‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 181 sur 331 · TÉRÉBENTHINE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

TÉRÉBENTHINE DE BORDEAUX

plusieurs espèces de Pinus. En Allemagne, ce sont les Pinns austriacaL., Pinus sylvestrisL., Pinus rotundata Link; en France, c’est le Pinus Pinaster Solander ( Pinus maritima I ani.), (jui est cultivé dans les Landes et aux environs de Bordeaux; en Amérique, ce sont les Pinus Tœda L., Pinus australis Midi. ( Pinus palustns Miller). De toutes ces térébenthines, la [dus répandue, même en dehors de notre pays, est la térébenthine de Bordeaux, que nous décrirons plus spécialement.

Le Pin maritime ( Pinus Pinastei' Solander) est planté en abondance dans toute la région de* Landes, depuis les bords de la Garonne et de la Gironde jusqu’à ceux de l’Adour : il a servi à fixer les sables mobiles, qui menaçaient d’envahir toutes ces contrées, et y est exploité sur une très-large échelle. Le tronc de ces arbres contient des canaux résinilëres dans l’écorce et dans les couches extérieures du bois; aussi, lorsqu’on veuten extraire la résine, a-t-on intérêt à attaquer ces deux parties. Yoici comment l’on opère ordinairement.

On choisit des arbres ayant au moins 1 mètre de circonférence, c’est-à-dire ayant atteint environ Page de 30 ans ; on fait avec une petite hache une entaille de 9 centimètres de large, pénéLrant dans l’aubier à la profondeur de 1 centimètre environ. Cette entaille, qu’on appelle cave, est rafraîchie tous les dix jours environ, de telle sorte qu’au bout de la campagne, qui s'étend depuis mars jusqu’en octobre, elle atteint une hau» leur de 60 centimètres environ. — C’est par cette blessure, ainsi entretenue, que s’écoule le suc oléo-résineux, qu’on reçoit soit dans des pots particuliers, soit dans un creux fait au pied de l’arbre. Quand unecare ne donne plus de produit, on en ouvre une autre à côté de l’ancienne. On peut ainsi exploiter un arbre pendant 50 à 60 ans.

Le suc qui découle des cares porte le nom de Gemme. D’abord liquide et transparent, au moment où il sort de scs vaisseaux, il perd bientôt au contact de l’air sa transparence et sa fluidité ; il devient opaque, blanchâtre et demi-solide. A cet

état, la gemme est exposée soit â la chaleur du soleil, soit à une chaleur artificielle, qui la fait fondre; on la débarrasse alors de ses impuretés, en la faisant passer à travers des filtres en paille ou en toile métallique. On a ainsi la térébenthine du commerce, qui se reconnaît aux caractères suivants :

Elle a la consistance d’un miel épais, grenu, trouble et comme laiteux. Lorsqu'on la laisse au repos, elle se divise en deux couches : une supérieure, semi-fluide, transparente, plus ou moins foncée en couleur; une inférieure, résinoïde, d’apparence cristalline. La densité de la térébenthine est variable, mais toujours inférieure à celle de l’eau.

L’odeur de la térébenthine de Bordeaux est forte, très-caractérisée; sa saveur est âcre, amère et nauséeuse.

Elle est très-siccative, plus qu’aucune de celles que nous avons étudiées jusqu’ici. En vingt-quatre heures, une couche mince se solidifie et se durcit complètement. De même, elle se solidifie rapidement sous l’influence delà magnésie; 1/28 de celte base alcalino-terreuse suffit pour l’amener bien vite à la consistance pilulaire.

La térébenthine de Bordeaux est complètement soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles fixes et volatiles et le sulfure de carbone. Elle donne, à la distillation avec l’eau, environ 25 p. 100 d’essence. Elle dévie à gauche le plan de polarisation.

A côté de la térébenthine de Bordeaux, nous devons signaler, sans beaucoup nous y arrêter, les oléo-résines qui ont porté comme elle le nom de térébenthines communes.

1° La Térébenthine «le lïoston ou Térébenthine commune d’ Amérique.

Cette térébenthine est recueillie surtout dans la Virginie, où on la retire soit du P inus australis Mich. , soit du Punis Tæda L.

Elle a une consistance épaisse, analogue à celle du miel coulant; elle est opaque ou translucide, d’une couleur jaune blanchâtre. Elle ne se sépare pas en deux couches comme la téré-

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