressemblant par sa consistance à de l'huile; il est d’un jaune peu foncé, transparent, plus léger que l’eau, dans laquelle il ne se

dissout pas; soluble en toutes proportions dans l’alcool absolu, l’éther et les huiles volatiles. Cependant avec l’alcool, la disso- 1 ni on reste d’ordinaire un peu laiteuse, et donne par le repos un léger dépôt de résine molle ou d’huile fixe. Avec l’ammoniaque et les alcalis, il donne une liqueur claire. 11 dévie à gauche le plan de polarisation. 11 donne par la distillation de 40 à 45 pour 100 d’huile essentielle. Avec le temps, il se fonce et prend une plus grande consistance. Il a une odeur forte, tenace, désagréable et une saveur amère, âcre et repoussante.

11 est produit, dans le Para et le Maranham, par les diverses espèces que nous avons signalées dans la région, et particulièrement par le Copaifera multijuga Hayne, qui paraît en fournir la plus grande partie. 11 vient rarement par Rio-de-Janeiro.

Il est arrivé quelquefois du Para un Baume de Copahu trèslluide, d’une couleur jaune, d'un poids spécifique un peu moindre que le Baume ordinaire du Brésil (0,94 au lieu de 0,97 à 0,99). Ce Baume ne se dissout pas complètement dans l’alcool, donne une dissolution trouble avec l’ammoniaque et les alcalis; il contient 82 pour 100 d’huile essentielle.

2° Baume de Copahu de la Colombie OU Copaliu «le Slaracailio. — Copahu de Savanille. — Copahu des Antilles.

On désigne sous ces noms divers un Baume de Copahu, qui vient surLout parla voie de Maracaïbo, mais aussi par Savanille, par Carlhagènc et par les Antilles. Les lieux de production sont : le Vénézuela, la Nouvelle- Grenade, et peut-être aussi la Trinité. C’est surtout le Copaifera Jacquini Desf. (Copaifera of/icinalis L.), qui paraît donner ce Baume.

11 est plus épais que le Baume de Copahu du Brésil, d’une couleur jaune d’or, et laisse déposer au fond des vases une assez grande quantité de matière résineuse cristallisée. Ces deux parties, liquide et précipité, sont, du reste, toutes deux solubles dans l’alcool absolu. M. Buignet (1) a trouvé que ce (I) Buignet, Journal de pharmacie et de chimie, 3e série, XL, 202.

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