‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 17 sur 331 · QUINQUINAS · texte numérisé non relu

QUINQUINAS

tinctcs, l’une gris blanchâtre, comme fongueuse à la surface, parcourue de nombreuses rides très-profondes et irrégulières, (ici l(* portion se détache facilement de la couche interne jaunâtre, beaucoup plus dense, lisse et d’une couleur jaune presque safranée â la face interne. Sur la coupe transversale, la zone extérieure, formée d’un suber et d’un parenchyme cellulaire, est un peu plus épaisse (pie l’autre zone linement striée dans le sens radial, et en même temps comme irrégulièrement feuilletée par la présence de lignes denses pénétrant transversalement dans le tissu cellulaire du parenchyme cortical. La zone interne ou libérienne se colore en bleu par l'iode, et montre, au microscope, un tissu régulièrement formé de nombreuses libres libériennes à parois assez épaisses, contenant de l’amidon dans leur intérieur et des rayons médullaires rectilignes à cellules étendues dans le sens radial, contenant aussi de l’amidon.

La présence de la zone blanchâtre fongueuse épaisse, l’absence de cellules â cristaux, remplacées par de véritables libres libériennes, sont les traits saillants de cette structure, qui différencient nettement celte écorce de celle des Grenadiers.

Quant à l’écorce de Berberis ou d’Épine-vinelle, qui a été aussi employée quelquefois pour falsifier celle du Grenadier, elle se distingue très-facilement de prime abord : par sa couleur d’un jaune très-marqué dans les couches intérieures, par son amertume et par son indifférence vis-à-vis des sels de fer.

ni; ni au; us.

I i-22. QUINQUINAS.

Un donne ce nom à un certain nombre d’écorces amères, produites par diverses espèces du genre Cincliona de la famille des ltubiacées. Ces plantes se trouvent disséminées çà et là dans les forêts delà Cordillère des Andes, entre le 10° latitude N. et le 19° latitude S., c’est-à-dire depuis le Venezuela et le Nord de la Nouvelle-Grenade jusque dans la Bolivie, à travers la républi-

DES ECORCES. — RURIACEES.

que de l’Équateur el le Pérou. Elles ne descendent pas au-dessous de 1200 mètres sur les lianes des Andes, et arrivent à un niveau de 3000 et même, pour quelques unes, de 3200 mètres. Les localités, où elles croissent, forment, dans leur distribution géographique, une longue bande interrompue çà et là, courant dans la direction des Cordillères, figurant dans son ensemble une \aslc courbe à concavité tournée vers le bassin des Amazones, dont elle semble former la limite occidentale.

Les divers pays qui sont traversés par cette couche exploitent chacun des espèces spéciales de quinquinas. Les centres de production de la Nouvelle-Grenade sont : d’une part, la région située au S. S. -O. de Bogota, et d’autre part les localités placées autour de Popayan et de Pitayo. Ces écorces sont envoyées aux ports de Carthagène ou de Sainte-Marthe sur l’Atlantique, très-rarement à Buenavenlura sur le Pacifique, et c’est par celte voie qu’elles arrivent en Europe. La république de l'Equateur a également deux centres principaux de production: les environs duChimborazo qui fournissent lesécorces de Quinquina rouge, et la région si célèbre de Loxa, ou les quinquinas ont été le plus anciennementexploités. Les ports d’embarquement sont : pour les uns Guayaquil, pour les autres Payta, dans le Pérou. Le Pérou proprement dit nous fournit : les écorces des environs de Iluanaco, qui s’embarquent d’ordinaire à Lima, et, dans les districts les plus rapprochés de la Bolivie, les écorces de Galisaya. C’est cependant la Bolivie qui nous fournit surtout cette dernière espèce, qui vient d’ordinaire par la voie d’Arica, dans le Pérou.

En outre les Hollandais et les Anglais ont eu l’idée de transporter ces plantes si importantes dans leurs colonies de l’Inde. Java d une part, de l’autre Geylan, la côte de Malabar el le Bengale, où les Cinchonas se sont parfaitement établis, commencent à nous envoyer des écorces au moins aussi riches, el même plus actives (pie celles qui nous viennent des pays d’origine. Des procédés particuliers, surtout l’application de la

Page 1