‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 18 sur 331 · QUINQUINAS. 3!I · texte numérisé non relu

QUINQUINAS. 3!I

mousse à la surface des troncs deChinchona ont produit de trèsheureux résultats et doublé parfois la proportion des alcaloïdes des Quinquinas.

Les écorces de Quinquinas présentent un certain nombre de caractères généraux, qui permettent de les distinguer des écorces d’espèces, appartenant soit à des familles différentes, soit à des genres de Hubiaeées extrêmement voisins.

Elles peuvent se présenter sous deux formes : en cylindres, variant de grosseur depuis celle d’une plume jusqu’à celle du doigt (écorces roulées), ou en plaques plus ou moins épaisses, (écorces plates) et généralement dépouilléesà leur face externe des couches les plus extérieures. Lesunesetlcs autres ont une saveur à la fois amère et astringente. Ce caractère est constant. Tantôt, il est vrai, l’amertume domine et masque presque l’astringence (surtout dans les grosses écorces), tandis que, dans les écorces roulées, le contraire tend à se produire, mais les deux saveurs sont toujours faciles à constater avec un peu d’attention. A ce caractère organoleptique, qui serait insuffisant, il faut ajouter ceux que nous donne la structure particulière de ces écorces. Dans les écorces de quinquina, les libres libériennes présentent une disposition caractéristique; elles sont isolées ou réunies en petits groupes, qui n’affectent aucun arrangement régulier, de telle sorte qu’on ne voit sur la coupe transversale ni les stries radiales de beaucoup d’écorces, ni la disposition feuilletée de beaucoup d’autres. Si on étudie au microscope les diverses parties qui se rencontrent dans les quinquinas, on voit de l’extérieur à l’intérieur :

1° Une portion subéreuse, formée d’un certain nombre dérangées de cellules aplaties de dehors en dedans, vides ou remplies de substance colorante rouge.

2° Une écorce moyenne, formée d’un parenchyme de cellules étendues tangcnliellemenl, remplies soit de chlorophylle, soit de grains d’amidon, soit de cristaux. Au milieu de ces cellules se trouvent, parfois dispersées, des cellules à parois épaisses, qu’on

I’lanciion. — Drogues simples, t. II. ,'J

\\\ DES ÉCORCES. — RUBIACEES.

nomme cellules pierreuses. Vers la partie interne, on voit, surtout dans les écorces jeunes, un certain nombre de lacunes ou plutôt de vaisseaux laticifères, contenant des sucs propres.

3° Le liber proprement dit est formé, au milieu d’un parenchyme, analogue à celui de la zone précédente, d’un certain nombre de cellules fibreuses, isolées ou groupées entre elles en petit nombre. Des rayons médullaires assez différents en dimension traversent cette zone. Ils sont formés de deux ou trois rangées de cellules, d’abord étendues radialement, mais qui, en s’approchant des couches extérieures, s’élargissent transversalement de manière à prendre tout à fait l’apparence de celles du parenchyme de l'écorce moyenne, avec lequel elles se confondent.

Des différences assez importantes peuvent être signalées dans celte dernière zone, suivant les espèces de quinquinas auxquels on a à faire. Nous indiquerons tout de suite deux types assez distincts, établis par M. Weddell, et qui ont de l’importance, parce qu’ils répondent assez bien au plus ou moins de valeur des écorces commerciales.

Dans les écorces de Calïsai/a, les libres libériennes sont fines, courtes, peu adhérentes entre elles, et forment ainsi un liber à éléments très-fins, qui se détachent facilement en une sorte de poussière ou de très-fines aiguilles, pénétrant dans la peau et y produisant un prurit désagréable.

Dans le type opposé, celui des écorces du Cinc/iona pubescens Wedd., le liber a de très-grosses cellules fibreuses réunies plusieurs ensemble et fortement adhérentes les unes avec les autres. Il en résulte une structure fibreuse beaucoup plus grossière, qui ne donne pas la poussière pruriente du Galisaya.

Les bonnes espèces de Quinquina, celles qui sont le plus estimées, ont toutes une structure du liber, qui se rapproche plus ou moins de celles du Galisaya : les espèces inférieures, qu’il convient de rejeter, rappellent au contraire celles du Cinchom pubescens Vahl.

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11 est une autre circonstance de la structure dont il faut tenir compte dans l’étude des quinquinas, surtout dans les écorces plates. Nous avons dit que, dans beaucoup d’écorces, des lames d’un tissu serré pénètrent dans les diverses zones et détachent des parties vivantes des plaques qu’on appelle péridermiques . Dans les écorces plates, de quinquinas, ce périderme n’existe plus, en effet, soit qu’il soit tombé naturellement, soit qu’on l’ait artificiellement enlevé. Mais les plaques, qui ont ainsi disparu, peuvent avoir une épaisseur très-différente suivant les espèces. Tantôt, comme dans le Calisaya, elles sont formées de toutes les couches extérieures au liber, si bien que le quinquina, tel qu’il nous arrive, est réduit è celte zone interne, et qu’on voit sur la face externe une structure fibreuse tout à fait semblable à celle de la face interne, et sur la coupe transversale une homogénéité remarquable sur toute l’épaisseur. D’autres fois, comme dans les quinquinas de la Nouvelle-Grenade par exemple, le périderme est réduit à des feuillets minces, qui s’exfolient et laissent audessous d’eux non-seulement le liber, mais l’écorce moyenne ei même des portions du suber. Dans ce cas, la face externe de l’écorce est cellulaire et non fibreuse, comme la face interne, et la coupe transversale montre deux zones bien distinctes l’une de l’autre. Ces différences, qui tiennent essentiellement à la structure et qui en même temps sont faciles à constater môme à l’œil nu, nous serviront beaucoup pour la distinction des diverses écorces.

Les quinquinas doivent leurs propriétés thérapeutiques à un certain nombre de principes actifs, dont la plupart ont été bien étudiés et que nous nous bornerons à mentionner ici. C'est d’abord la Quinine, le plus important des alcaloïdes, celui qu’on recherche de préférence, et la Cinchonine; puis la Quinidine et la Cinchonidine, isomères des deux principes précédents; YAricine; les acides quinovique , quinine et cinchutannique (rouge cinchonique soluble). En outre, on y trouve une petite quantité d’huile volatile bulyreuse, qui donne son odeur aux écorces.

DES ÉCORCES. — RUBIACEES.

Ona beaucoup discuté pour savoir où se trouvaient surtout les principes actifs de l’écorce, et particulièrement la quinine. Les recherches de M. Howard, et, après lui, d’un certain nombre de chimistes, ont actuellement résolu la question. Elles montrent que c’est surtout dans les couches extérieures que se rencontrent ces alcaloïdes.

Le nombre des Quinquinas, qui arrivent dans le commerce, est très-considérable. Mais il est certains types, qu’il convient surtout de connaître : ce sont les seuls que nous indiquerons ici, laissant aux livres spéciaux de quinologie, la description des écorces moins importantes, qui ne se présentent qu’accidentellemcnt dans les pharmacies.

Le tableau suivant résume les caractères les plus saillants el les plus distinctifs de ces divers types.

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