GOUDRON
Résina empyreumatica liquida. Pix liquida.
Le Goudron est un des produits secondaires qu’on obtient en traitant les bois résineux des Conifères. Lorsque les troncs de ces arbres ont été complètement épuisés de leur oléo-résine, et qu’ils ne peuvent plus être exploités pour cet usage, on les emploie d’ordinaire à la fabrication du charbon. Mais, dans cette opération, on se garde de perdre les parties résineuses qui existent encore dans le bois, et qui s’écoulent, par une sorte de distillation per descensum.
Pour obtenir ces produits, on emploie des troncs d’arbres qu’on a laissés sécher pendant longtemps ; on en remplit une sorte de four en cône renversé, creusé en terre et pourvu à sa partie inférieure d’un canal qui peut conduire les liquides dans un réservoir extérieur. Au-dessous de ce four, on continue à accumuler du bois, de manière à former un second cône appliqué par sa base sur le premier et on recouvre le tout de terre et de gazon. On mel le feu par la partie supérieure. La combustion se fait ainsi lentement, et la résine contenue dans le bois peut couler, sans se brûler, entraînant avec elle des produits empyreumaliques et se chargeant de fumée. Le liquide arrive jus-
qti on bas; il est conduit dans le réservoir extérieur où il se ramasse. On a ainsi le goudron surmonté d’une huile noire.
Le goudron, tel qu’il arrive dans le commerce, est un liquide de consistance épaisse, granuleuse, d’une couleur brun noirâtre. L’odeur est empyreumalique, la saveur est âcre et amère. Le goudron est plus dense que l’eau; il cède une petite portion de ses principes à l’eau distillée froide, une plus grande quantité â l’eau bouillante. 11 est soluble dans l’alcool, dans l’éther, dans le sulfure de carbone, dans les huiles essentielles et brûle avec une flamme rouge bien éclairante.
Le goudron est un corps extrêmement complexe ; il contient un certain nombre de corps qui peuvent passer à la distillation et qu’on sépare les uns des autres en élevant peu à peu le produit à des températures diverses : ces principes sont de V acide pyroligneux, de V esprit de bois ou alcool métbylique, de Y acétone, des hydrocarbures tels que la benzine , le toluène , le xylène, le cymène, le cumolène, Yeupione, puis des corps qu’on a nommés xystite, mésile, capnomore, picamare, etc., etc. Les principes précédents sont contenus daus une partie plus légère que l’eau, qui a passé â la distillation de 90° à 250°. — Dans une autre portion, plus lourde que l’eau et qui distille de 250° à 350°, on trouve à côté d’un certain nombre d’hydrocarbures, de la créosote, du capnomore et une huile particulière qu’on a nommée pyroxantagene. — La partie qui reste comme résidu, et qui a la consistance solide, renferme des hydrocarbures tels que la naphtaline, Ycmthracène et la paraffine, le cédriret , le pittacal, etc., enfin une résine et du charbon. — Le Goudron contient aussi de l’ammoniaque libre ou combinée avec l’acide acétique.
Un voit quelle série de corps, importants pour l’industrie, peuvent être retirés du goudron. Au point de vue pharmaceutique, ce produit est surtout employé pour faire l’eau de goudron, et il importe pour celte préparation d’avoir du vrai goudron, retiré du bois des Conifères, et non le goudron qu’on obtient