BAUME DE TOLU
R tlsamum tolutanum seu de Tolu. Résina tolutana. — Opobalsamum siccum.
Le Baume «le Tolu est donné par le Myroxylum toluiferum Humb. Bonpl. et Kunth {Myrospermum toluiferum Richard).
Cette espèce habite la Nouvelle-Grenade, dans la partie inférieure du llcuve Magdalena, du côté de Turbaco, le long du lleuve jusqu’à Mompax, enfin à Tolu, au sud-ouest du port de Carthagène. D’autres espèces concourent peut-être aussi à la production de ce Baume.
La matière balsamique se trouve dans les couches ligneuses et, pour l’obtenir, on perce profondément le bois avec une tarière. Un suc de consistance épaisse s’en échappe ; on le recueille dans des calebasses et on nous l’expédie en Europe, soit directement par les ports de la Nouvelle-Grenade : Carthagène, Sainte- Marthe et Savanille, soit par la voie indirecte des Antilles et de New-York.
Au moment où le liquide s’écoule, il a une consistance de térébenthine; mais peu à peu il se durcit à l’air, et il finit par former une substance solide, très-ferme lorsqu’elle est ancienne. En môme temps, le Baume subit quelques transformations. Tandis (pie les couches minces du liquide étaient transparentes et ne présentaient aucune trace de cristallisation, les lames du Baume solidifié sont devenues opaques, et on voitque les rayons lumineux y sont brisés par une quantité de erjstaux. La proportion d’huile essentielle a aussi considérablement diminué, par le fait de sa résinification, et le produit a une odeur moins forte, mais toujours prononcée et très-agréabie. Comme la solidification du Baume peut se faire très-lentement et que l’état à peu près liquide peut persister même quelques années, sans (pie la cristallisation se produise dans la masse, on peut avoir dans le commerce le Baume «le Tolu mou et le Baume
Plancuon. — Drogues simples, t. II. 17
«ic> Toi h sec. C’esi cependant dans ce dernier élat qu’il nous arrive le plus fréquemment.
H:i mue «le Toi h mou. — Ce Baume vientsoit l’étal de térébenlhine, soit dans un étal de solidification plus avancé et comme une poix molle. Il es! de couleur foncée, plus ou moins transparent, homogène ou de structure granuleuse. Il a une odeur suaveet aromatique, très-prononcée. — Mis en couches minces, il se durcit assez rapidement et l’on peut constater que son huile essentielle diminue et qu’au conlraire la résine augmente de proportions: l'un des principes se forme aux dépens de l’autre.
Baume «le Toiu sec. — Le Baume de Tolu sec est le précédent solidifié par l’âge. Il est solide, cassant, de structure cristalline; sa couleur est d’un roux ou d’un fauve plus ou moins rougeâtre. Il se ramollit facilement vers 30° ou (iu° ; au feu, il fond en donnant une fumée d’odeur agréable. Son poids spécifique est de 1, 2 environ. Étudié au microscope, il montre de nombreux cristaux. L’odeur de ce Baume es tplus faible que celle du Tolu mou; elle esl très-agréable. La saveur, douce d’abord, devient ensuite âcre à la gorge.
Le Baume de Tolu arrivait autrefois dans de petites calebasses, qu’on ne trouve plus guère (pie dans les anciennes collections. Actuellement, on le met après l’avoir recueilli, dans de grandes boîtes en fer-blanc, et c’est ainsi qu’il nous parvient, tant â l’étal sec qu’à l’état mou.
Le Baume de Tolu est soluble dans l’alcool et dans l’éther. 11 cède à l'eau bouillante unecertaine quantité d’acide benzoïque et cinnamique. Mais une circonstance caractéristique est son insolubilité dans le sulfure de carbone et les huiles essentielles; une lessive alcaline, à la densité de 1,17 , donneau contraire une dissolution tout à fait claire; l’acide sulfurique concentré le dissout, en donnant au mélange une coloration rouge.
L’on a falsifié le Baume de Tolu avec diverses matières résineuses, la colophane par exemple ; mais ces matières sont